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liste des journaux avec un libraire anglais [
F
owler
, auquel il a demandé les noms des journaux anglais rendant compte des publications
françaises]. Mon pharmacien ne m’a pas envoyé sa note. Je lui ai envoyé des notes, le priant de fondre ses idées avec les miennes. S’il ne
me répond pas demain, je me passe de lui, ou je ne mets rien » [il s’agit du directeur de la pharmacie Dorvault, qui devait donner des
renseignements sur le haschich et l’opium, et s’engageait à commander 200 exemplaires si son nom était mentionné]. Il prie néanmoins
Poulet-Malassis de lui envoyer les 12
e
et 13
e
feuilles, « dussé-je donner les
trois bons
à tirer ensemble »…
Correspondance
, Bibl. de la Pléiade, t. II, p. 32.
240.
Charles BAUDELAIRE
. L.A.S. « C.B. », [environ 10 juin 1861, à Eugène
C
répet
] ; 1 page et demie in-8.
2 500/3 000
A
u
sujet
de
ses
notices
pour
l
’
anthologie
L
es
P
oètes
français
d
’E
ugène
C
répet
.
Il a transmis l’épreuve de la notice sur Victor
H
ugo
: « Claye l’aura demain, et je relirai encore une fois ». Les citations, dans la notice
sur
levavasseur
, sont « criblées des fautes les plus bizarres, entre autres deux ou trois
vers faux
, et une strophe inintelligible ». Crépet
voulait que Baudelaire édulcorât sa notice sur Levavasseur, qu’il trouvait choquante : « Je vous en supplie, ne me parlez plus de votre
presque nu
. J’ai consenti à supprimer dans toutes les notices tout ce qui était trop âpre et pouvait blesser les gens. Ici c’est une autre
affaire. Je vous assure que je connais mon Levavasseur. – Dans
Valmore
, j’ajouterai une ligne de note ». Il réclame les poésies de Pierre
D
upont
pour pouvoir citer « une strophe de plus ».
Correspondance
, Bibl. de la Pléiade, t. II, p. 173.
Reproduction page 77
241.
Charles BAUDELAIRE
. L.A.S. « C.B. », [Bruxelles] Lundi 17 [juillet 1865], à Narcisse
A
ncelle
; 2 pages in-8 avec en-tête
imprimé de
Prosper Crabbe
collé en tête de la 1
ère
page (quelques légères corrosions d’encre, petit manque au coin sup. du
2
e
f. sans perte de texte).
2 500/3 000
A
ffaires
financières
.
Il vient de s’entretenir avec l’agent de change Prosper
C
rabbe
, dont il colle les coordonnées en haut de la lettre : « Je lui ai expliqué
la chose
. – Un double (duplicata) qu’il recevra de vous, et qu’il aura à collationner. – Plus 2000 fr, qu’il livrera en échange du traité,
enregistré jadis à Paris. Adressez donc en toute sûreté les 2000 fr et le traité à Crabbe. C’est M. Crabbe qui vient d’acheter les tableaux
de
M
alassis
. –
V
ite
!
V
ite
! Vous savez que votre Caroly est mort
. Nous sommes le 17 ; vous recevrez cette lettre le
18
, à 10 h. Vous n’aurez
que, tout juste,
le temps de répondre et d’envoyer l’argent
. Il va sans dire que c’est Crabbe, et non pas moi, qui vous renverra le traité ». Il
prie de joindre les lettres de
P
oulet
-M
alassis
au traité. « Et maintenant je vais chauffer l’affaire
L
emer
»…
Correspondance
, Bibl. de la Pléiade, t. II, p. 518.
Reproduction page 77
242. [
Charles BAUDELAIRE
].
Maxime DU CAMP
(1822-1894). L.A.S., Baden-Baden 13 juillet 1866, à Mme Caroline
A
upick
; 3 pages et demie in-8 sur papier bleu.
800/1 000
B
elle
et
émouvante
lettre
sur
la maladie
de
B
audelaire
,
adressée
à
la mère
du
poète
.
Il est profondément touché de son appel : « À ma rentrée à Paris, ma
première visite sera pour ce pauvre Baudelaire. Je le croyais encore en
Belgique, sans cela j’aurais fait tous mes efforts pour le découvrir et aller
lui serrer la main avant mon départ. L’amitié très vraie que j’ai pour lui,
l’admiration sans réserve que je professe pour son incomparable talent m’en
faisaient un devoir auquel je n’aurais certainement pas manqué. J’espère
que les soins dont il est entouré lui rendront bientôt une santé précieuse
doublement, pour ses amis et pour les lettres. Quand vous le verrez, dites-
lui, je vous prie, la part très vive que je prends à son infortune »... Il indique
où elle peut joindre des amis de son fils : Hetzel, La Madelène, Leconte de
Lisle, Banville, et le sculpteur Christophe, avec qui Baudelaire était très
lié... « Je vous plains de toute mon âme, Madame, d’avoir tant d’épreuves à
supporter ; je n’ai jamais oublié la gracieuse hospitalité dont vous m’avez
honoré à Constantinople, dans des temps plus heureux, et je suis désolé de
l’amertume imméritée qui maintenant abreuve votre vie »...
243. [
Charles BAUDELAIRE
].
Fernand VANDÉREM
(1864-1939).
M
anuscrit
autographe signé,
Les Caprices de Thémis
,
[25 décembre 1925] ; 5 pages in-8 (3 découpées pour impression et remontées).
150/200
I
ntéressant
article
sur
L
es
F
leur
du
M
al
et
la
J
ustice
, publié dans
Le Figaro
du 25 décembre 1925, après la saisie à l’Hôtel Drouot
d’exemplaires des
Fleurs du Mal
. Vandérem relate la parution du fameux recueil le 25 juin 1857, son mauvais accueil dans la presse, et
sa condamnation « pour outrage à la pudeur » : « Coup horrible pour le jeune poète qui, toute sa vie, en resta flétri. […] Mais laissons
ces considérations sentimentales et relevons les six pièces condamnées. Sur leur valeur poétique, qui aujourd’hui, de l’avis universel,
les range parmi les plus beaux poèmes de Baudelaire et parmi les joyaux de la poésie française, inutile d’insister. Passons donc à leur
examen du point de vue de la morale »… En conclusion, il en appelle à la révision du jugement de 1857. [Il faudra attendre 1949 pour
que ce jugement soit enfin annulé, et que les « pièces condamnées » ne le soient plus.]




