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15

Ces manuscrits de Labiche forment un ensemble

exceptionnel, par ce qu’ils apportent de connaissances

nouvelles sur sa vie et son œuvre, et sur sa méthode

de travail avec ses collaborateurs.

Ils avaient été conservés dans un placard de la

maison familiale de Launoy, propriété de Labiche

en Sologne, tels que Labiche les avait rangés, en

rouleaux enveloppés et titrés, selon les habitudes des

auteurs dramatiques qui déposaient leur rouleau chez

les directeurs de théâtre. Mis à plat depuis quelques

mois, plusieurs ont cependant tendance encore à

retrouver leur forme incurvée.

L’ensemble est complété par des lettres et documents,

et par quelques livres dédicacés à Labiche ou ses amis

proches, qui avaient rejoint la bibliothèque familiale.

Nous renvoyons (

OC

) à l’édition des

Œuvres complètes

présentée par Gilbert Sigaux au Club de l’honnête

homme (1966-1967).

EUGÈNE LABICHE (1815-1888)

30.

Eugène LABICHE

. 3 P.S., 1833-1840 ; signées aussi par des

ministres de l’Instruction publique, grand-maîtres de l’Université,

et des membres du Conseil royal de l’Instruction publique ;

3 vélins in-plano en partie impr., sceaux sous papier.

300/400

S

es

diplômes

de

bachelier

et

de

licencié

en

droit

.

Diplôme de Bachelier ès Lettres, 27 août 1833 (signé par François

Guizot, contresigné par Guéneau de Mussy). Diplôme de Bachelier

en Droit, 12 avril 1836 (signé par Jean Pelet de la Lozère, contresigné

par Victor Cousin et Ambroise Rendu). Diplôme de Licencié en Droit,

11 août 1840 (signé par Victor Cousin, contresigné par Ambroise Rendu

et Saint-Marc-Girardin).

O

n

joint

le diplôme de bachelier de son petit-fils Louis-

Eugène

-Marin

Labiche, 1901.

… / …

31.

Eugène LABICHE [et NADAR]

.

M

anuscrit

autographe, et

manuscrit

en partie autographe et signé,

Voyage en Italie

,

1834 ; environ 2100 pages in-12 au crayon en 44 carnets cousus (qqs ff. un peu cornés, un peu salis ou frottés) ; et 2 forts

cahiers in-4 reliés de [1]-142-[1] et [2]-135 ff. écrits recto-verso à l’encre (plus qqs ff. vierges), dont 135 pages autographes,

avec dessins sur les titres et gardes, rel. dos et coins de peau verte.

5 000/6 000

I

mportant manuscrit

en

grande

partie

inédit

du

journal

de

voyage

du

jeune

L

abiche

en

I

talie

,

en

S

icile

et

en

S

uisse

,

du

26

janvier

au

15

août

1834,

en double version

 :

carnets de

premier

jet

,

et mise au net ornée de quelques dessins

,

dont un

par

N

adar

,

qui a

servi

aussi

de

copiste

.

Gilbert Sigaux en a publié quelques extraits (souvent inexacts) en 1968 dans les

OC

(t VIII, p. 356-362), avec ce commentaire : « Il

ne s’agit pas d’une œuvre littéraire de qualité exceptionnelle […] Labiche n’avait pas dix-neuf ans lorsqu’il prit la plume ; si les lettres

(et le théâtre en particulier […]) l’attirent, il n’est pas encore un écrivain. En étudiant consciencieux, il prend la plume chaque jour et

note ce qu’il a fait et vu. Pas d’arrangements, pas de recherches d’expression ; une vue lyrique des paysages et des œuvres d’art, une

vue souriante, critique, ironique, des êtres ; quelques gaillardises banales ou savoureuses, des croquis, des esquisses ». En 1988, Jean

Lambert y a consacré un petit livre, où il donnait divers extraits,

Labiche en Italie d’après ses carnets de route, 1834

(Librairie José Corti,

Collection romantique n° 15, 1988) : « ce qui donne un grand charme à son récit, c’est la fraîcheur qu’il garde à travers ses aventures, la

gentillesse de cœur, la gaieté […] celui qui parle, c’est l’homme, et mieux encore, le jeune homme qu’on vient de lâcher dans le monde,

que tout amuse, un jeune homme à l’œil vif et au cœur frais – dans ce pays fabuleux qu’était l’Italie voilà cent cinquante ans ». Nadar,

dans

L’Hôtellerie des Coquecigrues

[voir n° 138], a évoqué ces notes de voyage « remarquablement pittoresques et pleines d’observation »,

dont il fut en partie le copiste.

Ce journal de voyage se présente sous deux versions différentes. Les 43

petits

carnets de

poche

ont été tenus au jour le jour (« travail

aux notes » le soir), au crayon, numérotés sur les couvertures de papier bleu-gris 1 à 43 ; quelques carnets sont confectionnés avec du

papier bleuté. En outre, un carnet inédit de

Notes prises sur les lieux

donne des notes du 11 mars 1834 sur la « galerie des Medicis » à

Florence : la

Sainte Famille

de Michel-Ange (tondo Doni), la

Vénus couchée

du Titien… ; Santa Maria Novella et ses mausolées ; à Rome,

églises et fontaines, la Galerie Borghese, le Colisée, thermes de Dioclétien, etc.