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S
icile
. Arrivée à Palerme (24 avril). Un marin nommé Luigi sert de guide et de domestique aux amis. Visite de la cathédrale, la rue
de Tolède, la maison des fous, couvent des Capucins et ses catacombes, palais mauresque de la Zizza, villa du duc de Serra di Falco
avec son curieux labyrinthe aux cabanes abritant des mannequins articulés, le Monte Pellegrino, la Villa Réale, excursion à la Bagaria
[Bagheria] et à la Favorite, couvent de Saint-Martin… Le 28, départ à dos de mulet pour explorer la Sicile (notes pittoresques sur les
mendiants, les puces et les punaises dans les auberges…) : Monreale, temple et théâtre de Ségeste, Castelvetrano, Sélinonte, Sciacca,
Girgenti et l’antique Agrigente (4 mai : « Demain j’aurai 19 ans. Je ferai ma barbe »), Palma, Alicata [Licata] (fête de la ville), Biscari,
Gierratana, Palazzolo, Syracuse (9-13 mai) ; départ en litière le 14 (« Roulis comme sur mer ») pour Catane, ascension de l’Etna ;
puis Giarre, Taormina (déjeuner dans les ruines du théâtre), et Messine : promenade en mer vers les rochers de Charybde et Sylla,
traversée sur un speronaro jusqu’à Reggio (spectacle de la pêche au
spada
) et retour à Messine ; le 22, adieux à Luigi, embarquement
sur un brigantin « d’une saleté repoussante » qui ne peut partir à cause des vents contraires, un « Rouffian » les emmène chez les filles
(inquiétude d’Édouard dont la capote a crevé : « Les nôtres viennent de Paris et nous avons toujours le soin d’en avoir dans nos poches.
Vive la précaution ! »). En mer (23-26 mai), avec une tempête au large de Capri.
Nouveau séjour à
N
aples
(27 mai-10 juin). Naples sous la pluie ; visites au Musée ; excursion à Pouzzoles, Baïes ; opéra au San Carlo.
Voyage à Pompei, Nocera, Cava, Salerne, Paestum (31 mai-2 juin). Excursions à Agnano et au Pausilippe, à Caserte (« C’est absolument
le second volume de Versailles ») ; en barque à Capri (séance de tarentelle), Ischia et Procida (6-8 juin) ; Herculanum. Glaces chez Pinto,
macaroni, la vie nocturne, Santa Lucia. Visite des églises ; « adieux aux femmes de Naples. […] Je baise entre deux glaces ».
Départ de Naples le 11 juin en voiture (ils sont tous malades). Capoue, Terracina, Albano, Rome (13-14 juin, visite de la galerie
Torlonia), Civita Castellana (« Je suis préoccupé d’un certain sujet de drame, de roman ou de conte que je roule dans ma tête depuis
quelques jours »), Narni, Terni (belle description de la cascade), Spolète, Foligno, Pérouse, Passignano et le lac Trasimène, Arezzo…
F
lorence
(20-23 juin) : visite du Palais Pitti, théâtre de la Pergola le soir, promenade aux Cascine, cabinet de lecture (réflexion sur le saint-
simonisme : « Il y a de belles et bonnes choses dans cette religion, mais elle est plus avancée que le siècle. Les hommes d’aujourd’hui
ne savent pas la comprendre »), fêtes de la Saint-Jean et illuminations... Départ pour Venise le 24 en voiturin (lecture de
Notre-Dame de
Paris
) : Pietramala, Bologne (musée, église de la Certosa, San Petronio…), Ferrare (tombeau et souvenirs de l’Arioste, prison du Tasse où
Byron a gravé son nom : « Nous cachons nos noms dans un petit coin, nous pauvres inconnus », le palais ducal…), Rovigo, Arqua (maison
de Pétrarque), Padoue (basilique de St Antoine), remontée de la Brenta jusqu’à Mestre ; une gondole conduit nos voyageurs à
V
enise
(28
juin), où ils s’installent au Danieli : « De nos fenêtres nous avons une vue superbe sur le port et les petites îles voisines répandues dans
l’Adriatique comme des bouquets de fleurs ». Visite de la ville et promenades : la place Saint-Marc, la basilique, le Rialto, théâtre en plein
air au jardin public, la place Saint-Marc la nuit avec les cafés éclairés et les « belles Vénitiennes », palais des Doges, églises et palais, le
Grand Canal en gondole, l’Académie et « les chefs-d’œuvre de l’École vénitienne », l’Arsenal, le café Florian, baignade au Lido… 3 juillet,
départ pour Mestre en gondole, puis diligence : Vicence (théâtre de Palladio), Vérone (arènes, tombeau de Roméo et Juliette : « C’est
une mystification »…)…
M
ilan
(6-9 juillet) : la cathédrale, églises, galerie Brera, excursion à la Chartreuse de Pavie, théâtre de la Scala...
10 juillet, adieux à Alphonse Leveaux ; départ vers les lacs, excursion sur le lac de Côme en bateau à vapeur, Varese et le Sacro Monte,
Laveno et le lac Majeur (promenade en barque à l’Isola Madre et à l’Isola Bella), Arona (colosse de St Charles Borromée), Domodossola…
Route du Simplon, « sublime, merveilleuse, hardie, incroyable comme Napoléon qui la suspendit au milieu du précipice »…
S
uisse
:
Brig, Martigny (gorges du Trient, cascade de Pipevache), Liddes, Bourg Saint-Pierre (auberge où s’arrêta Napoléon), le Grand Saint-
Bernard et son hospice (dîner servi par les moines), escalade dans la montagne pour contempler « un sublime panorama » et retour au
couvent, chemin de Martigny à « Chamouny » à pied (18 juillet). Excursion avec un guide au Montanvert et à la Mer de Glace (« La
nature est belle, sublime à force d’être horrible. Nous sommes seuls, loin de tout bruit du monde sur un rocher au milieu d’un océan de
glace »…) ; de retour à Chamonix le 20, Labiche retrouve son père. Route par Sallanches, la cascade de l’Arpenaz, Bonneville, et Genève.
Adieux à Édouard qui rentre à Paris ; excursion à Ferney : « Le guide a connu Voltaire, c’est un vieux serviteur. Il est plein de souvenirs.
A chaque place, à chaque arbre, à chaque banc, il a quelque anecdote à conter. […] Pour le concierge d’un homme de lettres, il écorche un
peu brutalement la langue française. […] Nous voyons aussi une église construite aux frais de M. de Voltaire. C’est le diable condamné
à élever un autel à Dieu. […] Il ouvre mystérieusement un tiroir et nous montre avec attendrissement la perruque poudrée, frisée à
boudins de M. de Voltaire »… Retour par Carouge ; excursion à Collonge ; excursion sur le lac à bord du
Guillaume Tell
; château de
Chillon, Clarens, Vevey, Fribourg, Berne, lac de Thoune (baignade), Interlaken, Brienz, Meiringen ; ascension au « Glacier du Rhône »,
et descente par Hospental, la route du Saint-Gothard, le pont du Diable, et retour à Meiringen ; Grindelwald, Lauterbrunnen, Thoune,
Berne, Neuchâtel, Couvet, entrée en France à Verrières (10 août).
Pontarlier, le fort de Joux, Dole, Dijon, Montbard, Joigny, Sens, Montereau, Melun, et arrivée à Paris le 15 août : « Enfin je suis à
Paris après six mois d’absence. […] Joie indicible en entrant dans ma chambre. Je suis heureux. Je regarde mes livres, mes petits portraits,
mes journaux. Je respire un air que j’aime et qui me rend heureux : l’air de mon chez moi. […] A 5 heures dîner chez Clarisse avec mon
bon oncle. Le soir promenade du Palais-Royal, du passage, de la Bourse, des boulevards. Enfin nous entrons prendre des glaces au Café
Véron. Je refais connaissance avec mon Paris. J’aime Paris. Le soir travail aux notes. Couché minuit. »
32.
Eugène LABICHE
.
M
anuscrit
autographe, [
Voyage en Belgique et en Allemagne
], 1835 ; 343 pages in-12 au crayon
en 7 carnets cousus, couvertures de papier bleu-gris (les 1
ers
ff un peu salis et cornés).
2 000/2 500
R
écit
de
voyage
inédit
en
B
elgique
et
en
A
llemagne
, du 25 juillet au 12 septembre 1835, en compagnie de son père, des amis Tugot
et son ami Édouard. Tous les soirs, avant de s’endormir, Labiche travaille à ses notes de voyage, et il pense à sa « bonne petite amie ».
Départ le 25 juillet, route par Senlis, Noyon, Ham ; visite de Saint-Quentin (26), puis (27) de Cambrai (canal souterrain, beffroi, citadelle).
Arrivée le 28 à Valenciennes, où ils apprennent le lendemain l’attentat de Fieschi, ce qui provoque des mesures de surveillance strictes ;
vive admiration du triptyque de Saint Étienne de
R
ubens
en l’église Saint-Géry ; visite des forges d’Anzin. Visite de Mons (30 juillet) ;
il décrit l’ingénieuse mécanique des cafés pour servir de la bière fraîche. Le 31, route dans la poussière noire vers Namur ; visite de la
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