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ses études avec les sœurs Sophie et Henriette Cannet au couvent des Dames de la Congrégation ; elle témoigne ici de son profond

attachement et de sa confiance en son amie Sophie.

« Tu as donc enfin ceder chere amie aux instances réitérés de ton cœur et ta paresse expirante sous les efforts de l’amitié a été forcé

de reconnoitre son empire et de se soumettre à ces lois. Ce triomphe lui est glorieux [...] mais que dis je, je me trompe, le silence que

nous scavons si bien garder est une preuve de lintime conviction ou nous sommes, lune et lautre de la verité de nos sentimens et nous

nen goutons pas moins les douceurs nos cœurs étroitement unis savent franchir d’un vol rapide lespace qui nous sépare. [...] Jouissons

ma chere amie du plaisir pur que nous cause une amitié si belle et nignore pas que les nœuds charmans qui nous lient le font peutêtre

plus etroitement encore que ne sçauroient faire ceux du sang. [...] à quel satisfaction peut on être plus raisonnablement sensible quà

celle que se procure deux cœurs qui n’en font qu’un. Si l’un a quelque peine elle est soulagée par la part qu’en prend lautre si une douce

joie se fait sentir elle augmente par celle quil trouve à la partager avec son fidel compagnon quelle douceur que de se communiquer ses

pensées sans reserve sans crainte sans inquiétude, tu m’as fait gouter ces agrémens dans ta lettre par la confiance que tu mÿ temoigne

et tu peut en attendre une pareille de ma part »... Elle évoque les fidèles « sempressant de venir rendre à la majesté divine leurs prieres

et leurs vœux […] peutêtre helas regretterons nous encore cette sincerité et cette innocence qui sembloit faire le principal caractère

des anciens tems, ou un amas de pierre ou de gazon etoient les rustiques monumens que les mains innocentes de nos premiers peres

elevoient à lêtre suprême […] Depuis que les mortels ont elevé des temples à la divinité qui daigne reserrer son immensité dans leurs

bornes étroites ÿ résider dune maniere admirable et semble devoir par cette raison cÿ attirer un respect encore plus profond sa bonté

même paroit donner plus d’hardiesse à loffenser et l’on ne craint point d’aller dans son sanctuaire l’outrager d’une maniere qui doit faire

honte aux humains. Ah que nous sommes heureuses ma chere amie de pouvoir ainsi nous communiquer nos réflexions elles seroient

trouvés bien ridicules par de certaines personnes parce que nous regardons les choses d’une œil bien différent quelles »... Elle termine

par des protestations d’amitié…