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236

la malheureuse Bataille du 6 de Maÿ a laquelle j’ai pourtant eue la consolation d’apprendre par les Prussiens mêmes que vous vous êtes

bien comporté et même beaucoup distingués ». Elle s’inquiète des bruits sur la mort du feld-maréchal

B

rowne

, « ce seroit une perte

affreuse et irrepparable pour l’Imp

ce

R., pour nous icÿ, et pour vous en particulier ». Elle est heureuse de savoir son fils hors de Prague.

Elle adresse ses compliments à Charles de

L

orraine

[qui a échappé à Frédéric II et s’est réfugié dans Prague] : « ce me seroit la plus grande

joÿe de le voir icÿ victorieux de ses et nos ennemis (mais entre nous dit pas autrement, que cela reste en nous) »...

649.

POMARÉ IV

(1813-1877) Reine de Tahiti. L.S. « Pomare r », Porapora « 8 no Eperera 1857 », à « Na te Tavana te Auvaha

o te Emepera » à Tahiti; 1 page in-fol., papier avec timbre sec de la République du Chili, adresse ; en tahitien.

600/800

T

rès

rare

. « Te faaite Atu nei au ia oe e tei Porapora roa mai nei au e matou Atoa i teie nei teie temea i tae vave mai ai au i Porapora

nei no te mai o Terii maevarua e o Tapoa tane »… Etc.

650.

PONTONS

. L.A.S. « Ma » par un prisonnier de guerre français, à bord du

Sandwich

rade de Chatham (Kent) 8 septembre

1807, à M.

R

iballier

aîné à Paray (Saône-et-Loire) ; 3 pages in-fol., adresse (petit manque au bas du 2

e

feuillet sans toucher

le texte, plis fendus et réparés au 2

e

feuillet).

200/250

L

ettre

d

’

un

prisonnier

sur

les

pontons

anglais

. Capturé à bord d’un corsaire et retenu prisonnier en Angleterre à bord du ponton

le

Sandwich

, il relate son arrestation et ses conditions de détention. « J’avais pri le parti de m’embarquer sur un corsaire capitaine en

second ; mon projet avait deux objets pour buts, le premier de paÿer les dettes que j’avais contracté, et que

vingt-cinq louis

que j’ai touché

d’avance ont couvert ; le second de me racrocher au service de France, puisque ma famille n’a voulu faire aucune démarche […] Attaqué

par une frégatte anglaise nous avons été forcé de nous rendre après un combat d’une heure qui doit nous faire honneur puisque nous

n’avions que

quatorze

canons : nous avons perdu vingt-deux hommes et beaucoup de blessés du nombre desquels je me suis trouvé […]

je suis en ce moment prisonier en Angleterre à bord d’un vieux vaisseau, traitté avec toute la dureté connue de cette nation perfide et

orgueilleuse, qui a foulé aux pieds tout droit des gens. Confondu avec le dernier des matelots sujets aux mêmes travaux, il n’est pas

de rigeures qu’on exerce envers nous. De l’eau pour toute boisson, une nourriture grossière qu’on nous donne trop peu pour vivre, et

trop pour ne pas mourir. Voilà la dure position de votre ami auquel il ne reste pas une obole pour alléger son sort et qui ne sait quand

il finira »… Il prie son correspondant d’envoyer de l’argent à sa femme. Il a fait la rencontre d’un colon de Saint-Domingue, qui lui a

proposé de le suivre à leur libération sur l’île de Cuba où il l’aidera à former une habitation pour lui et les siens…

651.

PORTUGAL. MARIA ANNA VICTORIA DE BOURBON

(1718-1781) Reine de

P

ortugal

 ; Infante d’Espagne, fille

de Philippe V et d’Isabella Farnese, elle fut fiancée à Louis XV, et épousa (1729) Joseph I

er

de Portugal

(1714-1777). L.S.

« A

Raynha », [Lisbonne] Palais de Nossa Senhora 15 juin 1774, à

L

ouis

XVI

; contresignée par Dom Luis

da

C

unha

 ; 1 page

grand in-fol. oblong, adresse avec grand sceau aux armes sous papier ; en portugais.

600/800

B

elle

lettre

où elle déplore la mort du Roi Très Chrétien

L

ouis

XV, dont elle loue « les éminentes vertus ». Mais elle se félicite de

l’accession au trône de

L

ouis

XVI...

652.

Pierre-Joseph PROUDHON

(1809-1865)

écrivain et théoricien politique. L.A.S., Conciergerie 9 mars 1850, à Arthur

de

B

onnard

 ; 3 pages in-8 à en-tête de son journal

La Voix du Peuple

.

1 200/1 500

T

rès

belle

et

longue

lettre de

prison

sur

les

théories

socialistes d

’A

rthur de

B

onnard

et

sa manière d

’

envisager une

révolution des

esprits

. [Bonnard, disciple de Fourier, venait de fonder la « Ligue du Salut social », et préconisait une révolution commerciale rompant

avec la « féodalité banquière », au profit d’un commerce fondé sur un réseau de comptoirs coopératifs, dont les bénéfices, placés dans une

« Caisse de l’organisation du Travail », seraient employés à l’éducation des enfants, aux secours pour les veuves, au progrès.]

Proudhon vient de lire « votre projet de

Caisse du Travail

. C’est le

Syndicat de production et consommation

que J. Lechevallier

voulait introduire dans la Banque du Peuple, et que j’avais réduit au simple rôle de Bureau de renseignement et d’agence. Un pareil

projet demanderait à être longuement étudié, discuté et mûri [...] Votre préambule, présenté sous forme de considérants, me paraît

en contradiction avec l’épilogue. Il est assez peu logique de déclarer la guerre aux parasites du commerce, pour finir par un appel

aux marchands, boutiquiers et industriels. Il serait bien plus sûr, à mon avis, de ne point parler de la trop grande multiplication des

établissements de commerce, et de laisser au temps à éclairer désormais sur ce point le public. Chacun se croira menacé par votre

manifeste, tandis qu’il faudrait, aujourd’hui surtout que nous prêchons la conciliation, rassurer tout le monde. Vous le pouvez sans

faillir à vos principes, et avec bien plus d’avantages pour votre entreprise. En effet, tous les boutiquiers et marchands établis, peuvent

et doivent même être considérés par vous comme les succursalistes responsables d’une immense société de Commerce, ayant pour objet

la vente des produits ou matières premières, et conséquemment la mission de les mettre à portée de tous les consommateurs. C’est

l’agglomération de population […] qui multiplie les épiciers ; et c’est la stagnation des affaires et la misère des masses qui les ruine.

Peut-être le nombre des magasins ne vous paraîtrait-il pas aussi excessif, si tout le monde gagnait de quoi vivre. […] Si chacun en France

pouvait s’acheter seulement une douzaine de chemises, cela ferait 36 millions de douzaines à fournir d’ici à deux ans : pensez-vous que

le commerce des toiles, tel qu’il existe actuellement, ne peut pas être tout entier satisfait d’une pareille commande ? Raisonnez de même

du vin, de la viande, de l’épicerie; et au lieu de vous tant préoccuper du soin de réduire le nombre des marchands, vous vous attacherez

davantage à leur procurer de la clientèle. La réduction viendra plus tard : il faut commencer par la circulation. De ce point de vue, qui ne

touche pas du reste à vos projets ultérieurs de simplification, vous pouvez, ce me semble, remanier votre plan, et y intéresser tous ceux

qu’aujourd’hui vous avez l’air de vouloir combattre. Vous leur feriez entendre qu’il s’agit pour eux d’acheter, avec un léger prélèvement

sur leurs bénéfices, une clientèle, un débit toujours plus considérable ; de telle sorte, par exemple, que si les bénéfices du commerce