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la malheureuse Bataille du 6 de Maÿ a laquelle j’ai pourtant eue la consolation d’apprendre par les Prussiens mêmes que vous vous êtes
bien comporté et même beaucoup distingués ». Elle s’inquiète des bruits sur la mort du feld-maréchal
B
rowne
, « ce seroit une perte
affreuse et irrepparable pour l’Imp
ce
R., pour nous icÿ, et pour vous en particulier ». Elle est heureuse de savoir son fils hors de Prague.
Elle adresse ses compliments à Charles de
L
orraine
[qui a échappé à Frédéric II et s’est réfugié dans Prague] : « ce me seroit la plus grande
joÿe de le voir icÿ victorieux de ses et nos ennemis (mais entre nous dit pas autrement, que cela reste en nous) »...
649.
POMARÉ IV
(1813-1877) Reine de Tahiti. L.S. « Pomare r », Porapora « 8 no Eperera 1857 », à « Na te Tavana te Auvaha
o te Emepera » à Tahiti; 1 page in-fol., papier avec timbre sec de la République du Chili, adresse ; en tahitien.
600/800
T
rès
rare
. « Te faaite Atu nei au ia oe e tei Porapora roa mai nei au e matou Atoa i teie nei teie temea i tae vave mai ai au i Porapora
nei no te mai o Terii maevarua e o Tapoa tane »… Etc.
650.
PONTONS
. L.A.S. « Ma » par un prisonnier de guerre français, à bord du
Sandwich
rade de Chatham (Kent) 8 septembre
1807, à M.
R
iballier
aîné à Paray (Saône-et-Loire) ; 3 pages in-fol., adresse (petit manque au bas du 2
e
feuillet sans toucher
le texte, plis fendus et réparés au 2
e
feuillet).
200/250
L
ettre
d
’
un
prisonnier
sur
les
pontons
anglais
. Capturé à bord d’un corsaire et retenu prisonnier en Angleterre à bord du ponton
le
Sandwich
, il relate son arrestation et ses conditions de détention. « J’avais pri le parti de m’embarquer sur un corsaire capitaine en
second ; mon projet avait deux objets pour buts, le premier de paÿer les dettes que j’avais contracté, et que
vingt-cinq louis
que j’ai touché
d’avance ont couvert ; le second de me racrocher au service de France, puisque ma famille n’a voulu faire aucune démarche […] Attaqué
par une frégatte anglaise nous avons été forcé de nous rendre après un combat d’une heure qui doit nous faire honneur puisque nous
n’avions que
quatorze
canons : nous avons perdu vingt-deux hommes et beaucoup de blessés du nombre desquels je me suis trouvé […]
je suis en ce moment prisonier en Angleterre à bord d’un vieux vaisseau, traitté avec toute la dureté connue de cette nation perfide et
orgueilleuse, qui a foulé aux pieds tout droit des gens. Confondu avec le dernier des matelots sujets aux mêmes travaux, il n’est pas
de rigeures qu’on exerce envers nous. De l’eau pour toute boisson, une nourriture grossière qu’on nous donne trop peu pour vivre, et
trop pour ne pas mourir. Voilà la dure position de votre ami auquel il ne reste pas une obole pour alléger son sort et qui ne sait quand
il finira »… Il prie son correspondant d’envoyer de l’argent à sa femme. Il a fait la rencontre d’un colon de Saint-Domingue, qui lui a
proposé de le suivre à leur libération sur l’île de Cuba où il l’aidera à former une habitation pour lui et les siens…
651.
PORTUGAL. MARIA ANNA VICTORIA DE BOURBON
(1718-1781) Reine de
P
ortugal
; Infante d’Espagne, fille
de Philippe V et d’Isabella Farnese, elle fut fiancée à Louis XV, et épousa (1729) Joseph I
er
de Portugal
(1714-1777). L.S.
« A
Raynha », [Lisbonne] Palais de Nossa Senhora 15 juin 1774, à
L
ouis
XVI
; contresignée par Dom Luis
da
C
unha
; 1 page
grand in-fol. oblong, adresse avec grand sceau aux armes sous papier ; en portugais.
600/800
B
elle
lettre
où elle déplore la mort du Roi Très Chrétien
L
ouis
XV, dont elle loue « les éminentes vertus ». Mais elle se félicite de
l’accession au trône de
L
ouis
XVI...
652.
Pierre-Joseph PROUDHON
(1809-1865)
écrivain et théoricien politique. L.A.S., Conciergerie 9 mars 1850, à Arthur
de
B
onnard
; 3 pages in-8 à en-tête de son journal
La Voix du Peuple
.
1 200/1 500
T
rès
belle
et
longue
lettre de
prison
sur
les
théories
socialistes d
’A
rthur de
B
onnard
et
sa manière d
’
envisager une
révolution des
esprits
. [Bonnard, disciple de Fourier, venait de fonder la « Ligue du Salut social », et préconisait une révolution commerciale rompant
avec la « féodalité banquière », au profit d’un commerce fondé sur un réseau de comptoirs coopératifs, dont les bénéfices, placés dans une
« Caisse de l’organisation du Travail », seraient employés à l’éducation des enfants, aux secours pour les veuves, au progrès.]
Proudhon vient de lire « votre projet de
Caisse du Travail
. C’est le
Syndicat de production et consommation
que J. Lechevallier
voulait introduire dans la Banque du Peuple, et que j’avais réduit au simple rôle de Bureau de renseignement et d’agence. Un pareil
projet demanderait à être longuement étudié, discuté et mûri [...] Votre préambule, présenté sous forme de considérants, me paraît
en contradiction avec l’épilogue. Il est assez peu logique de déclarer la guerre aux parasites du commerce, pour finir par un appel
aux marchands, boutiquiers et industriels. Il serait bien plus sûr, à mon avis, de ne point parler de la trop grande multiplication des
établissements de commerce, et de laisser au temps à éclairer désormais sur ce point le public. Chacun se croira menacé par votre
manifeste, tandis qu’il faudrait, aujourd’hui surtout que nous prêchons la conciliation, rassurer tout le monde. Vous le pouvez sans
faillir à vos principes, et avec bien plus d’avantages pour votre entreprise. En effet, tous les boutiquiers et marchands établis, peuvent
et doivent même être considérés par vous comme les succursalistes responsables d’une immense société de Commerce, ayant pour objet
la vente des produits ou matières premières, et conséquemment la mission de les mettre à portée de tous les consommateurs. C’est
l’agglomération de population […] qui multiplie les épiciers ; et c’est la stagnation des affaires et la misère des masses qui les ruine.
Peut-être le nombre des magasins ne vous paraîtrait-il pas aussi excessif, si tout le monde gagnait de quoi vivre. […] Si chacun en France
pouvait s’acheter seulement une douzaine de chemises, cela ferait 36 millions de douzaines à fournir d’ici à deux ans : pensez-vous que
le commerce des toiles, tel qu’il existe actuellement, ne peut pas être tout entier satisfait d’une pareille commande ? Raisonnez de même
du vin, de la viande, de l’épicerie; et au lieu de vous tant préoccuper du soin de réduire le nombre des marchands, vous vous attacherez
davantage à leur procurer de la clientèle. La réduction viendra plus tard : il faut commencer par la circulation. De ce point de vue, qui ne
touche pas du reste à vos projets ultérieurs de simplification, vous pouvez, ce me semble, remanier votre plan, et y intéresser tous ceux
qu’aujourd’hui vous avez l’air de vouloir combattre. Vous leur feriez entendre qu’il s’agit pour eux d’acheter, avec un léger prélèvement
sur leurs bénéfices, une clientèle, un débit toujours plus considérable ; de telle sorte, par exemple, que si les bénéfices du commerce




