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65

Littérature

147.

Juliette

l

aMBer

, Mme Edmond ADAM, dite Juliette ADAM

(1836-1936) femme de lettres et mémorialiste,

directrice influente de la

Nouvelle Revue

.

m

anusCRit

autographe signé, [1919] ; 8 pages petit in-4.

200/300

a

RtiCle

patRiotique

suR

la

liBéRation de

l

’a

lsaCe

.

« Pour la seconde fois, depuis ta délivrance, je viens vers toi, notre Alsace ! Je donne

à ma vie, si vieille ! la joie sans égale de te revoir libérée. Du joug qui fut aussi cruel à nos âmes vaincues qu’à toi prisonnière. Heure

par heure, année par année, moi l’enfermée parisienne de 1870, depuis que nous tous Français, nous t’avions perdue, depuis que, sur

ma carte de France, que je ne pouvais regarder sans lar[me], il y avait une croix qui me semblait être à la place du cœur, ô sentinelle de

notre plus protectrice frontière, […] j’ai prié, j’ai supplié Dieu pour que la victoire nous revienne. Et la majorité des envahisseurs de

l’Alsace après tant de longues années a été expulsée de nos foyers par cette victoire. Mais n’en est-il pas trop resté, n’en revient-il pas

un à un pour aider à la dénonciation de nos divergences fatales créées par l’occupation ennemie et par le temps ? Certes, la grande âme

alsacienne n’avait pas un instant cessé d’être française dans toute sa fidélité sublime... […] Alsace, nous t’en supplions, nous qui avons

souffert autant que toi de notre séparation, de notre exil communs, efface inlassablement de ton esprit les traces des empreintes, de

l’intellectualité prussienne et de nos divergences créées par le temps. [...] Après tant d’années de luttes, pour des libertés sans cesse

menacées par les occupants, l’Alsace qui, par son caractère a peut-être un besoin plus grand de liberté que d’autres de nos provinces,

est menacée de subir sans recours, les lois laïques les plus sectaires et de perdre sans recours ses libertés religieuses. L’âme alsacienne si

énergique dans sa lutte contre l’emprise allemande ne subira pas la tyrannie de l’incroyance. Nuls, plus que les Alsaciens n’ont le respect

des libertés religieuses, catholiques, protestants, juifs, n’ont jamais connu l’irrespect ou l’entrave dans la pratique de leur religion »… Etc.

o

n

joint

une l.a.s. à Robert de

f

leRs

, à propos de cet article (2 p. obl. in-12 à l’adresse de l’

Abbaye de Gif

).

148.

Julie d’ANGENNES, duchesse de MONTAUSIER

(1607-1671) célèbre précieuse, dite « l’incomparable Julie » ; fille de

Charles d’Angennes marquis de Rambouillet et de la marquise, elle épousa en 1645 son soupirant Charles de Sainte-Maure

duc de Montausier (1610-1690), qui avait fait composer pour elle

La Guirlande de Julie

. L.A.S. « Dangennes », [juillet 1638],

au cardinal de

l

a

V

alette

; 4 pages et quart in-4, adresse avec cachets de cire rouge à son chiffre sur lacs de soie bleue.

1 000/1 500

B

elle

lettRe

éCRite

aVant

son

maRiage

au

sujet

de

son

fRèRe

Léon-Pompée d’

a

ngennes

, marquis

de

p

isani

(1615-1645),

qui décida, contre l’avis de

ses parents, de rejoindre le cardinal de

l

a

V

alette

,

lorsque ce dernier se démit de son archevêché de

Toulouse en 1628 pour embrasser une carrière

militaire ; il fut tué à Nördlingen.

« Mon frere venoit de partir lorsque je fis voir a

ma mere la letre que vous mavies fait l’honneur de

mescrire elle ma commendé de vous randre de tres

humble graces des soins que vous aves des choses

quy la regarde et de vous asurer de plus Monseigneur

quy sy elle avoit cru que mon frere ut eu ases de

forse pour vous pouvoir servir il y a lontans quelle

luy oret commendé de vous suivre […] mais que

jugant que la feblesse de mon frere seroit peut estre

cause quil vous seroit a charge par la bonté que vous

tesmoignés a tout se quy luy appartient elle avoit

extrement desaprouvé sa resolusion elle se plaint un

peu et mon pere ausy quyl laye exsecutee contre leur

commendements neanmoins jespere que parse quil

est aupres de vous il luy pardonneront plustost. Pour

moy Monseigneur quy ne vous ay jamais peu randre

se que je devois pour mes debtes propres vous me

dispanseres sy je ne me charge point de celles de

mon frere. Je souhete seullement quy soit honeste

homme car pour la volonté de vous honorer je say

quy le la en plus haut point que personne du monde

et quy ne manquera jamais de recognoisance. Jayme

encore mieux estre sa causion pour sela que son

heritiere »…