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66

149.

Hannah ARENDT

(1906-1975) philosophe allemande, naturalisée américaine. L.S. « Hannah » avec un mot autographe,

Sanary 10 juillet [1946 ?], à son ami « Tristan » ; 1 page et demie in-4 dactylographiée ; en anglais.

1 000/1 200

R

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. La

philosophe dactylographiait toutes ses lettres, et voyageait avec sa machine à écrire.

Elle s’est arrêtée dans la petite pension Rosaire qu’il lui avait recommandée, « sur la colline, au-dessus de la plage de Port Issol ». Elle

est assez bon marché et la nourriture y est délicieuse et variée. Elle trouve une source d’intérêt supplémentaire « dans le fait que la

pension ait été reprise depuis la guerre par un négociant en café ruiné originaire de Marseille et sa femme, un couple rare, qui m’expose

chaque jour les vues politiques les plus curieuses. Ils disent : 1) Que ce dont la France a besoin n’est pas plus de liberté mais moins ; 2)

Le gouvernement actuel est entre les mains des francs-maçons

qui se sont pourvus du pouvoir

[en français dans le texte] par un tour de

passe-passe ; 3) Ces gens ne peuvent être délogés sans une révolution, car ils savent comment profiter du système des élections ; 4) La

glorieuse révolution qui est à venir, peut-être sous la conduite du grand Charles [de

g

aulle

], établira un gouvernement monarcho-

fasciste dans lequel chacun connaîtra sa place, et l’on ne montrera aucune pitiés envers les dissidents, les ouvriers, les Juifs. Je te soumets

cela pour ce que ça vaut. Si je pensais que cela représente une grande partie de l’opinion publique française, je serais très effrayée. Est-ce

propre au

Midi

ou y a-t-il une grande partie de la société française qui aimerait remonter l’horloge jusqu’en 1788 ? Tu dois griller à Paris

(

bien cuit

). Ici à Sanary la chaleur est presque insupportable, et je ne peux pas faire ces longues promenades que je me suis promises. Mais

l’autre jour, quand le mistral soufflait, j’ai pu pousser jusqu’à Le Brusc »… Elle pense remonter avec Carl [le philosophe Karl

j

aspeRs

]

vers le nord pour chercher des endroits plus frais…

150.

Émile AUGIER

(1820-1889).

m

anusCRit

autographe signé ; 27 pages in-fol., sous chemise autographe (chemise un peu

déchirée).

200/300

m

anusCRit de

pRemieR

jet

, abondamment raturé et corrigé, d’un « Acte I

er

» composée de 6 scènes. Le baptême du fils de Félix et Valérie

Saint-Fulgent suscite quelques souvenirs de galanteries anciennes, et des convoitises. Interviennent Mme Beaussire, mère de Valérie, la

marraine Alice Fourcadière, le comte de Kérar, Achille Godet... Le manuscrit porte en tête la date « 8 mars ». Sur la chemise, Augier a

noté ses nom et adresse : « M

r

Augier 43 r. de Clichy ».

Conservé dans les papiers d’Eugène

l

aBiCHe

, cet acte était peut-être le début abandonné d’un autre projet de collaboration des deux

auteurs de la comédie

Le Prix Martin

(1876).

[Voir les n

os

98, 119-122.]

151.

Pierre Simon BALLANCHE

(1776-1847) écrivain et philosophe, ami de Mme Récamier. L.A.S., 29 juillet 1837, à

M.

B

oulet

à Marseille ; 1 page petit in-8, adresse.

100/120

« La santé de

m

me

R

éCamieR

est toujours dans la même triste situation. Ce que je sais fort bien c’est qu’elle est absolument hors d’état

de supporter aucune agitation nouvelle. Les médecins lui prescrivent le silence le plus absolu, la séquestration la plus complette ».