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Littérature
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152.
Théodore de BANVILLE
(1823-1891).
M
anuscrit
autographe signé,
Les
Saisons
, dialogue écrit pour les élèves de M. Duplan au petit collège de Juilly
,
Paris 2 mars 1867
; cahier cousu de 12 pages in-fol. à l’encre brune et rouge
(coins un peu cornés, bords un peu effrangés, qqs fentes réparées). 600/800
D
ialogue
en
vers
,
écrit
pour
une
récitation
d
’
écoliers
au
célèbre
collège
de
J
uilly
. Pierre, Paul, Jean et Jacques interviennent pour chanter, chacun, les beautés
de sa saison préférée. Banville a indiqué à la dernière page les placements successifs
des récitants sur la scène. Cette pièce, d’une centaine de vers, semble être
inédite
.
« Hiver, adieu ! Tu pars, voici la mi-carême.
Aux champs, déjà riants d’une gaîté suprême,
Paquerette, muguet, primevère, à foison
Les fleurettes d’Avril naissent dans le gazon
Et tremblent au matin, par la brise froissées.
Un beau rayon d’or luit dans les sources glacées ;
Dans le vieux parc touffu, sous les rameaux flottants
Les oiseaux réjouis chantent. C’est le printems ! » »...
153.
Jules BARBEY D’AUREVILLY
(1808-889). L.A.S. « Jules Barbey », Saint-Sauveur mercredi soir [10 octobre 1832], à
Guillaume
T
rébutien
, « libraire » à Caen ; 3 pages in-8, adresse avec cachets postaux (petite réparation à un angle manquant
par bris de cachet sans toucher le texte).
800/1 000
B
elle
lettre
à
son
ami
T
rebutien
,
qui
va
publier
L
éa
de
B
arbey
dans
sa
R
evue
de
C
aen
; c’est la cinquième lettre connue de Barbey
d’Aurevilly.
Il a oublié en lui écrivant la veille, « non pas de remonter la pendule comme le père de Tristam Shandy dans une occasion bien autrement
importante que celle de la confection d’un paquet », de lui envoyer « la liste des personnes de cettuy pays qui pourraient s’abonner » à la
Revue de Caen
: « Hélas ! cette liste ne saurait être longue. Figurez-vous qu’ici je suis pour la sauvagerie et l’endurcissement un ours, une
espèce de Mordaunt (dans
le Pirate
de Scott), et que je ne vais chez qui que ce soit », sauf Mme de
S
ainte
-C
olombe
, « femme d’un esprit »
élevé, & qui aime l’esprit dans les autres avant d’avoir une opinion. Aussi, voyez l’orgueilleuse conséquence ! S’abonnera-t-elle à notre
revue. Elle exceptée donc, je n’ai personne à qui je propose, en toute sécurité de n’être pas mordu, notre abominable lecture. La société
de mon père est carliste, ce qui n’est que la moitié du mal, mais de plus en fait d’opinion, d’une personnalité concentrique ». Il indique
cependant quelques personnes à qui adresser le prospectus et le premier numéro, comme la marquise d’Héricy ou Mme de Beaufort :
« Je ne réponds pas que ces dames un peu caillettes du fauxbourg St Germain quand il y avait un faubourg St Germain, exposent la
blancheur d’hermine de leur Carlisme aux souillures de notre contact républicain. Mais tentons les et que ma Léa, à laquelle déjà des
larmes de femme ont promis d’autres pleurs, soit la couleuvre tentatrice ! Elle est bien gentille et bien innocente, la pauvre enfant, pour
faire une femelle de serpent, mais tant mieux pour le succès de notre machiavélisme »...
Il recommande encore d’envoyer le numéro de
Léa
à Mlle Olympiade
F
auvel
. Il s’inquiète d’avoir oublié une correction dans le texte
de Léa : «
sous un ciel étoilé qui parle d’un monde à venir
»… Il faudrait demander un texte à Paul Scudo. « Encore une fois soignons le
premier numéro comme un début ».
Reproduction page 69
154.
Jules BARBEY D’AUREVILLY
. L.A.S., Paris 29 septembre 1843, à Guillaume
T
rébutien
; 4 pages in-8. 1 000/1 500
T
rès
belle
et
longue
lettre
à
son
ami
T
rébutien
,
au
sujet
de
son
poème
en
prose
L
a
B
ague
d
’A
nnibal
,
son
premier
roman
L’A
mour
impossible
,
et
son
projet
de
roman
G
ermaine
(qui deviendra plus tard
Ce qui ne meurt pas
).
Il évoque d’abord des corrections pour
La Bague d’Annibal
: « C’est bien
Poul-Serrho
, mon cher orientaliste. J’en ai pour garantie une
note de Lord Byron […] Vous avez raison. Quand on est l’auteur, on lit souvent sur le texte comme dans sa pensée. Un autre corrige
mieux & surtout un ami comme vous qui aimez ma
fille
comme votre
nièce
. J’aime à vous dire de toutes façons combien nous sommes
frères ».
Puis il commente l’article de Paul
D
elasalle
sur
L’Amour impossible
, qu’avait recopié Trébutien à l’intention de Barbey : « L’article est
mauvais comme s’il ne disait pas de mal de moi. Il y avait un bon article de critique dure et morale contre
L’Amour impossible
, mais M
r
de
Lasalle ne l’a pas fait. Le sien est un compte rendu avec des phrases hâchées, tirées de mon livre, plus quelques gros mots d’indignation
et de condamnation par ci par là, et si gros, si gros qu’en vérité je me demande si nous sommes en province aussi bêtes qu’en Angleterre
de moralité hypocrite et ennuyeuse. Le
Cant
est donc partout maintenant. De toutes les thèses (M
r
de Lasalle est avocat) il a choisi celle
qui devait le moins inspirer un homme d’esprit. Il est digne d’être substitut. C’est très bien d’être l’avocat des pauvres quand on l’est,




