Previous Page  70 / 252 Next Page
Information
Show Menu
Previous Page 70 / 252 Next Page
Page Background

68

mais il ne faut pas l’être des pauvretés. Or c’est une pauvreté

à nulle autre seconde

que d’écrire des sévérités morales qu’on ne pense

pas d’abord, et dont même la banalité est épuisée. De lui à moi et entre quatre yeux, M

r

de Lasalle qui est de son temps probablement

puisqu’on le dit spirituel (un homme d’esprit en est plus qu’un autre), de lui à moi, M

r

de Lasalle conviendrait très bien et gaîment

même, que le monde non pas

peint

, mais

indiqué

dans mon roman n’est pas un pays inventé par une imagination en quête d’horreurs

de toute espèce. J’ai, non pas peint ; (ce grand mot de peindre m’impose trop) j’ai montré des réalités et des réalités qui ne sont pas très

rares. Sans doute mes personnages ne sont pas vulgaires et les combinaisons de circonstances dans lesquelles ils se trouvent sont de

l’arrangement de romancier, mais les sentiments qu’ils expriment sont très communs. Ces sentiments là sont l’air ambiant qui circule

autour de nos têtes, que les causes en soient

ceci

ou

cela

, que le fait en lui même ou dans ses conséquences soit déplorable ou révoltant,

je ne l’ai pas dit, je n’avais pas à le dire, mais c’est un fait. Moi qui ai l’horreur de la préchaillerie et du pédantisme de toute sorte, je n’ai

pas regardé ce malheureux fait comme un texte. J’ai pensé que le romancier était un historien à sa manière et qu’il n’avait qu’à rapporter

ce qu’il a vu ou ce qui est, tant pis pour les bégueules qui crient parce que ce n’est pas là un récit aussi décent que leur maintien ! Mais

en tant qu’on se faisait hypocrite pour être plus littéraire probablement dans la critique de ma bleuette, je le répète, il y avait un article

meilleur à faire que celui de M

r

de Lasalle. Il a manqué une bonne occasion. J’espère que

Germaine

lui en offrira une autre dont il

profitera mieux ». Mais peut-être avait-il besoin « pour faire un bon mariage de se poser en homme d’une moralité transcendante dans

ses propos et ses écrits »...

Puis Barbey évoque son amie « la dame

bleuâtre

[la baronne Almaury de

M

aistre

] qui est malade […] L’hommage de l’exemplaire dont

vous avez malicieusement déterminé la nuance et avec un tact parfait, sera reçu avec reconnaissance. Nous inclinons au bleu, mais grâce

à moi nous évitons

l’indigo

. C’est une musicienne, c’est vrai, qui en est à sa seconde ou troisième messe, mais elle ne chante pas tout

son esprit, il lui en reste assez pour causer. De plus, mon cher, elle est belle et a trouvé l’art de faire de sa maladie une augmentation

de beauté, et je dis bien, augmentation c’est le mot, car elle est de la famille de Rubens »...

Il enverra une réclame pour

Germaine

et

L’Amour impossible

. Il ajoute : « Je ne suis point brouillé avec mon éditeur [Duprey], il prend

Germaine

sous quelques jours ».

155.

Jules BARBEY D’AUREVILLY

. L.A.S., Lundi Gras [2 mars 1857], à un ami [Amédée

R

enée

, rédacteur du

Pays

] ; 1 page

in-8 à l’encre bleue sur papier rose.

400/500

Il lui promet son article pour demain. « Je viens d’être sévèrement malade d’une névralgie dans les oreilles.

Ce soir

, on me pose encore

six ventouses

sur la nuque. Agréable sensation ! »... Il lui a fait envoyer le livre de Silvestre, et aurait voulu recevoir le dernier numéro de

sa

Revue

, « pour voir comment vous vous chauffez.

T

rebutien

vient de m’envoyer (enfin !) toutes les copies demandées (de [Maurice de]

G

uérin

). Je puis donc vous faire quelque chose (une tête) en citant plusieurs pièces de ses vers dans un de vos plus prochains numéros »...

Ancienne collection Roger

M

onmélien

(cachet).

156.

Jules BARBEY D’AUREVILLY

. L.A.S., 27 mars 1858, à Marie

E

scudier

, directeur du

Réveil

; 1 page in-8 (deuil),

enveloppe avec cachet de cire rose.

500/600

B

elle

lettre

sur

U

ne

vieille maîtresse

.

Escudier a maintenant la lettre qu’il doit remettre à M.

V

euillot

demain. « Vous savez ce dont il est question. Nous lui demandons

sa

théorie du Roman

. Or, il est

convenu avec

G

ranier

que si nous trouvons à redire à sa théorie,

lui

Granier comme

moi

,

nous

y

répondrons »... Il rappelle sa décision de supprimer sa préface à la deuxième édition d’

Une vieille maîtresse

, parce que sa propre théorie

du roman faisait scandale : « J’ai sacrifié la mienne parce qu’elle couvrait un livre

scabreux

, à

titre scabreux

, qui faisait cabrer les timorés.

Mais quand il s’agira d’idées pures et de théorie, nous répondrons et le

Réveil

deviendra le champ clos d’un tournoi, à

armes courtoises

,

pour l’honneur de la Vérité »...

157.

Jules BARBEY D’AUREVILLY

. 2 L.A.S., [1865], à l’éditeur Achille

F

aure

 ; 1 page in-8 chaque à l’encre rouge (coins

coupés à la première).

500/700

P

réparation

de

l

’

édition

d

’

U

n

prêtre

marié

(Achille Faure, 1865) et de la nouvelle édition d’

U

ne

vieille

maîtresse

(Achille Faure,

1866).

Il lui envoie le bon à tirer jusqu’à la page 109, tout en lui signalant de nouvelles petites corrections à faire exécuter. « J’attends la 2

e

de

l’épreuve 1

e

que je vous envoie. Je ne manquerai d’exactitude jamais [...] Voulez-vous m’envoyer vos demoiselles

Pichon

 ? – J’en rendrai

compte un jour ainsi que du

Mariage scandaleux

 »... [Il s’agit de deux livres d’André Léo (pseudonyme de Victoire Léodile Béra), que

Barbey épinglera dans

Les Bas-bleus

:

Un mariage scandaleux

et

Les Deux Filles de Monsieur Plichon

.]

Vendredi

. « Voici les deux épreuves. Sur le texte du roman, il y a très peu de fautes, et me fiant à vous pour ces corrections dernières,

je donne volontiers le bon à tirer de la page

1

à la page

72

. Mais pour la préface, impossible ! elle est hérissée de fautes ». Il redemande

une épreuve. « J’ai mis une épigraphe – deux mots :

Perseverare diabolicum

 »...

158.

Jules BARBEY D’AUREVILLY

. L.A.S., Paris 15 décembre [1868 ?] ; 1 page in-8 (petite répar. à un coin).

400/500

« Je ne suis ni le rédacteur en chef ni le directeur de

L’Éclair 

; je ne puis donc vous en ouvrir la porte, et vous avez raison de croire

que les

nécessités de la polémique

auxquelles vous avez cru devoir céder, en m’attaquant, ne m’empêcheraient pas de vous l’ouvrir toute

grande, si je pouvais. [...] croyez que, tout bronzé que je sois aux coups de plume par l’habitude d’en recevoir, je suis cependant très-

sensible aux procédés francs et au bien qu’on me fait l’honneur de penser de moi »...