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mais il ne faut pas l’être des pauvretés. Or c’est une pauvreté
à nulle autre seconde
que d’écrire des sévérités morales qu’on ne pense
pas d’abord, et dont même la banalité est épuisée. De lui à moi et entre quatre yeux, M
r
de Lasalle qui est de son temps probablement
puisqu’on le dit spirituel (un homme d’esprit en est plus qu’un autre), de lui à moi, M
r
de Lasalle conviendrait très bien et gaîment
même, que le monde non pas
peint
, mais
indiqué
dans mon roman n’est pas un pays inventé par une imagination en quête d’horreurs
de toute espèce. J’ai, non pas peint ; (ce grand mot de peindre m’impose trop) j’ai montré des réalités et des réalités qui ne sont pas très
rares. Sans doute mes personnages ne sont pas vulgaires et les combinaisons de circonstances dans lesquelles ils se trouvent sont de
l’arrangement de romancier, mais les sentiments qu’ils expriment sont très communs. Ces sentiments là sont l’air ambiant qui circule
autour de nos têtes, que les causes en soient
ceci
ou
cela
, que le fait en lui même ou dans ses conséquences soit déplorable ou révoltant,
je ne l’ai pas dit, je n’avais pas à le dire, mais c’est un fait. Moi qui ai l’horreur de la préchaillerie et du pédantisme de toute sorte, je n’ai
pas regardé ce malheureux fait comme un texte. J’ai pensé que le romancier était un historien à sa manière et qu’il n’avait qu’à rapporter
ce qu’il a vu ou ce qui est, tant pis pour les bégueules qui crient parce que ce n’est pas là un récit aussi décent que leur maintien ! Mais
en tant qu’on se faisait hypocrite pour être plus littéraire probablement dans la critique de ma bleuette, je le répète, il y avait un article
meilleur à faire que celui de M
r
de Lasalle. Il a manqué une bonne occasion. J’espère que
Germaine
lui en offrira une autre dont il
profitera mieux ». Mais peut-être avait-il besoin « pour faire un bon mariage de se poser en homme d’une moralité transcendante dans
ses propos et ses écrits »...
Puis Barbey évoque son amie « la dame
bleuâtre
[la baronne Almaury de
M
aistre
] qui est malade […] L’hommage de l’exemplaire dont
vous avez malicieusement déterminé la nuance et avec un tact parfait, sera reçu avec reconnaissance. Nous inclinons au bleu, mais grâce
à moi nous évitons
l’indigo
. C’est une musicienne, c’est vrai, qui en est à sa seconde ou troisième messe, mais elle ne chante pas tout
son esprit, il lui en reste assez pour causer. De plus, mon cher, elle est belle et a trouvé l’art de faire de sa maladie une augmentation
de beauté, et je dis bien, augmentation c’est le mot, car elle est de la famille de Rubens »...
Il enverra une réclame pour
Germaine
et
L’Amour impossible
. Il ajoute : « Je ne suis point brouillé avec mon éditeur [Duprey], il prend
Germaine
sous quelques jours ».
155.
Jules BARBEY D’AUREVILLY
. L.A.S., Lundi Gras [2 mars 1857], à un ami [Amédée
R
enée
, rédacteur du
Pays
] ; 1 page
in-8 à l’encre bleue sur papier rose.
400/500
Il lui promet son article pour demain. « Je viens d’être sévèrement malade d’une névralgie dans les oreilles.
Ce soir
, on me pose encore
six ventouses
sur la nuque. Agréable sensation ! »... Il lui a fait envoyer le livre de Silvestre, et aurait voulu recevoir le dernier numéro de
sa
Revue
, « pour voir comment vous vous chauffez.
T
rebutien
vient de m’envoyer (enfin !) toutes les copies demandées (de [Maurice de]
G
uérin
). Je puis donc vous faire quelque chose (une tête) en citant plusieurs pièces de ses vers dans un de vos plus prochains numéros »...
Ancienne collection Roger
M
onmélien
(cachet).
156.
Jules BARBEY D’AUREVILLY
. L.A.S., 27 mars 1858, à Marie
E
scudier
, directeur du
Réveil
; 1 page in-8 (deuil),
enveloppe avec cachet de cire rose.
500/600
B
elle
lettre
sur
U
ne
vieille maîtresse
.
Escudier a maintenant la lettre qu’il doit remettre à M.
V
euillot
demain. « Vous savez ce dont il est question. Nous lui demandons
sa
théorie du Roman
. Or, il est
convenu avec
G
ranier
que si nous trouvons à redire à sa théorie,
lui
Granier comme
moi
,
nous
y
répondrons »... Il rappelle sa décision de supprimer sa préface à la deuxième édition d’
Une vieille maîtresse
, parce que sa propre théorie
du roman faisait scandale : « J’ai sacrifié la mienne parce qu’elle couvrait un livre
scabreux
, à
titre scabreux
, qui faisait cabrer les timorés.
Mais quand il s’agira d’idées pures et de théorie, nous répondrons et le
Réveil
deviendra le champ clos d’un tournoi, à
armes courtoises
,
pour l’honneur de la Vérité »...
157.
Jules BARBEY D’AUREVILLY
. 2 L.A.S., [1865], à l’éditeur Achille
F
aure
; 1 page in-8 chaque à l’encre rouge (coins
coupés à la première).
500/700
P
réparation
de
l
’
édition
d
’
U
n
prêtre
marié
(Achille Faure, 1865) et de la nouvelle édition d’
U
ne
vieille
maîtresse
(Achille Faure,
1866).
Il lui envoie le bon à tirer jusqu’à la page 109, tout en lui signalant de nouvelles petites corrections à faire exécuter. « J’attends la 2
e
de
l’épreuve 1
e
que je vous envoie. Je ne manquerai d’exactitude jamais [...] Voulez-vous m’envoyer vos demoiselles
Pichon
? – J’en rendrai
compte un jour ainsi que du
Mariage scandaleux
»... [Il s’agit de deux livres d’André Léo (pseudonyme de Victoire Léodile Béra), que
Barbey épinglera dans
Les Bas-bleus
:
Un mariage scandaleux
et
Les Deux Filles de Monsieur Plichon
.]
Vendredi
. « Voici les deux épreuves. Sur le texte du roman, il y a très peu de fautes, et me fiant à vous pour ces corrections dernières,
je donne volontiers le bon à tirer de la page
1
à la page
72
. Mais pour la préface, impossible ! elle est hérissée de fautes ». Il redemande
une épreuve. « J’ai mis une épigraphe – deux mots :
Perseverare diabolicum
»...
158.
Jules BARBEY D’AUREVILLY
. L.A.S., Paris 15 décembre [1868 ?] ; 1 page in-8 (petite répar. à un coin).
400/500
« Je ne suis ni le rédacteur en chef ni le directeur de
L’Éclair
; je ne puis donc vous en ouvrir la porte, et vous avez raison de croire
que les
nécessités de la polémique
auxquelles vous avez cru devoir céder, en m’attaquant, ne m’empêcheraient pas de vous l’ouvrir toute
grande, si je pouvais. [...] croyez que, tout bronzé que je sois aux coups de plume par l’habitude d’en recevoir, je suis cependant très-
sensible aux procédés francs et au bien qu’on me fait l’honneur de penser de moi »...




