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silencieux et morne […] Mon opinion est que le général Garibaldi, jusqu’au dernier moment de son départ de Catane, espéra un

rapprochement entre lui et le gouvernement »…

Le 24 août, les Garibaldiens embarquent à bord du

Dispaccio

et de

l’Abbatucci

 ; traversée terrible, tous feux éteints ; débarquement à

Pietrofalcone près de Melito. À Sannazzaro (Lazzaro), Garibaldi reçoit une députation de Reggio, « fidèle au roi et au statut » ; il consent

à ne point passer par Reggio. Bombardement du camp par une frégate. Marche jusqu’à la Fiumara ; campement dans le lit du fleuve. En

approchant de San Nicolo, première escarmouche entre la troupe et les volontaires ; certains, faits prisonniers, dont le major Salomon,

sont emmenés à Reggio ; histoire de la fuite du major Salomon. Marche difficile des volontaires gravissant « les roches appelées Camp di

Cardetto ; […] une douzaine de volontaires moururent de faim, de froid et de fatigue » ; sous une pluie glacée ou un soleil brûlant, ils

rejoignent Garibaldi à S. Stefano, mais beaucoup « vendirent leurs fusils et se remirent aux mains des autorités. […] depuis le départ de

Reggio huit ou neuf cents hommes nous avaient abandonnés. Nous n’étions plus que 18 à 1900 hommes ». Les hommes sont épuisés ;

le guide a pris la fuite ; Garibaldi va lui-même couper du bois pour allumer des feux. « Nous étions arrivés au camp d’Aspromonte que

nous regardions comme notre Eldorado. La députation de Reggio nous y avait promis des vivres, des secours, des soutiens de toute

espèce – nous trouvions un désert ! Nous construisîmes des barraques avec des broussailles et des branches d’arbres, afin d’improviser

autant que possible un abri contre la pluie »… Discours de Garibaldi pour remonter le moral de ses soldats, salué aux cris de Vive

Garibaldi...

Garibaldi part inspecter le champ de bataille : « il savait bien qu’il était impossible de continuer la marche au milieu de tant de

difficultés, et que c’était là que devait se décider la question ». Description du champ de bataille d’Aspromonte, et récit détaillé de

la bataille. En voyant la troupe s’avancer, Garibaldi « défendit rigoureusement que l’on fît feu », à la stupéfaction générale ; après les

premiers coups de feu tirés par l’armée royale, et quelques ripostes, il ordonna encore de cesser le feu : « Une confusion étrange se mit

alors parmi nous ; les uns voulaient répondre au feu, d’autres voulaient suivre l’ordre du général, les autres mettaient les mouchoirs au

bout des fusils, pour faire comprendre aux troupes royales qu’on ne voulait pas se battre ; mais la troupe avançait toujours »... Garibaldi

est blessé, ainsi que notre narrateur ; sur ordre de Garibaldi, le combat cesse, et le désarmement commence… Le lieutenant Rotondo et

le major Gioliti viennent inviter Garibaldi à se rendre, puis le commandant Pallavicino ; Garibaldi accepte de se rendre, rappelant qu’il

avait donné l’ordre de ne pas accepter le combat… Quelques volontaires réussissent à s’échapper. On évacue Garibaldi sur une litière

jusqu’à la cabane de la Marchesella ; on enterre la trentaine de morts… Marche de la colonne de prisonniers jusqu’à Scilla ; là, Garibaldi

est embarqué sur un bateau de guerre…

210.

Alexandre DUMAS fils

(1824-1895) écrivain. 2 L.A.S., [1858 ?-1877] ; 4 et 3 pages in-8.

200/250

[1858 ?]

, à un ami, au sujet du pamphlétaire Eugène de

M

irecourt

 : « Il a été condamné pour calomnie et diffamation, dans un procès

que lui a fait mon père, à propos de la brochure :

Maison Dumas & C

ie

. Je crois que cette condamnation s’est répétée plusieurs fois

pour d’autres brochures sur d’autres écrivains. [...] Il paraît qu’il avait une excuse pour faire le vilain métier qu’il faisait : la misère, des

enfants. Le scandale étant payé plus cher que le travail honnête, la combinaison a réussi pendant quelque temps. Aujourd’hui ça doit

être affreux, comme misère, le malheureux doit compter sur les 16 francs d’amende auxquels ton ami peut être condamné pour avoir

diffamé M. de Mirecourt. C’est à ton ami de voir s’il ne vaudrait pas mieux lui offrir l’amende avant que de la lui payer après »...

Puits

[30 août 1877],

à M.

M

outtet

: « Je me figure bien que vous devez être triste souvent. Nous qui sommes dévorés par l’action et par le

bruit de la grande ville, nous ne savons plus ce que c’est que la tristesse. Il nous faudrait des causes de désespoir pour nous troubler et

encore je ne sais guère si nous en aurions le temps. Je vous envie presque vos mélancolies. [...] Je me suis rappelé avec vous ma jeunesse,

ma gaieté, mon insouciance, mes vingt ans enfin. Je ne revois même pas ce qui m’est arrivé depuis et, tout compte fait, je n’ai pas jusqu’à

présent à me plaindre de la destinée »...

[Voir les n

os

131 et 132.]

Léon-Paul FARGUE 

: voir n° 287.

211.

Anatole FRANCE

(1844-1924). 4 L.A.S. (dont une carte postale), et un

manuscrit

autographe avec

dessin

, 1892-1913 et

s.d., à divers ; 7 pages in-8 dont une à son chiffre et une carte postale avec adresse.

200/250

30 décembre 1892

, [à

P

ingard

, secrétaire de l’Institut] : « J’acquitte ma

dette sacrée

. Je vous envoie un exemplaire d’

Abeille

et j’y ajoute

mille compliments empressés »...

[Girgenti 1

er

avril 1913]

, carte postale à son ami Noël

C

haravay

: « Accablé de fatigue et de sommeil, je

t’écrirai à Syracuse ».

S.d.

, [1876 ?, à Catulle

M

endès

]. « Dites à Maurice [

B

arrès

] que j’ai pour lui tous les sentiments que doit inspirer

un vieux maître excellent, que je pense de son livre le bien que vous en pensez vous-même et que j’en parlerai samedi prochain. Dans

quelques semaines je reviendrai à

Parnasse

et, tant pis pour vous ! Ce sera votre tour »...

5 juin

, [à G.

A

urier

 ?

], envoi de son portrait

gravé : « C’est une épreuve avant la lettre d’une eau-forte de

M

onziès

 » ; il existe deux autres portraits de lui chez Lemerre et chez

Fontaine... – Brouillon pour le récit de

Komm l’Atrébate

(paru dans

Clio

en 1900) : « Leurs tribus habitaient, aux bords mouvants des

larges rivières, des enclos formés par des abattis d’arbres au milieu des marais, dans le fond des forêts de chênes et de bouleaux. – Komm

était fier »..., avec un petit dessin à la plume (tête de femme).

212.

Anatole FRANCE

. L.A.S. et L.A. (minute), 1914 et s.d. ; 3 pages et demie in-12, la 2

e

avec vignette du

Château Caillavet

.

150/200

Paris 20 mai 1914

, à un avocat, en faveur de Mme

L

ecerf

-D

evasty

: « je la crois tout à fait incapable de l’acte qui lui est reproché.

[…] Elle est capable de se laisser influencer, mais non de commettre un acte vraiment mauvais ». Il est disposé à témoigner en sa