88
Après trois lignes à propos de sa fille, la marquise de
L
a
F
erté
-I
mbault
, elle note : « J’ay etée peinte par
N
attier
en 1738 et ma fille en
1740 […]. J’ay commencee la collection de mes tableaux en 1750, ils ont tous été faits sous mes yeux »… Quelques lignes biffées, écrites
par une autre main, probablement celle du marquis d’
E
stampes
, cousin de Mme de La Ferté-Imbault, précisent : « Ces deux portraits
qui sont beaux sont dans la chambre à coucher de ma femme. Mme de la Ferté Imbault tenant un masque à la main, vetue d’un domino
de bal ».
215.
Françoise d’Issembourg d’Happoncourt, dame de GRAFFIGNY
(1695-1758) femme de lettres, amie des Philosophes,
auteur des
Lettres péruviennes
.
P
oème
autographe,
à Madame la marquise de Joyeuse au premier jour de l’an 1725
,
[1
er
janvier 1725] ; 1 page in-4, adresse au verso : « vers pour M
de
de Joyeuse ».
400/500
C
harmant
poème
de 21 vers rendant hommage à la marquise de
J
oyeuse
, que le temps semble épargner :
« Le temps qui court et qui s’envole
Prend toujours en courant quelque chose sur nous
C’est un asasin il nous vole
Par un art insensible et doux [...]
C’est ainsy qu’il nous traite tous
Mais le temps devant vous immortelle joyeuse
Ne vat que d’une aisle flateuse
Il s’arèste et jamais il n’a rien prit sur vous
Vostre beau printemps dure encore
Et l’on voit chaque jour éclore
Dans vos yeux et dans vos discours
Des fleurs qui dureront toujours
En dépit du règne de Flore »… etc.
O
n
joint
la copie ancienne d’une lettre de Mme de Graffigny, Paris 11 septembre 1734, à une amie (4 pages in-4), intéressante lettre
remplie de nouvelles de la Cour et des armées.
Reproduction page 87
216.
Émile GUIARD
(1852-1889) poète et auteur dramatique, neveu d’Émile Augier, administrateur à la direction des Beaux-
Arts, et beau-frère d’André Labiche. 9
manuscrits
en partie autographes ; plus de 500 pages en 18 cahiers brochés in-4.
200/300
E
nsemble
de manuscrits
de
son œuvre
dramatique
,
en
parte
inédite
. Manuscrits de copistes (cachets des copies dramatiques Pillot),
avec d’
importants
remaniements
,
corrections
,
additions
autographes
, avec de nombreux béquets.
Volte-face
, comédie en un acte et en vers [Comédie Française, 12 octobre 1877], corrections et nouvelles rédactions autographes (un
cahier). – [
Mon fils
], comédie en 3 actes et en vers [Odéon, 3 mars 1882] ; l’acte II en partie autographe ; plus une version primitive
incomplète des actes I et II avec note a.s. au copiste Pillot (3 cahiers). –
Feu de paille
, comédie en un acte et en vers [Odéon, 30 mars
1885] ; 3 versions (variantes et reprises), dont 2 avec corrections et nouvelles rédactions autographes (3 cahiers, plus un petit cahier
copie plus tardive). –
Maxime Aublay
, pièce inédite en 4 actes et en prose : béquets autographes à l’acte II (4 cahiers). – [
Le Ruffian
],
comédie en 3 actes et en vers (en collaboration avec R. Palefroi [pseudonyme de Paul Fournier], publiée chez Ollendorff, 1891) ; l’acte I
est presque entièrement autographe (4 cahiers). – Drame sans titre et inédit, en 4 actes et en prose, mettant en scène la famille Verdier,
le comte de Bussac, la marquise de Chantreuil : l’acte I se présente sous forme d’un manuscrit autographe et d’une copie avec corrections
autographes ; les actes II et III comportent d’importants fragments autographes ; l’acte IV est entièrement autographe (4 cahiers).
O
n
joint
l’édition originale de
Volte-face
(Paul Ollendorff, 1877) avec envoi « à Monsieur Eugène Labiche, son admirateur Emile
Guiard » (in-12, demi-chagrin bleu) ; plus une copie professionnelle avec d’abondantes corrections et nouvelles rédactions autographes
de R.
P
alefroi
[Paul
F
ournier
]
:
L’Athlète
, comédie en 1 acte et en vers [Odéon, 12 mai 1884] (74 p.).
217.
Sacha GUITRY
(1885-1957).
M
anuscrit
autographe,
L’Amérique
, [1941 ?] ; 3 pages in-4 en grande partie au crayon, avec
ratures et corrections.
300/400
R
éflexions
sur
l
’
hésitation
des
É
tats
-U
nis
à
s
’
engager
dans
la
guerre
.
« L’idée d’une Europe paisible, heureuse, et forte est une idée bien séduisante et de tout temps d’ailleurs elle fut préconisée par des
poètes ou par les hommes d’action quand ils sont un peu las. Comment n’en être pas séduit aux heures tragiques où nous vivons. […]
Nous comparer à l’Amérique est une assez mauvaise idée. L’Amérique est une colonie européenne (involontaire). Elle est en retard de 14
siècles sur l’Europe – et c’est ce qui fait qu’elle a l’air d’être en avance sur nous de 5 ou 600 ans. Elle est impersonnelle encore, malgré
les apparences [...] C’est un peuple composé d’Anglais mécontents, de Hollandais furieux, de Français excédés, d’Espagnols aventureux,
d’Italiens insatisfaits et d’Israélites errants. L’Amérique est une des plus grandes curiosités du monde. Ils ont si peu de style qu’ils ne
construisent jamais que des maisons modernes. […] Pouvons-nous comparer l’Europe à l’Amérique dont les États n’ont pas eu tant de
peine à s’unir puisqu’ils n’avaient eu l’occasion de rompre des traités de paix ? Ce qui causa l’inimitié entre deux peuples ce ne sont
point les guerres. Celles-ci font naître une estime réciproque entre les combattants. Ce qui crée de l’irréparable ce sont les paix boiteuses,
injustes. D’ailleurs les États d’Amérique se sont-ils unis ? Et pourraient-ils ne pas s’unir ? Ce qui a singulièrement facilité l’union c’est
leur état d’esprit : ils étaient mécontents de leur propre pays. Et tous ils s’unissaient
contre
l’Europe. Ce n’était pas une union
pour
,
c’était une union
contre
. [...] Et je comprends leur hésitation à venir se battre en Europe : ça ne doit pas être facile de rester
unis
lorsque
tant de pays qui furent jadis les leurs sont en guerre »…




