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90

219.

Maria Rosette

S

hapira

, dite Myriam HARRY

(1875-1958) romancière et voyageuse.

M

anuscrit

autographe signé

« Myriam Harry »,

En Terre d’Adonie,

L’Île de Rouad

, [1930] ; 10 pages in-fol. à l’encre violette avec ratures et corrections

(un coin déchiré au 1

er

feuillet sans toucher le texte).

300/400

C

hapitre

de

son

ouvrage

T

erre

d

’A

donis

. A

u

pays

des

M

aronites

et

des

D

ruses

(Paris, Flammarion, 1930),

récit

de

voyage

en

S

yrie

et

au

L

iban

. Alors qu’elle est reprise par la fièvre, on décide son retour direct à Beyrouth. Sur la route, longeant la côte, elle contemple

« la biblique Arvad » au coucher du soleil : « Tout est apothéose [...] L’île de Rouad n’est plus un noir rocher, elle flambe en citadelle

de rêve, elle navigue en nef de joie »… Aussitôt elle arrête le chauffeur et décide de se rendre sur l’île. C’est cette escapade imprévue

qu’elle raconte ici : la traversée en felouque, les chants, l’arrivée sur cette « île mystérieuse », si haute et si sombre, et le dîner chez le

Gouverneur, ancien rédacteur d’un journal d’Alger, qui lui raconte « l’histoire de l’île et son rôle joué pendant la Guerre Mondiale »,

qu’elle retranscrit… Au réveil, elle se découvre perchée « très haut dans les airs sur la terrasse d’une citadelle crénelée, d’où je domine

telle une mouette la mer circulaire et les montagnes libanaises ». À ses pieds, une multitude de petites maisons, les plages minuscules,

etc. Le gouverneur raconte comment, « seuls de toute la Syrie », les Arouadiens n’ont point accepté la domination romaine… « Ils sont

musulmans-sunnites, [...] et même assez fanatiques », et les femmes restent plus qu’ailleurs rigoureusement voilées ; une rue est même

réservée aux femmes… « Mais à coté de ces pudeurs islamiques, une étonnante licence payenne. A chaque instant les femmes sont

surprises, répudiées, repoussées ou échangées temporairement. […] On s’arrange à l’amiable, commercialement ». Les hommes ne sont

pas souvent là, en mer la plupart du temps ; l’hiver, ils rangent leurs bateaux et rentrent chez eux. « Alors ils n’ont qu’une occupation :

ils se marient. S’ils se sont déjà mariés, ils se remarient. S’ils ont atteint la limite permise de quatre femmes, ils en répudient une

ancienne pour prendre une nouvelle »…

220.

Pierre-Jules HETZEL

(1814-1886) éditeur et écrivain. L.A.S., Paris 4 juin 1848, à un ami ; 3 pages in-4, en-tête

Ministère

des Affaires étrangères.

200/300

L

ongue

et

intéressante

lettre à un ami

imprimeur

. Sa nomination comme chef de cabinet au ministère des Affaires étrangères, malgré

tout l’honneur et la satisfaction qu’elle représente pour lui, ne lui donne ni pouvoir ni avantages : « mes embarras de cœur, d’honneur,

les difficultés secrètes de ma vie en sont-elles diminuées ? Suis-je plus en mesure aujourd’hui de réparer le mal que je vous ai fait par

exemple [...] Non – eh bien alors me croyez-vous heureux ? Puis-je l’être [...] quand par moi souffrent des hommes que j’aime et que

j’honore comme vous. La politique, c’est un terrain sur lequel je ne resterai que jusqu’à ce que je trouve dans la reprise des affaires la

possibilité d’acquitter les engagements de mon passé – tant pis pour moi si j’ai imprudemment engagé ma vie »... Il explique les quatre

raisons qui l’ont poussé à accepter ce poste. Tout d’abord, les affaires ne pouvant reprendre, et ayant dépensé pendant les troubles tout

son capital pour sa famille, accepter ce poste lui permettait de subvenir à leurs besoins. « 2° Je reste à Paris – un poste à Paris me permet

de surveiller ma liquidation. – 3° Ce poste, qui ne durera qu’autant que le ministère de Bastide, n’engage pas mon avenir – et je serai

libre à coup sûr avant que les affaires n’ayent repris. – 4°

B

astide

est un des hommes que j’honore le plus au monde, c’est de lui à moi

une affaire de frère à frère. Nous sommes arrivés le 25 février ensemble au Ministère, nous avions été le 24 ensemble à la Chambre,

nous rentrerons ensemble dans la vie privée »... Il veut aider son ami et l’a recommandé à Bastide, ne voyant « qu’un homme capable

de mener l’Imprimerie royale. Il vous appuiera de toutes ses forces. Cela vous convient-il ? Le résultat n’est pas certain. [...] Cette place

de l’imprimerie royale on me la voulut donner. Je n’en veux pas. Je serai trop jeune [...] c’est une retraite, je ne fais que commencer »...

O

n

joint

2 l.a.s. de Mme L. de

M

allevoue

pour ses ouvrages

Ronson

(1871) et

Journal d’une mère pendant le siège de Paris

(1872)

publiés sous le pseudonyme de Marie Sebran ; et une l.a.s. d’Achille

M

agnier

(1898).

221.

Élisabeth-Françoise-Sophie de

L

a

L

ive

de

B

ellegarde

, comtesse d’HOUDETOT

(1730-1813) femme de lettres, amie

de Jean-Jacques Rousseau et Saint-Lambert. L.A., Sannois 4 mars, à la citoyenne

C

héron

; 3 pages in-8, adresse. 400/500

B

elle

lettre

de

conseils

à

une

jeune

femme

enceinte

. Elle approuve le sage et prudent parti d’une saignée : « elle vous donnera un des

plus vifs et des plus doux mouvement de la maternité vous alles sentir remuer votre enfant. Le premier avis que vous estes

deux

qui

vous annonce et vous affirme l’existence d’un estre chery est une des premières puissances et des plus vives de lamour maternel »... Elle

répond aux tendresses de la jeune femme en l’assurant que son bonheur à elle sera la consolation de sa vie, puis évoque son prochain

départ de Paris : « La repugnance de votre mary pour un lieu ou vous serés toujours desirée sera tempérée par vos plaisirs et vos succès,

et le repos de sa retraite sera embelli pour vous par le bonheur domestique d’un menage heureux : eh bien ouy ; achevés en paix votre

grossesse, ne vous fatigués pas et attendés bien pour votre route quelle ne soit plus penible »... Etc.

Reproduction page 89

222.

Victor HUGO

(1802-1885).

M

anuscrit

autographe, [

Sur la tombe de Louise Julien

, juillet 1853] ; 2 pages in-fol. de

papier bleuté remplies d’une très fine écriture avec ratures et corrections (petite déchirure marginale avec perte de quelques

lettres au début de 6 lignes).

6 000/8 000

A

ppel

prophétique

au

respect

des

droits

de

la

femme

.

B

rouillon

de

premier

jet

du

discours

prononcé

sur

la

tombe

de

L

ouise

J

ulien

au cimetière Saint-Jean de Jersey le 26 juillet 1853.

Publié en plaquette à Jersey (Imprimerie universelle, 1853) sous le titre

Discours de Victor Hugo sur la tombe de la citoyenne Louise Julien,

proscrite, morte à Jersey

, il a été recueilli dans

Actes et Paroles

, II

Pendant l’exil

. La feuille, pliée en quatre, est écrite de tous côtés et en

tous sens, en 7 parties numérotées, dont la succession sera en partie modifiée, biffées après mise au net, avec des esquisses biffées et des

reprises. Elle présente d’intéressantes

variantes

,

dont un long développement inédit supprimé.

Hugo y raconte le supplice de Louise

J

ulien

, femme du peuple, chansonnière, infirme, estropiée, vaillante républicaine, arrêtée à la

… / …