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les collections aristophil
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CAMPAN Jeanne Louise Genet, Madame
(1752-1822)
institutrice et pédagogue, elle dirigea la Maison d’éducation
de la Légion d’honneur d’Écouen.
6 L.A., 1816-1817, à Mlle Julie DUVIDAL [DE MONTFERRIER] ;
17 pages et demie in-4 ou in-8, quelques adresses (le bas de
la dernière lettre a été un peu rongé).
1 500 / 1 800 €
Belle correspondance à son ancienne élève, qui deviendra un
peintre de renom, et épousera Abel Hugo.
Mantes 7 novembre 1816
, elle lui conseille de porter son tableau
à Mme Voisin : « Elle remettra le tableau et M. Dubreuil qui est
l’exactitude même vous fera toucher la somme dans les 24 heures »…
Elle reçoit pour quelques jours la visite d’une jeune dame anglaise
qu’elle a élevée avec son mari, et elle serait heureuse de Julie et son
papa…
6 janvier 1817
. Elle est très alarmée de son silence : « vous ne
pouvés pas avoir cessé de m’aimer, non, vous ne le pouvés pas plus
que je ne puis cesser de m’intéresser à votre sort, à vos travaux, à
vos succès […] ne me laissés pas là, dans ma retraite que les fils de
l’amitié non rompus quoiqu’eloignés, me rendent seuls suportables »…
10 janvier
, elle la prie de l’excuser de ses étourderies et de ses
impertinences, ayant confondu Julie Duvidal avec Julie Bernelle…
Elle demande des précisions sur le « bonheur futur » promis par un
vieux parent, et recommande des comédies de Mme de GENLIS,
ainsi qu’un nouveau recueil de proverbes de CARMONTELLE…
[
Mars
], sous le sceau du secret : on s’occupe de former la maison
de Mme la duchesse d’ORLÉANS et l’éducation de ses enfants :
« Sous gouvernante ou Institutrice voilà… qui vous convient. Agissés
de suite, prenez bien le titre de mon éleve il ne vous nuira pas là. Vos
peintures, votre connoissance de la langue, votre piano dont il faut
avouer que vous avez négligé l’étude pour vous livrer à la peinture
mais que vous reprendrés – que votre papa voye ses anciens amis »…
8 mars
, elle s’inquiète de sa lettre « où je vous donnois l’avis que
l’on alloit former l’éducation des enfans du Duc d’Orléans, que l’on
m’avoit dit que M
e
de G… etoit encore en position de parler de talens
tels que les vôtres – que le pere de la femme de Casimir étoit un
ancien collegue de votre cher papa, qu’il falloit remuer ciel, terre,
pavés, gazon, et tâcher d’être attachée là »…
Au château de Barai 16
août
, il faut faire face au malheur avec dignité ; il y a du mérite « à
chercher des ressources dans le travail de ses mains, à soutenir sa
vertu par la religion, à nourrir son jugement par d’utiles lectures […].
Combats donc tes infortunes avec courrage chere amie, ne t’arretes
à rien de ce qui pourroit les alleger par des moyens indignes de toi,
tu n’en es pas capable mais en affoiblissant son courrage on peut
amollir son cœur et altérer les principes »… Il faut se garder de la
solitude du cloître : « vois la religion en grand, et ta religion catholique
telle qu’elle est, ce ne sont point des scapulaires, des coups de
discipline qui en sont le côté sublime »… Enfin elle lui « ordonne »
de recommencer son portrait…
On joint
la minute d’une lettre de recommandation pour Mlle Duvidal,
ancienne élève de l’institution d’Écouen, parente de l’Archi-Chancelier
[Cambacérès], fille d’un père qui s’est ruiné, dotée de qualités morales,
de talents de peintre, etc.




