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108

les collections aristophil

1172

CAMPAN Jeanne Louise Genet, Madame

(1752-1822)

institutrice et pédagogue, elle dirigea la Maison d’éducation

de la Légion d’honneur d’Écouen.

6 L.A., 1816-1817, à Mlle Julie DUVIDAL [DE MONTFERRIER] ;

17 pages et demie in-4 ou in-8, quelques adresses (le bas de

la dernière lettre a été un peu rongé).

1 500 / 1 800 €

Belle correspondance à son ancienne élève, qui deviendra un

peintre de renom, et épousera Abel Hugo.

Mantes 7 novembre 1816

, elle lui conseille de porter son tableau

à Mme Voisin : « Elle remettra le tableau et M. Dubreuil qui est

l’exactitude même vous fera toucher la somme dans les 24 heures »…

Elle reçoit pour quelques jours la visite d’une jeune dame anglaise

qu’elle a élevée avec son mari, et elle serait heureuse de Julie et son

papa…

6 janvier 1817

. Elle est très alarmée de son silence : « vous ne

pouvés pas avoir cessé de m’aimer, non, vous ne le pouvés pas plus

que je ne puis cesser de m’intéresser à votre sort, à vos travaux, à

vos succès […] ne me laissés pas là, dans ma retraite que les fils de

l’amitié non rompus quoiqu’eloignés, me rendent seuls suportables »…

10 janvier

, elle la prie de l’excuser de ses étourderies et de ses

impertinences, ayant confondu Julie Duvidal avec Julie Bernelle…

Elle demande des précisions sur le « bonheur futur » promis par un

vieux parent, et recommande des comédies de Mme de GENLIS,

ainsi qu’un nouveau recueil de proverbes de CARMONTELLE…

[

Mars

], sous le sceau du secret : on s’occupe de former la maison

de Mme la duchesse d’ORLÉANS et l’éducation de ses enfants :

« Sous gouvernante ou Institutrice voilà… qui vous convient. Agissés

de suite, prenez bien le titre de mon éleve il ne vous nuira pas là. Vos

peintures, votre connoissance de la langue, votre piano dont il faut

avouer que vous avez négligé l’étude pour vous livrer à la peinture

mais que vous reprendrés – que votre papa voye ses anciens amis »…

8 mars

, elle s’inquiète de sa lettre « où je vous donnois l’avis que

l’on alloit former l’éducation des enfans du Duc d’Orléans, que l’on

m’avoit dit que M

e

de G… etoit encore en position de parler de talens

tels que les vôtres – que le pere de la femme de Casimir étoit un

ancien collegue de votre cher papa, qu’il falloit remuer ciel, terre,

pavés, gazon, et tâcher d’être attachée là »…

Au château de Barai 16

août

, il faut faire face au malheur avec dignité ; il y a du mérite « à

chercher des ressources dans le travail de ses mains, à soutenir sa

vertu par la religion, à nourrir son jugement par d’utiles lectures […].

Combats donc tes infortunes avec courrage chere amie, ne t’arretes

à rien de ce qui pourroit les alleger par des moyens indignes de toi,

tu n’en es pas capable mais en affoiblissant son courrage on peut

amollir son cœur et altérer les principes »… Il faut se garder de la

solitude du cloître : « vois la religion en grand, et ta religion catholique

telle qu’elle est, ce ne sont point des scapulaires, des coups de

discipline qui en sont le côté sublime »… Enfin elle lui « ordonne »

de recommencer son portrait…

On joint

la minute d’une lettre de recommandation pour Mlle Duvidal,

ancienne élève de l’institution d’Écouen, parente de l’Archi-Chancelier

[Cambacérès], fille d’un père qui s’est ruiné, dotée de qualités morales,

de talents de peintre, etc.