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109

histoire

1173

CHAILLE-LONG Charles

(1842-1917)

officier américain, il servit dans l’armée égyptienne, explora

l’Uganda et le bassin du Nil, puis devint avocat et fut consul

général en Corée.

MANUSCRIT autographe signé « Ch

s

Chaillé-Long » d’une

lettre à l’éditeur du journal londonien

The Standard

, 1

er

décembre 1890 ; 5 pages in-4 ; en anglais.

400 / 500 €

Réponse de l’explorateur aux attaques de Henry M. STANLEY.

A la suite d’erreurs à son sujet dans un numéro du

Matin

, reproduites

dans

The Standard

, la victime des « prétentions vulgaires et ridicules »

de H.M. STANLEY adresse à l’éditeur londonien des remarques

rectificatives. Ancien chef d’état-major du général GORDON dans le

Soudan, il cite une lettre du général au

New York Herald

et à la Royal

Geographical Society rappelant les découvertes que Chaillé-Long

fit, en 1874, « au péril de sa vie ». Il se demande pourquoi on n’a pas

accordé à ces faits l’importance qu’ils méritaient ; les prétentions de

Stanley ont prévalu chez le grand public, mais non chez les sociétés

scientifiques qui ont trouvé ses écrits « sensationnels et suspects »…

Il cite avec indignation une déclaration vantarde de ce « piéton

lourdaud », qui a sur les mains le sang d’innombrables sauvages

sans défense… Puis il donne un extrait d’une lettre de Sir Richard

BURTON, qui estime que Chaillé-Long ne sera jamais reconnu pour

sa part dans la solution du mystère du Nil : il a contre lui la jalousie

du colonel GRANT, l’ignorance du public anglais, et le vœu de la

Royal Geographical Society de ne pas troubler l’Afrique… Il rappelle

enfin le rôle primordial qu’il joua en 1882, lors du bombardement, la

destruction et l’occupation d’Alexandrie…

On joint

2 L.A.S. en français, Paris et Marseille 1890 (5 p. in-8), à un

consul et à M. Hippeau.

1174

CHATEAUBRIAND François-René de

(1768-1848)

écrivain et homme politique.

L.A.S. « Chateaubriand », Paris 30 juin 1824 ; 1 page et demie

in-4 (petite fente au pli réparée).

1 000 / 1 500 €

Importante lettre quelques jours après son éviction du poste de

ministre des Affaires étrangères.

Il reconnaît « votre ancienne bienveillance pour moi dans la lettre

que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire. Je suis entré dans les

affaires sans plaisir et j’en suis sorti avec joie. On m’a bien servi en

croyant me nuire. Je ne crois pas que ce qui existe aujourd’hui dure

longtemps, mais je n’ai nulle envie d’hériter de ceux qui se sont fait

bien gratuitement et bien maladroitement mes ennemis. Croyez,

Monsieur, à mon sincère dévouement ; je serai toujours charmé de

vous voir toutes les fois que vous voudrez bien vous donner la peine

de passer chez moi »…

[En 1823, Chateaubriand s’était vu confié le portefeuille des Affaires

étrangères en pleine invasion de l’Espagne révolutionnaire.

En désaccord avec Villèle, chef du gouvernement, et critiquant

ouvertement la politique de ce dernier, il est sèchement congédié

de son poste le 6 juin 1824. De cet épisode, Chateaubriand confiera

dans ses

Mémoires d’outre-tombe

: « Et pourtant qu’avais-je fait ? Où

étaient mes intrigues et mon ambition ? Avais-je désiré la place de

Monsieur de Villèle en allant seul et caché me promener au fond du

Bois de Boulogne ? J’avais la simplicité de rester tel que le ciel m’avait

fait, et, parce que je n’avais envie de rien, on crut que je voulais tout.

Aujourd’hui, je conçois très bien que ma vie à part était une grande

faute. Comment ! Vous ne voulez rien être ! Allez-vous en ! Nous ne

voulons pas qu’un homme méprise ce que nous adorons, et qu’il se

croie en droit d’insulter la médiocrité de notre vie ».]

1174