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rien lu qui me plaise autant. C’est d’un art accompli. Il ne me paraît pas que Jouhandeau ait jamais rien écrit de meilleur, ni
même d’aussi significatif. Et pourtant combien me plaisaient déjà ses
Veronica
! Je ne pense pas qu’il ait, ici ni là, rien inventé.
Mais ce reflet ému d’une réalité particulière lui demeure étrangement personnel, et ce don de sympathie que je ne retrouve que
dans les âmes les plus exquises, révélateur à la fois de l’âme qu’il reflète et de lui-même »…
Samedi [fin 1931]
. Plongé dans le
manuscrit [de
M. Godeau marié
], « je vous rejoins à de terribles profondeurs. […] On ne peut vous aimer que passionnément.
Vous m’entraînez dans des régions que je ne croyais pas accessibles. Je ne crois pas avoir jamais rien lu de plus audacieux que
votre livre, de plus cyniquement pur, de plus indiscrètement révélateur »…
1
er
mars 1932
: « Merci pour l’
Éloge de l’imprudence
– que j’avais déjà lu – mais relis avec mieux que du plaisir »…
3 novembre 1932
. « Je reviens de Berlin – où j’ai beaucoup
parlé de vous au sujet de traductions éventuelles »…
Wiesbaden 1
er
février 1933
. « Les inquiétantes nouvelles de René Crevel
m’assombrissent. Je l’aime bien, malgré le coup de dent inattendu qu’il a cru devoir me donner, au moment de l’affaire Aragon
– et qu’il a, je crois, regretté par la suite. – De retour à Paris, je m’informerai du sort de son livre ; (je doute que la N.R.F.
l’ait accepté). Mais ne lui dites pas que vous m’avez communiqué sa lettre ; il ne
me
le pardonnerait pas ! »…
24 mars 1933
.
« Désolé de n’avoir pas reconnu Crevel, l’autre soir. Lui ai écrit hier »…
Roquebrune-Cap Martin 14 avril 1933
. « Avez-vous
eu connaissance d’un important article de Havelok-Ellis sur vous, paru dans
Life and Letters
– qui, ici, a rempli de joie mes amis
qui depuis longtemps comptent parmi vos plus chauds admirateurs »…
Lausanne 26 novembre 1933
, souvenir au dos d’une
carte postale.
Paris 18 juin 1938
. « Je suis rentré hier soir de Hollande – où j’ai reçu votre exquise et tendre lettre, qui m’a donné
grand désir de vous revoir »… Invitation à déjeuner…
On joint un ex. de Marcel Jouhandeau,
Correspondance avec André Gide
(Paris, Marcel Sautier, 1958 ; in-12), tirage à
550 ex., un des 500 sur vélin de papeteries Lana (n° 112), broché, non coupé.
45.
André GIDE
. L.A.S., 3 mai 1933, à un directeur de théâtre ; 1 page in-4.
150/180
Il accorde « l’autorisation que vous me demandez, de porter mon
Enfant Prodigue
sur la scène. Mais de quelle scène s’agit-il
ici ? Et de quels acteurs ? Et de quel public ?... Je crains que votre zèle ne vous entraîne à une tentative bien imprudente, dont
vous risquez de vous repentir et qui ne tourne à l’encontre de ce que vous pouvez souhaiter, indisposant une assistance à la fois
contre vous et contre moi. Cet
Enfant Prodigue
peut être un effroyable coup de barbe, si pas excellemment présenté et joué »...
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