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* Carnet 1, tenu depuis décembre 1944, et « terminé le 1
er
mars 1945 » (126 p.). « Je me suis appliqué cinquante ans à faire de
mon âme “un diamant” que rien ne puisse entamer. Le moment est venu d’en éprouver la durée, peut-être l’éclat ». « Avec Élise,
du haut et du bas, de très haut à très bas. Jamais encore il ne lui était arrivé de m’humilier comme vendredi devant quelqu’un
d’autre. Maintenant c’est fait. Bien sûr pour aussitôt me ramasser où elle m’a jeté et m’embrasser et m’obliger à l’embrasser
avec une sorte de passion désespérée »…
* Carnet tenu du 1
er
avril au 11 mai 1945 (64 p.). Notes grammaticales, comptes, numéros de téléphone, idées de titres…
Brouillon de lettre à Jean : « Tu as des vices. Tu n’as pas de besoins. Un vice respecté, s’il est dévorant, peut servir non seulement
à l’équilibre de l’être, mais le conduire même à une sorte de détachement »... « Voilà le vrai, le seul théâtre de l’apparence et du
mensonge : une ou deux fois je m’y suis senti poussé par une main qui ressemblait à celle de la curiosité, mais pas une seconde
je n’y fus dupe »...
* Carnet 5, du 23 août au 7 septembre 1945 (89 p.). « Au fond rien ne m’invite ni m’incite [...] à dire et à écrire tout bonne.
des incongruités comme un sérieux de pacotille, mon tempérament ayant beaucoup plus d’affinités avec celui d’un truand que
d’une mijaurée de n’importe quel sexe et ma main beaucoup plus d’aptitude au fond à lancer la bombe atomique [...] qu’à jouer
au bilboquet »... « Simple mouvement de l’âme. Inutile de se demander si ta barbe aura son influence et tout de suite sur ton
style. C’est en signe de deuil que je l’ai laissé croître, comme on se voile, pour ne pas voir la stupeur s’installer sur mon visage,
la stupeur de la mort, le reflet blême de la rive maudite. Non, je n’ai pas aimé la mort »... « Des rêves étranges cette nuit : le plus
étonnant. J’étais le complice d’un cambriolage qu’un monstre devait réaliser un préjudice de mes parents. Mais comment ce
pacte avait-il été conclu ? Je revois la tête du cambrioleur et la nuit, j’entends respirer mon père et ma mère dans leur chambre,
pendant qu’on force les serrures. Plus tard j’étais employé dans un grand magasin », etc.
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