28
62.
Pierre-Jean JOUVE
(1887-1976). L.A.S., 14 juillet 1966, [à Gaston Palewski] ; 1 page in-4.
80/100
« Connaissant votre fidélité si ancienne, je tiens à vous exprimer mes félicitations pour le haut grade dans la Légion d’Honneur
qui vous est accordé. Je me souviens de votre présence, qui avait bien voulu enrichir ma réception, par Louis Joxe, cet hiver »…
63.
Moïse KISLING
(1891-1953). L.A.S., Brigneau en Moëlan (Finistère) 19 août 1919, à un ami ; 1 page in-4.
150/200
Amusante lettre de Bretagne. « Mon vieux, Alors quoi ! Tu grilles ? Que deviens-tu ? Que fais-tu ? Toujours mal avec tout
le monde ? ». Il lui demande de ses nouvelles, ainsi que de sa femme. « Quant à moi tout va bien, je bois du cidre qui me fait
mal au ventre. Teserre bienlamain »...
64.
KLECKSOGRAPHIE
. Carnet d’environ 85 signatures-taches, 25 janvier 1910-4 août 1918 ; en français et
allemand ; carnet in-12 dans une reliure de réemploi box fauve avec ornements dorés sur le plat sup. (usagée, en
partie décollée).
100/150
Curieux petit volume de klecksographies, taches-dessins obtenues par pliage des signatures à l’encre, toutes datées de 1910
à 1918, souvent de plusieurs membres d’une même famille : Briquet, Imhoof-Blumer, Villinger, Baronin Stein, Barblan, Borel,
Scott, Stouvenel, Lachenal, Wenninger, etc.
65.
Alphonse de LAMARTINE
(1790-1869). L.A.S., à 5 heures, à son ami Eugène de Genoude ; ¾ page in-8,
adresse.
100/120
« Je devois être ce matin chez vous avec Vignet à 7 heures. Mais j’ai été pris d’un accès de fièvre si fort que je n’ai pu quitter le
lit qu’à présent. Cela va mieux. Nous irons demain matin ! Quelles heures vous passez ! Elles pèsent toutes sur nous-même »…
On joint une l.a.s. d’Émile Littré à son cher Montègre, Paris 11 novembre 1851, à propos de
Conservation, révolution et
positivisme
.
66.
Félicité de LAMENNAIS
(1782-1854). L.A.S. « F. M. », La Chenaie 16 mars [1822, à son « bon ami » le baron de
Vitrolles] ; 2 pages et demie in-8.
150/200
Il était loin de soupçonner son ami si malade. « Je ne serai rassuré qu’en voyant de votre écriture ». Il lui conseille de ménager
sa convalescence : les rechutes sont dangereuses. « Un peu de campagne au printemps seroit, je crois, un excellent remède »,
et il aimerait qu’il le rejoigne à La Chenaie : « Nous causerions, nous nous promènerions à pied, à cheval, selon votre gré.
Nous ferions de la politique et de la philosophie, en toute joie et toute liberté, si toutefois joie et politique sont deux choses
qui puissent s’allier aujourd’hui. L’avenir me paraît extrêmement sombre, et c’est pourquoi je ne veux pas m’y jeter. Ce seroit
comme une seconde maladie qui vous surviendroit. On parle ici d’élections prochaines. On vouloit me nommer, j’ai déclaré
que ma résolution étoit prise de ne point accepter. Il faudroit que je fusse terriblement fou pour me jeter dans ce guêpier des
chambres. Je n’aurois été cette année presque jamais de l’avis de personne. C’est une position qui n’est pas tenable, quand on est
privé de l’avantage de pouvoir faire un parti à soi seul, comme M. Fiévée »… Il lui souhaite une bonne convalescence : « croyez
que personne ne vous aime plus tendrement que l’hermite de La Chenaie ».
67.
Félicité de LAMENNAIS
. L.A.S., La Chênaie 6 août 1830, au marquis de Coriolis d’Espinousse ; 3 pages in-8,
adresse.
250/300
Vœux pour l’avenir de la France. Le changement de régime s’est « passé fort tranquillement, et, sauf la couleur du drapeau,
on ne dirait pas qu’il y eût rien de changé. [...] « Les vaincus ont, de toute manière, mérité leur défaite, et cette défaite est sans
retour. Il est à désirer que cette conviction devienne universelle, car de fausses espérances pourroient produire des maux infinis.
Chacun doit aujourd’hui chercher sa sûreté dans la sûreté de tous, c’est-à-dire dans une liberté commune. La liberté c’est le droit
et la faculté de se défendre contre toute volonté arbitraire et oppressive. Il est à souhaiter ardemment que ce principe prévale
dans le gouvernement qu’on va nous donner, sans quoi nous tomberons sous un despotisme qui sera d’autant plus violent que
sa puissance réelle sera plus foible. Il est évident que les vainqueurs sont déjà divisés entre eux. Au fond de leur âme, les uns
voudroient la république pure et simple, les autres quelque chose de semblable au despotisme de Bonaparte. Si ces derniers
obtiennent quelques importantes concessions, la guerre commencera le lendemain, et l’on se poussera mutuellement, comme
autrefois en Angleterre, à des persécutions, et peut-être à des proscriptions. Quiconque est capable de prévoyance, doit donc
désirer que la lutte entre ces deux partis soit rendue impossible par un mode d’institutions qui fasse du prétendu roi qu’on va
présenter à la nation un simple mannequin. Alors tous ceux, quels qu’ils soient, qui auront des intérêts communs, pourront et
devront, s’ils ont quelque courage et quelque sagesse, s’organiser sans arrière-vues, publiquement et légalement pour la défense
de ces intérêts. [...] L’homme ferme et qui ne se laisse point dominer par des illusions, ne s’abandonne jamais lui-même. Il
tourne le dos au passé, et marche la tête haute vers l’avenir pour y prendre sa place »...
68.
Félicité de LAMENNAIS
. 2 L.A.S. ; 1 pages in-12 avec adresse, 1 page in-8.
100/120
17 mai
, à M. Duperrier : « Je ne puis disposer d’un seul moment »…
Mardi, midi
, à un ami. Son billet d’hier lui a fait bien
plaisir et l’a rassuré sur « la santé de votre pauvre petit cher enfant ». Il n’a aucun projet de sortie, « aussi vous êtes certain de
ma trouver à l’heure qui vous conviendra le mieux ainsi qu’à M. l’abbé Cabanès »… On joint 1 L.A.S. à lui adressée, 25 juillet
1833, par l’abbé Nicolas « chapelain de l’hospice Bonsecours », envoi de son ouvrage
De la raison et de l’autorité en matière de
philosophie
, « hommage que je vous devois à plus d’un titre », lui témoignant son admiration, son amitié, son dévouement…
Plus un manuscrit :
Livre IV, De la Société temporelle
(33 p. in-4, pag. 215-248).




