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53.

Abel HERMANT

(1862-1950). Manuscrit autographe signé,

Montaigne

, [1944] ; 3 pages in-4, avec ratures et

corrections.

200/300

Pour

De Jeanne d’Arc à Philippe Pétain, c’est-à-dire 500 ans de l’Histoire de France

, recueil collectif conçu et commenté

par Sacha Guitry (1944). Hermant avoue sa jalousie de Pascal, qui a aimé Montaigne avant lui, quoiqu’en s’en défendant ; il

conteste certains des propos pascaliens. Puis il raconte sa visite du château de Montaigne, et en particulier de sa « librairie », où

il contempla les murs ornés d’inscriptions en grec ou latin. En partant, il mit sur le livre d’or « une phrase de lui que j’admire

particulièrement, parce qu’elle est la devise du vrai courage, du courage qui ne brave pas, et qui demeure soumis au contrôle de

la raison : “Je suivrai le bon parti jusqu’au feu, mais exclusivement si je puis” »…

54.

Victor HUGO

(1802-1885). P.A.S. en marge d’un lettre, [décembre 1881] ; sur 1 page in-4, en-tête

Sénat. Questure

,

cachets encre.

150/200

En marge d’une demande de poste de contrôleur à l’Opéra, de la part de J. Brault, « attaché au Sénat », Hugo écrit : « Je

recommande cette demande très digne d’intérêt Victor Hugo ».

55.

Max JACOB

(1876-1944). L.A.S., Saint-Benoît-sur-Loire 21 janvier 1940, au poète Paul Dermée

; 1 page in-4.

200/300

« J’ai du t’écrire une dizaine de fois pour une dizaine de livres et te dire chaque fois une admiration très réelle… Tu connais

tes mérites mieux que moi ou aussi bien. D’ailleurs je ne sais plus écrire aux Poètes… C’est bien ou ce n’est pas bien… Toi

évidemment c’est bien… ne fut ce que par ta langue qui est placée, ta fantaisie qui est illimitée et même davantage. J’aime

particulièrement la

Baie du Jugement

ce paradis des vieux bateaux. Tu aurais pu en tirer partie ou parti ou parties en une longue

histoire dans le genre du

Vieux Marin

de Coleridge. C’est dom mage ! J’ai aimé particulièrement aussi le Feuilleton. Je suis

un peu fatigué de la poësie la plume à la main, celle de mes amis me rajeunit, la tienne surtout. […] Y aurait-il les poètes du

dimanche comme il y a les peintres du dimanche (ceux-ci furent les meilleurs au XX

e

siècle).

»

56.

Francis JAMMES

(1868-1938). L.A.S., Hasparren 19 septembre 1922, à un confrère ; 1 page in-4.

150/200

« Je suppose que, parmi les

trop

nombreuses coupures que l’

Argus

me communique, s’est égaré l’article de vous, paru dans

Comœdia

, et dans lequel, à l’encontre de bien des journalistes, vous avez la gentillesse de comprendre que l’on puisse refuser la

croix. Je vous remercie de tout mon cœur »…

57.

Francis JAMMES

. L.A.S., Hasparren 6 août 1930, à Jeanne René Chauvet à Vichy

; 3 pages in-4, enveloppe.

150/200

Au sujet d’une pièce de théâtre sur Gilles de Rais dont elle lui a soumis le manuscrit. Jeanne Chauvet (1902-1998) était

la femme du militant socialiste René Chauvet, maire de Nahuja (Pyrénées-Orientales) de 1968 à 1983. La pièce ne semble pas

avoir été publiée ni représentée.

Il a lu son drame « sur Gilles de Rais dont la chronique a excité tant d’imaginations, suscité la légende que tu sais, inspiré

aussi Huysmans et autres dépouilleurs de grimoires. Il est certain que tu fais ressortir avec beaucoup de brio cette étrange

destinée dont il semble que tu atténues ou du moins diminues les crimes sataniques. Il me semble, en effet, avoir lu qu’ils

passèrent en nombre, cinq cents. Le procès fut l’un des plus solennels et effrayants du Moyen-Age. Et il me semble que parce

que ce héros de l’infernal abîme fut le compagnon de Jeanne d’Arc, en effet, Satan a voulu dresser en face du procès de Rouen

d’autres assises qui lui fissent pendant en horreur. Ce décor, tant soit peu wagnérien, que tu dresses autour de cette chronique

en corrige un peu la crudité, réagit contre tant de sadisme – que tu ne fais d’ailleurs que dénoncer, dénombrer – et ton idée

de rédemption est apaisante comme elle l’est dans Faust en proie à Méphistophélès. Je ne pense pas que ce drame puisse être

représenté car l’imagination y court si vite que la réalisation scénique ne la suivrait pas »…

58.

Sainte JEANNE DE CHANTAL

(1572-1641) Jeanne-Françoise Frémyot épouse de Christophe de Rabutin, baron

de Chantal (1563-1601) ; veuve, elle fonda, avec Saint François de Sales, l’Ordre de laVisitation. L.A.S. « Fremyot »,

Monthelon 16 avril 1608, à Françoise de Sionnaz, Mme de Boisy ; 1 page in-fol., adresse avec petits cachets de cire

rouge aux armes (petit manque à un bord par bris de cachet enlevant quelques fins de lignes, sous verre).

2 000/2 500

Belle lettre à la mère de Saint François de Sales, relative aux fiançailles de sa fille Marie-Aymée de Rabutin-

Chantal, avec le fils de sa correspondante Bernard de Sales (1582-1616, frère de François de Sales). [Le mariage aura lieu

le 13 octobre 1609.]

« Madame ma tres bonne mere Voila messieurs nos grans peres quy parlle lesquels par la grase de dieu ont un grand

santiment et desir de lhonneur de nostre allianse et bien ma chere mere ne voilla pas anvostre desir et omien une assurance

sy assuree quy ny a plus rien aregarder. Par la grase de nostre bondieu que me reste ty afaire pour maintenant ma chere mere

sinon prier dieu quil nous rende seitte fille toute agreable toute belle et vertueuse et digne dun sy grand honneur que celuy

dentrer an vostre benite maison estre seur dhommes si precieus o quel bonheur je ne me veus point laiser aller aus santimens

de ce contantement je suplie se grand die[u] que seite œuvre soit a sa gloire […] et repos de nos anfans »…