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Les chefs de gare sont des officiers anglais mais ils sont assistés d’un ou plusieurs officiers étrangers, et la police est faite par
les troupes de toutes les puissances [...]. C’est à Tien Tsin que sont centralisés tous les services militaires internationaux. Le
gouvernement provisoire y réside. Les troupes se retirent lentement de Pékin », toujours occupé militairement : « Le Palais
d’hiver a été restitué, mais les Américains en gardent la porte. Au Palais d’été les Anglais montent la garde à l’entrée des
bâtiments merveilleusement pillés par les Italiens. On reconstruit les légations démolies et on répare la cathédrale. Elle a été
littéralement criblée d’obus et de shrapnells [...]. Dans quelques jours il ne restera plus à Pékin comme troupes françaises
qu’un bataillon, spécialement chargé de protéger la légation. La Cour annonce son retour pour le mois d’octobre [...]. Il n’est
pas prudent de se promener sans escorte aux environs de Pékin »... Le voyage et les observations se poursuivent en Chine, à
Chin-Van-Tao (septembre 1901), où chaque puissance a sa légation : « il faut empêcher les Anglais de monopoliser la ligne
d’esxploitation des mines et la Russie de marcher en avant » ; à Wei-Hai-Wei ; puis à Tchefou.
L’Entrecasteaux
s’éloigne un
temps de la Chine, et se rend au Japon : au passage de Macao, la radio est installée à bord. Arrivée à Nagasaki, puis Yokohama et
Hiroshima : observations sur le Japon et la politique japonaise à l’égard des flottes étrangères... Fin novembre, retour en Chine,
bien que « La passe de Hong-Kong n’est pas praticable pour l’Entrecasteaux ». En décembre et janvier 1902 : Hong-Kong,
détroit d’Hainan, Baie d’Along (visite des mines d’Hong-Hai) puis Saïgon, Tourane, les Côtes d’Annam. Arrivée à Kouang-
Tchéou fin mars (description du port), puis retour à Hong-Kong, mouillages à Woosang et à Nankin, défendu par les batteries
du Yanng-Tsé-Kiang ; Wusung, etc.
343.
Léo MATARASSO
(1911-1998) avocat. Ensemble de 38 lettres, cartes, pièces manuscrits et dessins, la plupart
autographes, de Léo Matarasso, de sa femme née Blanche Poirier-Bottreau, ou à eux adressés.
100/150
Dr Lucien Bonnafé (2), J.M. de Fourchambault (9), Jean Marcenac, Blanche Matarasso (6, à Léo, plus un télégramme), Léo
Matarasso (6, dont dessins et poèmes), etc. Plus des dessins, des photos, etc.
344.
Giuseppe MAZZINI
(1805-1872) patriote et révolutionnaire italien. L.A.S. « Joseph », 29 septembre [1848 ?], à
Stanislas Worcell, à Paris ; 3 pages in-12, adresse.
800/900
Belle lettre au réfugié et révolutionnaire polonais, membre du comité central de la Société démocratique polonaise et
de la délégation polonaise auprès du Gouvernement provisoire français de 1848, rédacteur, avec Mazzini et d’autres, du
Proscrit,
journal de la République universelle
, publiée à Londres et Paris en 1850.
« Il
nous faut
nous entendre. Il est douloureux que dans notre malheureuse insurrection, la Pologne n’ait été représentée
que par des Polonais [...] appartenant à la nuance Towinzki ; et préparés à se déclarer étrangers à nos dissentiments politiques, ce
qui revient à dire : nous suivons les Princes. Je travaille de toutes mes forces à une seconde initiative : initiative du peuple et non
du roi : initiative qui, si elle a lieu, nous appartiendra tout entière. La Pologne démocratique n’y sera-t-elle pas représentée ?
Si nous n’avions pas à soutenir, avec des efforts inouïs, une émigration tout entière, ou si vous aviez de l’argent, je vous dirais :
“envoyez ne fût-ce qu’une cinquantaine de Polonais ici, par quelque point de la Suisse, de manière à ce qu’ils puissent entrer
avec nous quand nous entrerons.” Mais je ne le puis pas. Tâchez donc au moins de tenir prêt un certain nombre d’hommes sûrs,
pour qu’ils puissent au moins nous rejoindre aussitôt que nous serons sur quelque point de notre territoire. Il y a, à Vercelli,
avec l’armée piémontaise, un noyau de Polonais qui, mus par l’exemple, rejoindrait peut-être alors nos rangs. Ça fait pitié que
de voir des Polonais servir Ch. Albert après la capitulation de Milan ! Dites-moi où vous en êtes avec le pays. Et dites-moi où
vous en êtes avec le Gouv. Français. Avez-vous des fonds ? À Venise et ici l’émigration démocratique paraît bien placée. Écrivez-
moi ; je suis accablé de travail ; mais je vous tiendrai au courant. [...] J’ai été bien malheureux depuis que j’ai quitté Londres ;
mais, je suis toujours le même »...
Reproduit page précédente
345.
MEXIQUE. Auguste-André-Marie JAMIN DU FRESNAY
(† 1870) colonel du 8
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chasseurs à cheval, tué à la
tête de son régiment à la bataille de Beaumont. L.A.S., Cholula 19-20 mai 1863, à son cher Castannier ; 4 pages in-8
remplies d’une petite écriture serrée sur papier bleu.
500/700
Belle lettre sur la prise de Puebla, au Mexique. Depuis l’affaire de San-Andrès, de plus glorieux combats ont été livrés
par la cavalerie, et lui-même a été récompensé en étant nommé lieutenant-colonel au 4
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Hussards, faisant les fonctions de
commandant de place de Cholula. « Nous venons d’avoir une grande diversion, Puebla est à nous. Après une longue résistance
nous en sommes venus à bout [...]. Depuis quelques semaines on avait resserré d’avantage l’investissement et à mesure que
la détresse de la ville nous était plus démontrée la surveillance devenait plus active. L’armée de Comonfort fesait des efforts
pour ravitailler la place et cette dernière cherchait à la seconder. Mais de part et d’autre ils ne purent réussir à percer la ligne.
Le lendemain du jour où j’ai remis mon commandement à mon remplaçant de Foucault [...], de la cavalerie et de l’infanterie
cherchèrent à passer ; le 6
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Escadron fort de 70 chevaux se rua sur cette force sans attendre du secours, il réussit bien à la
repousser mais cela lui couta cher »... Foucault fut tué, Montorby blessé à la main, de James a 9 blessures, etc. Quelques jours
plus tard, « on apprit que Comonfort était à quelques lieues en arrière de nous avec du canon et des approvisionnements, une
colonne fut dirigée sur lui par le général Bazaine, qui partit du camp à 1 heure du matin et surprit l’ennemi à San-Lorenzo.
Comonfort essuya une grande défaite qui le dégoutera de longtemps de s’approcher de nous. Ces deux affaires, la certitude
de ne pas être secourus, le manque de vivres et de munitions, la pression des habitants et des soldats qui n’en voulaient plus,
décidèrent les chefs à traiter »... Enfin le matin du 19 Ortega fit briser les fusils, enclouer les canons, noyer les poudres et ouvrir
les portes : la place se rendit, « la majeure partie des chefs sont tombés entre nos mains, Negrette et quelques autres [...] se




