111
sont dérobés. Les officiers sont tous prisonniers et sont mécontents et furieux ; ils insultent ceux de nos alliés. Aujourd’hui à
10 heures le général en chef a fait son entrée triomphale, a entendu un Te Deum à la cathédrale et s’est installé en ville. J’espère
et je pense que ce ne sera pas pour longtemps. Il nous faut aller promptement sur Mexico, qui ne saurait nous opposer une
résistance vive »... Il y aura des difficultés pour former un gouvernement après la guerre, puisqu’on ne veut pas traiter avec
Juarez. « Les partis ici se valent, ils veulent la puissance pour avoir de l’argent, cependant il paraît que les officiers prisonniers
sont bien et fraternisent avec les autres »...
346.
Ludovic NAUDEAU
(1872-1949) journaliste et écrivain, il fut capturé par les Japonais pendant la guerre russo-
japonaise. Manuscrit autographe signé,
Sensations de bataille. Le 30 août à Liao Yang
, [1904] ; 50 pages in-4,
cachet encre russe.
600/800
Récit du correspondant de guerre du
J
ournal
, narration détaillée et développée des combats ; le manuscrit présente
de nombreuses additions et corrections. Un sous-titre raturé témoigne de l’intention primitive de conduire le récit jusqu’au
3 septembre (le 4, les Japonais entrèrent à Liao Yang). Naudeau relate l’imminence de « la grande bataille », « l’épouvantable
fracas », l’étendue du feu dans le paysage montagneux... « On eût dit que d’énormes boules de fer dégringolassent un fabuleux
escalier de bronze et que les allées se fendissent avec des cris de gouffres, de hurlements d’abîmes, libérant les gaz détonnants
les feux souterrains qui couvent dans les fournaises intérieures de la terre cependant que l’éclatement de plus en plus drue des
shrapnels faisait songer à une chute d’aérolithes à une tombée de bolides et de pierres volcaniques »... Il fait part de rumeurs de la
stratégie des belligérants, précise ses propres mouvements, parle des différents acteurs de la bataille : les généraux Kouropatkine
et Stakelberg, les soldats, les blessés, les chirurgiens, les conducteurs, les sapeurs, enfin les réservistes qui montent en ligne…
« Les fantassins disparurent s’engloutirent dans la plaine sombre, dans les abîmes de la nuit. Beaucoup d’entre eux, à cette
heure, avaient déjà vu pour la dernière fois la lumière du jour et ils entraient, l’arme au bras, dans l’éternité »...
347.
NOUVELLES À LA MAIN
. 2 manuscrits, Paris 1772-1773, adressés à M. Boudet, directeur de poste à Caussade
en Quercy ; 1 page in-4 chaque, adresses (qqs petits défauts).
100/150
10 mars 1772
. La famille royale se porte bien ; missions du comte de la Marche à la Chambre des Comptes ; on arme
2 frégates à Toulon pour le Levant ; mort de Bignon, prévôt des marchands.
27 février 1773
. Mort du roi de Sardaigne (Charles-
Emmanuel III de Savoie) ; le roi prendra le deuil et il y aura un catafalque à Notre-Dame ; la guerre parait sûre contre la Suède
et les Russes n’arrivent pas à signer la paix avec les Turcs.
348.
Nicolas ORLOFF
(1827-1885) diplomate russe, défenseur des idées libérales en Russie. L.A.S., Paris 24 décembre
1874, à une « chère et bonne Comtesse » ; 4 pages in-8 à son chiffre couronné (deuil).
100/150
Que la comtesse se rassure : « Aucun grand personnage n’a conspiré […] Quelques étudiants ont fait du bruit à l’École de
médecine de Petersbourg. Ils furent arrêtés et quelques fonctionnaires zélés y joignirent quelques arrestations de gamins de
province. L’Empereur, dès son retour dans la capitale, a fait relâcher les jeunes écervelés qui ont repris leurs études. Voilà la
vérité même »…
349.
Louis PASTEUR
(1822-1895). L.A.S., Paris 30 juin 1876, au baron Oscar de Watteville, chef du Bureau des
bibliothèques au ministère de l’Instruction publique et des Beaux-arts ; 1 page in-8, enveloppe.
600/800
« J’ai l’honneur de vous informer que le
prix fort
de mon ouvrage [Études sur la bière] est de 20 francs et son
prix net
de
16 fr. »...
350.
Siège de PENSACOLA
. P.S. par Paul Guy de Gimel, lieutenant en premier au second Bataillon du Régiment de
Metz détaché à Saint-Domingue, avec P.A.S. du chevalier de Gimel, lieutenant-colonel du régiment, et du vicomte
de Botdéru, capitaine de vaisseau, 15 juillet 1781 ; 1 page et quart in-fol. (petite déchir. réparée).
300/400
Mémoire pour la croix de Saint-Louis pour Paul Guy de Gimel, ancien élève de l’école d’artillerie d’Auxonne, qui « s’est
embarqué le 2 octobre 1780 avec 50 hommes du Corps Royal sur le vaisseau du Roy
L’Intrépide
de l’escadre de monsieur le ch
er
de Monteil, où après plusieurs croisieres s’est trouvé au siege de Pensacole sous les ordres de monsieur le vicomte de Botderu
capitaine de vaisseaux y commandant les troupes françaises de l’armée combinée commandée par monsieur de Galvez »... Le
capitaine de vaisseau Botdéru appuie la demande : Gimel a rendu « des services distingués, tant a la construction et service, des
batteries de breche qu’a la prise de la demie lune ou le canon quil y comandoit a contraint l’ennemi de se rendre »...
351.
Philippe PÉTAIN
(1857-1951). Plaquette :
Les grands problèmes de la Défense Nationale. Carburant national
et véhicules à gazogène
(Extrait de
La Revue hebdomadaire
, 25 avril 1936), avec P.S. et L.A.S. d’envoi, 17 juillet
1936 ; in-8 de 16 pages impr. plus 1 page in-8 collée en fin, et 1 page in-8 montée en tête.
250/300
Rare tiré à part illustré, avec
Nota
dactylographiée finale, signée, et lettre d’envoi à une dame : « Vous trouverez ci-inclus
plaquette et discours réclamés ce matin : attention à l’observation ajoutée à la plaquette. Les études faites par M
r
Brandt sont
très sérieuses et faciliteront, sans doute, l’emploi des gazogènes »...




