les collections aristophil
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JUSSIEU ANTOINE-LAURENT
DE (1748-1836) BOTANISTE.
L.A.S., Paris 9 avril 1819, à un ami ;
2 pages petit in-4 d’une minuscule
écriture très serrée (petits trous et
fentes par corrosion d’encre sans
nuire à la lecture du texte).
500 / 600 €
Intéressante lettre scientifique
.
Après avoir renouvelé leur lien d’amitié, il
espère que son ami ne va pas se laisser
absorber par sa carrière diplomatique,
les sciences devant avoir leur tour. Il lui
demande si, dans le voyage récemment
entrepris dans l’Amérique septentrionale,
on a découvert « de nouvelles familles, ou
au moins de nouveaux genres. S’il y en a
quelques uns, je vous prie de me les faire
connaitre. Car je travaille toujours à une nou-
velle édition [du
Genera plantarum
], mais il
y a un âge où on ne marche pas toujours
aussi rapidement. Je suis d’ailleurs très
détourné par les fonctions de professeur
de matière médicale à l’école de médecine
qui me prennent beaucoup de temps [...].
Nous avons reçu depuis peu beaucoup
d’envois de différens pays. Les collections
de M. Martin qui est mort à Cayenne nous
sont parvenues et sont très belles. Il va être
remplacé par M. Poiteau [...] M. Auguste St
Hilaire, jeune botaniste très distingué [...]
est allé à Buenos Ayres. M. Leschement
est à Pondichéry, M. Lalande, un de mes
employés, est au cap de Bonne-Espérance.
Notre cabinet s’augmente tous les jours en
animaux de diverses classes. La collection
d’anatomie [...] a pris un accroissement
considérable grâce à l’activité de M. CUVIER
qui sçait allier différents genres de travaux
et suffire à tous. Nous avons maintenant un
ministre, M. de Cazes, qui nous favorise
beaucoup [...] On nous a donné les fonds
pour bâtir une nouvelle ménagerie d’ani-
maux féroces qui aura un choix de 21 logis
et qui est déjà achevée à moitié. Nos salles
de botanique dans un bâtiment isolé sont
très belles. Vous voyez de combien de jouis-
sances nous sommes entourés. Combien
je désirerois vous voir parcourir avec nous
nos collections. Il y manque un mamouth
[...]. Si un autre pouvoit être appercu dans
quelque coin et venir enrichir notre musée,
ce seroit une belle acquisition »… Il donne
également des nouvelles de sa famille, dont
son fils qui suit la même carrière que lui…
[De 1789 à 1824, Jussieu ne cessa de tra-
vailler au perfectionnement de sa classi-
fication des végétaux, et de préparer une
seconde édition de son
Genera plantarum
qui ne devait jamais voir le jour car les
matériaux s’accumulaient à mesure que
ses forces faiblissaient.]
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