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[Romain
GARY
]
– Deux portraits photographiques.
Tirage Paris-Match (1977). 24 x 30 cm
Retirage. 24,5 x 16 cm
€ 150 - 200
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Romain
GARY
– Carte autographe signée
« Romain »
adressée à
« Christel »
[son amie Christel Kryland].
« Base aérienne d’Avord, 31 décembre 1939 »
. 10,8 x
5,7 cm, carte de vœux illustrée d’un aviateur jetant
des bouquets de fleurs depuis son avion.
Émouvante carte adressée à celle qui inspira le
personnage de Brigitte de
La Promesse de l’Aube
«
Ce soir, je me penche sur mon passé – qui fut notre
passé – et je constate tristement que je ne suis pas
encore arrivé à tourner la page. Alors
,
je t’écris ce
billet, sans espoir et sans fièvre, comme on frappe
à la porte d’une maison vide
. Pourquoi ? Je ne sais.
Je sens qu’il n’y a personne, personne, derrière la
porte. Je n’attends rien. Mais ce soir, les souvenirs
s’attaquent furieusement à moi… Et je suis faible avec
ces souvenirs, si faible ! Je ne peux rien contre eux. Ils
m’envahissent. Ils me jettent à genoux. Ils me frappent
sur la tête. Ils me prennent à la gorge… Adieu »
Christel Kryland
, née Söderlund était une jeune
journaliste de 21 ans lorsqu’elle fit la connaissance
de Romain Gary en juin 1937, à Nice. Elle fut sa
maîtresse jusqu’en juin 1939 puis reprit la vie
commune avec son mari.
€ 600 - 800
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André
GIDE
– Lettre autographe signée adressée
à René Salomé. Cuverville en Caux, 23 février 1920.
4 pp. in-8.
Très belle lettre relative à
La Symphonie pastorale
« Un ami, qui me sait désabonné de tous les “Lynx ”, me
communique un N° de la Revue des Jeunes où
je lis
avecun intérêt trèsvifvotrearticle sur la
Symphonie
Pastorale
. Je passe outre vos louanges que je ne
sais si je mérite, et vous remercie de l’attention avec
laquelle vous m’avez lu. Mais
il ne me semble pas
que vous éclairiez comme il faut les raisons qui me
font écrire
, de sorte que je doute si, dans vos critiques,
c’est bien contre moi que vous avez raison.
Vous semblez croire que l’ennui et l’inquiétude
habitent mon âme et que chacun de mes livres
marque un effort pour y échapper; effort vain…
Oserai-je vous affirmer qu’il n’est pas de sentiment
qui me soit plus étranger, que l’ennui.
Je m’avance, du plus calme et du plus souriant
que je peux, sur une route en crête, ayant grand
soin de ne verser de gauche ni de droite; les abîmes
qui bordent la route
, s’il m’arrive de me pencher sur
eux et de les éclairer prémonitoirement pour autrui,
comprenez que, si j’y roulais moi-même, je ne serais
plus à même de les décrire de la manière que je fais.
La frontière où mène l’immoralisme (et l’inemploi
de la vie après que l’on a triomphé des raisons de
vivre) ; l’excès et le désarroi où le protestantisme
(le jansénisme de même) peut précipiter certaines
âmes; le complaisant danger que présente la libre
interprétation de l’écriture…
ce sont là les critiques
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