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1. Louis Saint Ange Morel, chevalier de la Colombe (1755-1799), aide de camp de Lafayette
RÉFÉRENCES :
Lettres inédites du général de Lafayette au vicomte de Noailles
, Paris, 1924, p. 19
--
Lafayette in the Age of the American Revolution,
Cornell University press, 1980, Appendix II,
p. 551
15 000 / 25 000
€
125
LAFAYETTE
, Gilbert du Motier, marquis de
Lettre autographe à Louis Marie, vicomte de Noailles
Au camp de la division légère, 10 septembre 1780
3 pp. in-4
[en français]
NOUVELLES DE PARIS ; NOUVELLES DU SUD.
NEWS OF PARIS ; NEWS OF THE SOUTH
Dans les lettres que m’a portées M. de la Colombe
1
, il y en a
une de ta femme, mon cher ami, et elle me charge de te faire
passer le paquet ci-joint. Tu sens bien que je ne tarde pas une
minute à te dépêcher un exprès, et je trouve le public service
fort intéressé à ce que tu saches comment se portent ces
dames. On vous aura mandé les nouvelles de Paris, et comme
mes plus fraîches lettres sont horriblement anciennes, j’ai peur
de te dire ce que tu auras appris avant de quitter la France.
M. le Prince de Condé Colonel général de l’Infanterie, Monsieur
le Prince de Montbarrey Grand… d’Espagne, M. le Prince de
Poix prêt à voir partir le prince Vauban pour Rhode Island. Le
Vte de Ségur toujours amoureux de Julie a dit à ces dames
qui lui en faisaient des reproches : “Mesdames c’est Julie
ou l’erreur d’un moment”. Les couches de la ctesse Jules
[de Polignac] ont fait une grande sensation à la Cour qui
s’est établie à la Muette parce qu’elle n’a pas voulu rester à
Versailles. Elle se porte parfaitement, et je te prie de faire mon
compliment à Guillaume.
N’est-il pas piquant pour mon pauvre frère que Landais ait fait
la folie de refuser M. de Vauban. Un mari qui va en Amérique !
Fais part à Charlus de ma réflexion.
Adieu, mon vicomte, adieu mon Charlus, adieu mon Damas, je
vous embrasse de tout mon cœur.
Dis à Charlus que j’ai reçu une lettre pleine de bonté de son
père. Nos nouvelles du sud quoique bien mauvaises ne sont
pourtant pas aussi funestes qu’on l’avait dit d’abord. Rien de
nouveau ici, que la mort d’un des Brigadiers généraux de ma
division qui était un excellent officier, un fort honnête homme et
que je vais enterrer avec tous les honneurs requis.”
In the letters that M. de la Colombe brought me, there is one
from your wife, my dear friend, and she asked me to pass on
to you the attached packet. You know that I do not waste a
minute to dispatch an express to you, and I find the public
service very concerned that you know how these ladies are
doing. You would have been given news of Paris, and as my
most recent letters are horribly old, I’m afraid to tell you what
you will have learned before leaving France.
The Prince of Condé Colonel General of the Infantry, the Prince
of Montbarrey Grand… of Spain, the Prince of Poix ready to
see the departure of Prince Vauban for Rhode Island. The
Vicomte de Ségur still in love with Julie said to the ladies who
were reproaching him ; Ladies, it was Julie or the error of a
moment. The ctesse Jules’s childbirth caused a big stir at the
Court which took up residence with the pack because she did
not want to stay on at Versailles. She is in perfect health, and I
request you to kindly give my compliments to Guillaume.
Isn’t it vexing for my poor brother that Landais was mad
enough to refuse M. de Vauban. A husband who goes to
America! Inform Charlus of my thoughts.
Farewell, my Vicomte, farewell my Charlus, farewell my Damas,
I embrace you with all my heart.
Tell Charlus that I received a letter full of kindness from his
father. Our news from the South although pretty bad is not
however so disastrous as we had first said. Nothing new here,
just the death of one of the Brigadier Generals of my division
who was an excellent officer, a very honest man and that I will
be burying with all the required honors.]




