la route de Vintimille à Gênes, une succession de passages du blanc au noir et du noir au blanc. Après la
signature j'ai trouvé devant la chaise de Clemenceau une bouteille de St Galmier et deux verres à moitié vides.
Au-dessus de son siège on lisait : «
Le Roy reigne sur lui-même
»
. »
– Compiègne, 17 juillet 1929. L.A.S. 4 pp. in-4, en-tête illustré. F. B. se plaint de «
l'agressivité verbale de
certaines personnes arrivées tard dans les milieux de l'intellectualité
/.../.
Elles semblent avoir tout découvert
avant vous et pénètrent dans le monde derrière un grand homme comme derrière un bouclier pour ensuite
mieux crier, ergoter, snober. Elles vous font connaître des gens qui sont vos amis depuis quarante ans et vous
répètent le mot que vous avez dit la semaine dernière
... ». F. B. évoque également son travail sur Winckelmann
«
le père de l'archéologie
».
– Les Colombières, 1 nov. 1929. L.A.S. 2 pp. in-4, papier illustré. Il n'a pas reçu depuis l'été des nouvelles de son amie.
«
A présent me voici de nouveau
/.../
en plein travail. C'est le divin narcotique contre les vulgarités du dehors
... ».
– Les Colombières, 29 déc. 1929. L.A.S. sur 3 cartes postales (vues des Colombières). F. B. se plaint de ver-
tiges, liés à sa chute d'il y a cinq ans. « M
. Poincaré est installé dans la petite chambre du rez-de-chaussée. Je
ne l'ai pas encore vu. Une armée de photographes, de reporters locaux, de police spéciale ont assiégé la mai-
son
/.../.
Il y a du tragi-comique dans cette hospitalité
». 300/400
191 1930. 4 LETTRES AUTOGRAPHES SIGNÉES et 1 CARTE POSTALE.
– Les Colombières, 2 janv. 1930. L.A.S. 3 pp. in-4, vignette en pleine page. F. B. évoque une de leurs amies,
Madame Poncet, qui vient de disparaître : «
C'est alors qu'il est bon de vivre dans l'Invisible quand tant de
visible, tant de bruit et de vie extérieure disparaît et se tait
... ». Il redemande l'adresse de Valery.
– Compiègne, 27 sept. 30. L.A.S. 2 pp. in-4. Illustration en pleine page. «
J'aimerai tant vous voir encore et
vous remercier de votre si gentille « dînette »
/.../. J
'ai tant de choses à vous raconter, choses vues d'un intérêt
très grand. Mais tout cela est complexe et contradictoire. Je crains davantage le communisme. L'agression
par les nationalistes me paraît peu probable pour l'instant. J'ai constaté une peur réciproque de la guerre, une
vague comme on l'a constaté à certaines périodes de l'histoire. Les journaux exploitent un peu trop les jour-
naux des agitateurs pour corser leurs numéros.
.. ».
– Les Colombières, 16 mars 1930. L.A.S. sur 2 cartes postales des Colombières. Il doit subir une opération des
yeux qu'il repousse au mois d'avril. «
J'ai un travail fou avec mes 2 volumes Second Empire que je prépare
pour l'année 1931, avec les notes de mon père et celles de Mérimée
... ». Il termine comme pour de nombreuses
autres lettres par la délicieuse formule : «
Votre dévot jardinier Ferd. Bac
».
– Les Colombières, jour des morts 1930. L.A.S. sur 3 cartes postales des Colombières. F. B. vient de rentrer
de ses voyages : «
En voyageant je me sens une poussière au milieu de ce monde inconnu mais aussi je suis
autre avec des forces multipliées, un esprit qui erre, plutôt qu'un corps qui se traîne
». Signé : «
A vos pieds,
votre dévot vagabond ressuscité
».
– s.d. [ca 1930]. C. P. de Compiègne. Son amie lui a envoyé un souvenir de Nohant. «
Je pense que Lamartine
et Madame Sand vous auront béni du haut de leur Olympe romantique
». 200/300
192 1937. 3 LETTRES AUTOGRAPHES SIGNÉES, 2 CARTES POSTALES et 1 PHOTOGRA-
PHIE ORIGINALE (Ferdinand Bac place Saint-Marc).
– Compiègne, 17 juin 37. L.A.S. F. B. accuse réception d'une invitation de son amie pour une «
sublime ren-
contre spirituelle, harmonieuse et pourtant matérielle ! Je suis arrivé ici en mauvais état
/.../.
J'ai senti mes 78
ans très douloureusement, malgré mes apparences qui sont plutôt une politesse et un courage qu'une santé
... ».
– Tenda (Cuneo), 21 juillet 1937. L.A.S. F. B. voyage en Italie et donne ses impressions sur Mussolini : «
Mes
entretiens avec Mussolini (2
e
audience) demanderaient un long papier... Ce qu'il m'a dit était tout à fait
imprévu, insoupçonnable. Mais je dois cela au fait que je ne représente ni la politique, ni la diplomatie, ni la
presse
/.../.
J'ai eu aussi un entretien avec l'ambassadeur du Reich auprès du pape qui habite la Villa
Bonaparte. Il venait d'avoir une longue conversation sur la situation générale avec lui
/.../.
La vieille noblesse,
paresseuse, négligeante est consommée. Tous leurs palais sont grignottés. La Princesse Borghèse habite 4
pièces dans son immense palais. Le reste est loué. Ce qui m'a frappé c'est la dignité morale, la sincérité de
Mussolini. Qui ne l'a pas entendu ne peut se faire une idée de ce torrent
».
– Pallanza, 21 août 1937. C. P. Ferdinand Bac détaille pour son amie le programme de ses pérégrinations ita-
liennes.
– Bordighera, 6 oct. 1937. L.A.S. sur 3 cartes postales. Ferdinand Bac est à Venise, allité et très mal en point.
Il apprécie néanmoins Venise et la société vénitienne, se trouvant là «
comme à un carrefour européen, dans
l'exaltation d'un grand passé par un présent inquiet et frénétique à la fois
». Il joint une photographie le repré-
sentant devant Saint Marc, au milieu d'une nuée de touristes et de pigeons, annotée ainsi au dos : «
Il y a 54
ans, exactement à la même place, j'ai donné à manger aux pigeons de St Marc à côté de Ruskin
/.../.
C'est
l'époque où Richard Wagner, Cabanel et Don Carlos étaient mes voisins
».
– Bordighera, 12 oct. 1937. C. P. Commentaire brillant et élogieux du dernier recueil de son amie qu'il vient
de recevoir,
Corbeille pleine d'étoiles
. 300/400
32




