texte, cinquante planches de dessins. Est-ce que je ne suis pas complètement fou ? Que voulez-vous, à 66 ans
il faut songer à la mort... ou s'imaginer qu'on a encore une vie devant soi. J'ai choisi ce dernier, malgré beau-
coup de misères
... ». 300/400
187 1926. 7 LETTRESAUTOGRAPHES SIGNÉES et une PHOTOGRAPHIE ORIGINALE dédicacée.
– Les Colombières, 18 avril 1926. L.A.S. 2 pp. in-4. «
Mauvais hiver, mauvaise santé, tristesse de tant d'amis
partis pour l'éternité dont chacun emporte un morceau de mon passé. Ici c'était la curée ! Une invasion terri-
ble, intéressante par la variété des visiteurs et par leur qualité mais accablante par leur nombre
/.../.
Menton,
ville anglaise voit ses rues remplies de gens qui attendent la livre à 150 francs pour ne plus quitter ce rivage.
Bientôt ils auront tout pour rien, et nous, nous n'aurons plus rien pour tout
... ».
– Les Colombières, 28 mai 1926. L.A.S. 2 pp. in-4. «
Je surveille les dernières édifications entreprises par la
ville de Menton
/.../.
On démolit un vieux chemin du septième siècle pour que les autocars puissent grimper
jusque sur le rocher d'Orphée ! C'est la fin de la tranquillité mais c'est la conquête des cimes par le progrès
et la civilisation qui veulent honorer mes conceptions à leur manière
/.../.
Les Colombières deviennent grâce
à la Nature qui brode ses thèmes, quelque chose de vraiment beau loin dans le temps et dans l'espace
... ».
– Compiègne, 17 juillet 1926. L.A.S. 3 pp. in-4, papier en-tête illustré. «
Les temps sont pleins d'inquiétude et
leur angoisse tombe aussi sur moi qui vis comme un oiseau sur la branche
».
– Compiègne, 10 sept. 1926. L.A.S. sur 4 cartes postales. F. B. parle à son amie des difficultés liées à la petite
construction qu'il a entreprise à Menton, comme placement. Il a «
entrepris un travail de bénédictin
» en clas-
sant sa correspondance depuis 50 ans. Il livre quelques impressions sur l'Amérique : «
Je suis si profondément
éloigné de la liberté éclairant le monde de New York que je me terre entre les racines des vieux tilleuls du parc
de Compiègne
», et sur Berlin, «
ville internationale où le monde nouveau se concentre, avec la vieille et la
nouvelle Russie, avec un corps diplomatique intéressant et une atmosphère extrêmement vaste qui ne sent pas
l'enfermé, une société de demain curieuse à étudier, parfois inquiétante par ses tendances vers l'Est
... ».
– Les Colombières, 10 nov. 1926. L.A.S. 2 pp. in-4. «
Depuis mon arrivée, c'est un déluge qui n'arrête pas. Jamais
je n'ai vu tant d'eau dans un pays qui en manque si souvent
/.../.
Avec ces désastres nous avons une frontière extrê-
mement troublée et il se passe journellement des scènes singulières. Les gendarmes gardent les routes
... ».
– Les Colombières, 23 déc. 19126. L.A.S. 1 p. in-4, illustrée d'
UN DESSIN ORIGINAL
signé David pinx
(Bonaparte franchissant les Alpes sur son ânesse Paola). F. B. présente son portrait et sa nouvelle compagne,
Paola, une ânesse qui le console de beaucoup de déboires. «
Elle ne veut pas marcher mais elle fait un pas
après chaque morceau de sucre
/.../.
Ça finit par coûter plus cher que d'entretenir une cocotte avec des cho-
colats de chez Marquès... ».
400/500
188 1927. 5 LETTRES AUTOGRAPHES SIGNÉES et 2 CARTES POSTALES.
– [Les Colombières], 8 mars 1927. C. P. (vue de l'Obélisque du jardin des Colombières). «
Je me multiplie en
travaillant toute la journée
/.../
ma petite maison m'a donné mille soucis et est loin d'être terminée ».
– [Paris], 10 juin 1927. L.A.S., 20 juin 1927. F. B. se plaint de ne pas avoir son amie chez Mad. de
Beauchamp, son mari Antoine ayant été invité seul.
– Compiègne, 25 juin 1927. L.A.S. 3 pp. in-4, papier en-tête illustré. F. B. envoie quelques croquis de son «
fer à repasser
», ainsi qu'il nomme la petite maison qu'il a construite à Menton : «
C'est tout petit mais confor-
table. Seule une âme de poète ou d'artiste pourra y trouver le charme exceptionnel
/.../.
Avant la guerre, avec
ce que j'y ai mis, j'aurais eu un château historique. C'est désormais le plus clair de mon revenu de gentil-
homme né ruiné
... ».
– Compiègne, 21 août 1927. L.A.S. 3 pp. in-4, papier en-tête illustré. F. B. évoque une promenade avec son
amie dans les jardins de Penthière. Son amie a eu un malaise. «
Mais rien n'est véritablement facile dans ce
beau domaine où vit, solitaire, la Belle au bois dormant. Par moment, on y trouve un personnage des Contes
d'Hoffmann, puis un fou-rire, un trait d'esprit, effacent le côté tragique, pour ne laisser qu'une impression
étrange
... ». Joint une coupure de presse d'un article de Ferdinand Bac sur la ferme de Thun, où vécut Rachel.
– Compiègne, 14 sept. 1927. C. P. F. B. évoque un déjeuner à Chantilly, et un dialogue cocasse entre Lyautey
et Barthou.
– Les Colombières, 10 nov. 1927. L.A.S. sur 3 cartes postales (vue du décor intérieur des Colombières).
Dithyrambe du dernier livre de la baronne de Brimont,
L'Arche
: «
C'est une œuvre remarquable, forte, virile
et féminine à la fois
/.../.
Vous êtes l'Inspirée. Votre discrétion, votre effacement même, votre vie intérieure her-
métique qui ne laisse rien filtrer que des sourires et des silences, tout cela prouve que vous êtes dix fois dix
esprits et que venant de très loin, vous portez en vous une infinité de secrets, de formes, de visions de voluptés,
de parfums qui se libèrent à travers un ostensoir d'or incrusté de pierres précieuses
... ».
– S.l. [1927 ? ]. L.A.S. 3 pp. pt in-12. Accompagne l'envoi d'un mirliton. F. B. vante à son amie les charmes
de l'Hôtel de l'Annonciate sur les hauteurs de Menton. 200/300
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