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189 1928. 4 LETTRES AUTOGRAPHES SIGNÉES et 2 CARTES POSTALES.

– Les Colombières, 6 fév. 1928. C. P. (la salle à manger des Colombières). «

Dettes et déboires grandissants.

C'est la fin de notre élite à quelques exceptions près... Ici des centaines de gens arrivent en pèlerinage, s'ex-

tasient, poussent des cris... Ils passent devant moi et ne me saluent même pas

... ».

– Les Colombières, 5 avril 1928. L.A.S. 2 pp., papier illustré. «

Vous avez bien manqué aux Colombières qui

vieillissent sans recevoir votre lumière ! J'ai énormément travaillé

/.../.

Ma

Lola Montès

va voir le jour dans

deux mois j'espère. Ma

Cour des Tuileries

et ma

Princesse Mathilde

demandées par Hachette sont en bonne

voie grâce à un grand nombre de papiers inconnus que j'ai reçus, trouvés et déterrés de mes propres papiers

de famille

/.../.

Ici j'ai reçu des caravanes innombrables et fait 4 conférences à Nice et ici, sur mes souvenirs

vénitiens d'il y a 50 ans (1878/79) et sur Mérimée et les Montijo

... ».

– Les Colombières, 17 mai 1928. C. P. «

En ce moment je suis en plein dans... La Castiglione

/.../

l'Impératrice

avait parfois deux vocabulaires selon les visiteurs

... ».

– Compiègne, 12 oct. 1928. L.A.S. 3 pp. 1/2 in-4, papier en-tête illustré d'un petit dessin original. Tout en pré-

parant ses malles pour rejoindre le Midi, F. B. parle à sa correspondante de ses livres

Lola Montès

et

La prin-

cesse Mathilde

[fille de Jérôme Bonaparte]. A propos de ce dernier ouvrage, il écrit : «

On ne vous y fait grâce

de rien (ce qui est honnête) mais au moins on est récompensé du temps passé... quand on a du temps à perdre

et qu'on aime un peu de Mérimée inédit, dans des mots ramassés par Houssaye et des notes qu'il lui avait don-

nées et dont j'ai hérité voici longtemps... J'ai finalement lâché un peu de lest aussi pour mes vieux papiers per-

sonnels. A présent, après 2 années de compulsation, j'en sais presque trop sur une époque que je n'avais cessé

de vénérer par culte de famille

... ». Et à propos de

Lola Montès

: «

Ce n'est pas une femme médiévale mais

une personne ultra-moderne. Rien n'est plus à la mode comme l'an 1848 – pour ceux qui suivent l'émancipa-

tion

/.../.

Un agent secret « en jupons » de Lord Palmerston qui renversa un trône

/.../.

Je me plonge in extremis

dans une correspondance étrange entre l'Impératrice et un... Prêtre qui organisa la Restauration de l'Empire

par le Prince Impérial en mai 1879 ! Décidément je reste stupéfait. Nous ne savons rien, rien. Nous avons été

nourris de sornettes

... ».

– Les Colombières, 15 déc. 1928. L.A.S. sur 3 cartes postales (vues intérieures des Colombières). «

La lecture

des journaux

/.../

me jette chaque jour, sur mon rocher solitaire

/.../.

Nous vivons des temps bibliques lesquels

ne sont pas des pastorales mais des exterminations. La question judaïque date de 10 000 ans et non de Jesus-

Christ comme le croient les Innocents. Alors que faire quand on est un proche octogénaire

/.../.

Entre temps

j'ai commencé l'exécution d'une idée qui me hante depuis mon enfance : celle de reconstituer le Retour de la

Grande Armée dont un survivant, le général de Bickenstein, m'avait fait sauter sur ses genoux

... ».

– Les Colombières, 23 déc. 1928. L.A.S. 2 pp. in-8 sur papier illustré d'une vignette. F. B. accuse réception du

cadeau de son amie, un «

crayon magique bleu et rouge

» et formule ses vœux pour 1929 («

qui sonnera pour

moi le terme de mes 70 ans

») : «

La vie est scandaleusement courte. Elle ne fait que commencer pour mes

curiosités spirituelles et je trouverai absurde le peu que j'ai vécu si derrière ces jours, il n'y avait pas d'autres

jours plus longs, plus beaux encore

... ». 300/400

190 1929. 9 LETTRES AUTOGRAPHES SIGNÉES.

– Les Colombières, 10 janvier 1929. L.A.S. 3 pp. in-4. L

ONGUE ET INTÉRESSANTE LETTRE

consacrée à son livre

sur Schubert, où il explique comment il a utilisé les souvenirs de sa mère Sabina Ludovica de Stetten, fille du

baron de Stetten, pour reconstituer l'atmosphère exacte et l'ambiance dans laquelle il vivait : «

Naturellement

il n'a jamais été question de faire de Schubert un personnage principal et romancé

/.../.

Il était impossible de

faire la même chose de ce pauvre Schubert qui n'a eu aucune aventure, nul amour véritable et qui est mort à

31 ans !

». Il revient également à son livre sur la princesse Mathilde : «

J'ai aussi supprimé tout ce qui pouvait

être désagréable personnellement au Prince Louis et tout ce que notre tante avait dit de lui. Elle les appelait

souvent des foutriquets, Victor et Louis

... ».

– Les Colombières, 7 fév. 1929. L.A.S. 2 pp. in-8. F. B. a fait la tournée des hôtels de Menton pour son amie.

Sa santé est par ailleurs très fragile et il n'arrive pas à louer sa maison Bethsaïda.

– Les Colombières, 3 avril 1929. L.A.S. 4 pp. in-8. F. B. raconte à son amie l'inauguration au musée de Nice,

d'une salle consacrée à ses jardins : «

Harangues, fleurs, discours, poèmes, hommages rimés, un laurier planté

aux Colombières en l'honneur de votre indigne serviteur, tout cela a suivi, avec des caravanes de vierges réci-

tant des vers, je me suis cru le président de la République mais je ne suis que le sous-préfet de la Bethsaïda !

(placement désastreux)

/.../.

Madame de Beauchamp

/.../

m'a dit que l'argent était la seule satisfaction réelle

de la vie

/.../

je me suis demandé pourquoi Dieu m'avait si complètement privé de ce sens

... ». La fin de la lettre

évoque un dialogue entre Chateaubriand et Rachel.

– Paris, 27 mai 1929. L.A.S. 1 p. in-8. Rendez-vous manqué. «

Paris est un beau monstre qui engloutit les

sons des voix amies

... ».

– Compiègne, 29 juin 1929. L.A.S. sur 2 cartes postales. F. B. propose un rendez-vous à Compiègne.

– Versailles, 2 juillet 1929. L.A.S. 4 pp. in-12. F. B. a entrepris la rédaction de ses mémoires, il évoque la

guerre et le traité de Versailles : «

Les traités sont des sorties de tunnels. La vie des peuples est ainsi comme

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