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– Versailles, 2 octobre 1919. F. B. accepte une invitation à déjeuner de son amie et propose également de faire

signe «

à notre cher abbé

» [l'abbé Mugnier]. Joint une carte postale de l'abbé Mugnier à Ferdinand Bac, où il

évoque Milly, un magnifique portrait de Lamartine et de sa nièce Valentine [de Saint-Point].

– Nice, 27 octobre 1919. [C. P.]. F. B. invite son amie : «

Venez bientôt, le Soleillou brille et il fait divin

... ».

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180 1920. 6 LETTRES AUTOGRAPHES SIGNÉES, 3 CARTES POSTALES et 2 DESSINS ORI-

GINAUX, plume et crayon de couleurs.

– Menton, 12 avril 1920. 3 pp. in-12. Signée

Hortensius

. Quelques nouvelles mondaines et F. B. enchaîne en

rapportant les propos du célèbre ténor russe Smirnoff «

le dernier qui ai chanté devant Nicolas et Poincaré la

veille de la guerre

» : «

Il parle de Lénine, merveilleux orateur, fin lettré et protecteur des arts. Il a ébloui ce

chanteur qui le détestait comme monarchiste. Mais quand il parle devant les paysans, il se rend méconnais-

sable, sale, négligé, hirsute

/.../.

Smirnoff dit qu'il n'y a plus rien en Russie, que les Anglais s'illusionnent, qu'il

n'y a aucun commerce à faire avec les Bolcheviks, que l'anarchie est un grand fleuve qui a tout emporté

/.../

pauvre Europe elle ne connaît rien de la Russie

... ».

– Nice, Collinettes, 18 mai 1820. F. B. annonce son retour à Paris « ...

dans le wagon à bestiaux, ainsi qu'il

convient à un voyageur de l'idéal.

.. ».

– Versailles, 11 sept. 1920. 1 p. in-12, avec une vignette en-tête collée (dessin d'une fontaine du jardin des

Colombières). Il évoque «

un portrait de la "Haute mère Dieu"

[Paul Bourget]

comme on appelle un romancier

fort dévot

... ».

– Versailles, 27 sept. 1920. F. B. propose de venir déjeuner chez son amie samedi : «

Le ciel est noir et la vie

me paraît couleur de plomb. Voilà ce que c'est que de vivre au soleil de la Méditerranée

... ».

– Versailles, samedi 16 oct. 1920 [sur 3 cartes postales]. F. B. annonce avec tristesse la vente de la villa

Fiorentina [au cap Ferrat] : «

J'étais depuis longtemps préparé à ne plus jamais revoir le logis où je devais

finir mes jours

/.../.

La Sizeranne m'a dit aujourd'hui qu'il avait toujours senti dans cette maison un destin tra-

gique sur notre œuvre encore inachevée

... ».

– Nice, 16 nov. 1920. 4 pp. pt in-4. Critique de la Société des Nations : «

Je regrette qu'on n'ait pas pensé à

votre humble serviteur. Pour 32 000 francs j'aurai volontiers porté la serviette d'un de ces messieurs et ma

longue expérience de l'Europe et de ses populations eut été de quelques secours à plusieurs parmi eux

/.../.

Mais jamais nous n'avons vu depuis le filtrage des fortes têtes par le tamis des examens, institué par le man-

darin Bonaparte, the right man in the right place

». Il cite Richelieu : « Quand on connoit les hommes on a

vite faict de connoitre les choses

». Ces mots admirables sont toute la condamnation des méthodes de notre

temps si particulièrement malin et si prodigieusement outrecuidant

/.../.

Lorsque j'ai prédit une triste fin à

Wrangel, j'ai été applati comme un moustic par un diplomate qui me disait que la reconnaissance de ce géné-

ral par le gouvernement français comme le chef futur de la Russie et comme son sauveur, était basée sur des

renseignements certains... Hélas ! les Anglais n'avaient pas les mêmes renseignements

/.../.

Vous voyez qu'on

aurait bien pu me laisser porter la serviette d'un de ces messieurs ! Mon régime de pâte et de riz eût été amé-

lioré et j'eus pu faire imprimer mon livre sur Rome ! Mais il sera dit que je disparaîtrai silencieusement comme

un moineau «

les quatre fers en l'air

»

. La lettre s'achève par une diatribe cocasse contre les boutiquiers de

Nice : «

Cette année c'est un consortium de naufrageurs résolument campé derrière leurs vitrines pour

détrousser le « Brésilien ». Chaque passant est Brésilien. On tire dessus, on le dévalise, et on veut sa peau

pour faire des portefeuilles. Je vous envoie une image de croque-mort politique

... ».

– DESSIN COLORIÉ signé et daté 15 nov. 1920 : «

Délégué d'une institution condamnée à mort par Mr

Harding, le jour de son élection à la Présidence des Etats-Unis

». 16x13 cm.

– DESSIN COLORIÉ. VÉNIZÉLOS. «

Vénizelos arrivant à Nice les premiers jours de son exil

». 19x15 cm.

Elefthérios VENIZÉLOS (1864-1936) : homme politique grec, né en Crète, est considéré comme le fondateur

de la Grèce moderne. Contraint à plusieurs exils en France.

– Nice, Clos Boulogne, Collinettes, 6 déc. 1920. 4 pp. in-12. Vignette collée en-tête. La lettre accompagne le

portrait de VENIZELOS, qui vient d'arriver en exil à Nice : «

Il était mortellement triste mais j'avais réussi à

l'entraîner au fond d'un petit théâtre grec et là près de la chaise curule du prêtre de Dyonisos, je l'ai prié de

réciter les plus belles parties de l'Iliade dans sa langue maternelle. Déjà il avait commencé à oublier l'ingrate

politique et, les yeux bleus vers le ciel, il s'enflammait, parti dans le rythme magnifique des chevaux du

Parthénon

/.../

lorsque soudain une dame que ce vain verbiage ennuyait lui coupa l'élan pour lui dire : N'est-

ce pas, Président, on déteste Sophie à Athènes ? Le charme était rompu, Pégase déposait le grand Crétois sur

cette terre stupide de thés et de potins

... ».

– Nice, 1

er

novembre [1920 ou 1921]. 1 p. 1/2 in-8. F. B. vient d'arriver tout juste reposé de ses fatigues : «

Dès que je me sentirai mieux je saluerai de votre part les petites chevrettes blanches des Collinettes, les grives

et mille oiseaux qui chantent dans les haies d'aubépine, même sous la pluie parfois !

». Le post-scriptum

évoque le décor de la salle à manger de la villa Taviani au Cap Martin qu'il doit terminer pour la fin du mois.

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