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gner ses yeux dans un hôtel luxueux : «

Hier soir

/.../

à une table servie comme à la Cour, nous avions dans

la même salle 47 officiers de l'Académie de guerre de Berlin

/.../.

Toutes nos belles grandes dames, les

Anglaises, Russes et même Belges mirent dans leur sein des poignards – des petits couteaux à dessert – jurant

que si ces odieux Prussiens se permettaient de mal parler de la France, ils trouveraient à qui parler..

. ». Un

de ces «

soudards tudesques

» s'étant révélé bon muscien, «

ces dames de l'Entente cordiale et de l'alliance

sortirent alors leurs petits couteaux à fruit de leur sein, les soudards se firent présenter et une demi-heure

après j'appelai Jacques E. Blanche qui est mon voisin de chambre, pour le faire assister à la trahison de la

Russie, de l'Angleterre et même de la Belgique qui n'avait pas été la moins ardente à mépriser ces ignobles

Reîtres d'Outre-Rhin..

. ».

– Biarritz, 14 sept. 1914. L.A.S. 4 pp. in-8. Lettre essentiellement consacrée à la guerre à son début. «

Ce que

l'on vit en quinze jours nous semble plus que toute une existence

/.../.

Enfin à présent on respire. Les nouvelles

sont excellentes et je recommence mentalement à partager l'Empire d'Allemagne. Je m'inquiète de vous tout

en sachant que les Ulans ne sont pas venus parlementer devant la porte dorée du Parc Monceau avec le jeune

guerrier grec

/.../.

Nous sommes avec les blessés, dans les blessés entourés de blessés

/.../.

Et je me sens un

vieux Troubadour. Ce n'est pas le moment. En vérité on n'a plus de corps ni âme ni esprit ni souvenirs ni but

ni bien ni rien. On n'a plus que la France collective

... ».

– Biarritz, 3 oct. 1914. L.A.S. 3 pp. in-8. Lettre également consacrée à la guerre. «

Même à l'extrémité de la

France c'est l'inondation des blessés venant directement du champ de bataille.

.. ». Elle s'achève sur cette note

d'espoir : «

Ici Mad. de Chevigné retient une table à l'Hôtel Bristol de Berlin, pour le dîner avec le maréchal

de Castelnau, la grande duchesse Wladimir et quelques amis arrivés de Paris pour l'entrée des Alliés. Que ce

soit bientôt ! Amen

. »

– Tarbes, 22 oct. 1914. L.A.S. 4 pp. in-8. La guerre, toujours. «

Cette contrée n'est plus qu'un camp où s'en-

tassent les blessés, les prisonniers, les réfugiés d'autres camps retranchés avec douze cents Allemands civils

vivant là pêle-mêle dans la captivité, pasteurs protestants, filles publiques, dames nobles, banquiers

/.../.

La

nuit c'est une chose impressionnante qui nous reporte aux temps de la Révolution et de l'Empire. Les voitures

arrêtées, les lanternes qui fouillent les visages, les baïonnettes qui brillent..

. ».

– Tarbes, 9 nov. 1914. L.A.S. 4 pp. in-8. «

Je suis ici depuis 20 jours, appelé par le Préfet

/.../.

Le sommeil m'a

quitté depuis le 1 août et c'est l'agitation qui me soutient avec mes nerfs, le désir d'être un peu utile dans mon

état d'invalide

/.../.

Ici dans ce centre lointain on voit des montagnes de misère comme on voit celles que

l'or

et l'ambre

couvrent en ces ultimes journées. Au monastère de Garaison 1200 internes austro-allemands sont

là dans un mélange de castes et de situations insensé. Fils de ministres et laveurs de vaisselles, filles publiques

et vieilles dames nobles, chanteurs de la Cour de Bavière, ouvriers mineurs, tout ce monde couché dans la

paille et mené comme les Batt d'Aff'.

.. ».

– Cannes, 19 déc. 1914. L.A.S. 4 pp. in-12. F. B. a rejoint Cannes, le préfet qu'il avait secondé étant mort brus-

quement, malade et hospitalisé à la Villa Madrid. 400/500

175 1915. 4 LETTRES AUTOGRAPHES SIGNÉES et 4 CARTES POSTALES.

– Cannes, 10 fev. 1915. L.A.S. 4 pp. in-8. F. B. dresse un sombre tableau de Cannes pendant la guerre : «

Notre

Midi est plus triste que Paris. Les hôpitaux innombrables installés dans presque tous les hôtels font qu'il n'y

a plus d'hivernants. Il n'y a plus que des éclopés

... ». Il annonce à son amie qu'il a repris son crayon. «

Jadis

voué à toutes les licences d'un temps de paix, je l'ai aiguisé comme un poignard et je combats avec lui faute

de combattre avec la Rosalie... !

». Il travaille à un album d'estampes destiné à être vendu au profit des Veuves

et Orphelins de guerre.

– Fleury par Perthes, 3 août 1915. C. P. Vue des jardins du château de Fleury-en-Bière. «

Figurez-vous qu'il y

a des Ingres, des Fragonard, des Léonard de Vinci dans les chambres d'amis !! Ce sont des salons du Louvre.

Je suis stupéfait

».

– Fleury, 11 août 1915. C. P. du Château de Courances. Il doit repartir à Versailles «

déménagement chaos

gachis horreur !

/.../.

J'ai mangé mon pain blanc

».

– Versailles, 27 sept. 1915. L.A.S. 3 pp. in-12, illustrées du dessin d'une lampe, pour sa bienfaitrice «

qui

répand sur le voyageur de si douces clartés pourpres

... ». Elle lui a annonée l'envoi de linge.

– Versailles, 2 oct. 1915. L.A.S. sur 2 cartes postales. Son amie lui a envoyé un service de vaisselle «

qui fait

cette fois craquer mes placards de joie et de fierté !

/.../.

Quand j'aurai une cuisinière... aurai-je plus jamais

une cuisinière

/.../.

Bientôt je monterai mes bûches moi-même et encore un temps et je ramasserai le bois mort

dans le Parc de Versailles.

.. ».

– Versailles, s.d. (ca oct. 15). L.A.S. 1 p. Invitation à déjeuner «

dans le salon lamartinien ou chateaubrian-

desque de mon vieux logis qui n'a pas de salle à manger naturellement, car je vis d'esprit et de tartines faute

de cuisinière

... ».

– Cannes, 28 nov. 15. C. P. « ...

Je vais remonter dans mon inconfort à la fin du mois avec mes bergers et

retrouver ma cellule et ma lanterne où vous dansez toujours le ballet persan !

».

– Versailles, 1 sept. 1915. C. P. annotée. F. B. invite son «

Cher guerrier grec

» à visiter les petits cabinets où

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