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Ney. Bon œil, bonne dent, bonne langue, bon estomac et le même impitoyable propos que Frédéric II qui savait

confondre ses amis à table en les foudroyant la bouche pleine

... ».

– Le Cannet, 19 janv. 1913. L.A.S. 3 pp. in-12. «

Il pleut ! C'est le marasme !

/.../

Et la semaine s'enfuit, la

précieuse semaine de votre présence ! Je laisse à votre décision le soin de nous réunir

... ».

– Cannet, 28.1.13. C. P. de St Paul du Var. «

Il me manque quelque chose depuis votre départ. Je m'étais fait

très vite à cet aimable voisinage au soleil

... ».

– Le Cannet, 2 fév. 1913. L.A.S. 4 pp. in-12. F. B. revient encore sur la journée passée avec son amie à St Paul,

«

le miracle du mois

», puis évoque le suicide d'une jeune femme trompée de ses relations, puis sa visite chez

Mme Germain, et pour finir un dîner mondain en compagnie des Saxe-Mainingen.

– Cannes, 13 fév. 13. 8 pp. in-8. L

ONGUE ET DÉLICIEUSE LETTRE

où F. B. raconte entre autres à son ami une

conférence de Colette à Nice : «

Tout ce que Nice contient de gratin

/.../

s'y était donné rendez-vous pour une

sadique rencontre. Colette Willy s'exhibait pour 500 francs en faisant une conférence dont vous savourez le

titre

L'envers des Music-halls

. C'était tout un programme alléchant pour les fausses vertus des Salons. Ces

dames si bien nées, si comme il faut, allaient enfin connaître les dessous scandaleux des cafés-concerts par la

bouche même de celle,

Messaline du Moulin Rouge

, dont on avait colporté jadis la photographie en chemise,

assise en équilibre avec Polaire sur les genoux de Mr Gautier Villars son époux... On avait tiré 300 mille

cartes postales et la France avait tressailli dans ses fondements. Or donc Colette est venue et pendant vingt

minutes elle a parlé de sa voix douce et mélancolique de la vertu, de l'honneur, de la bonne conduite des gens

de Music Hall, de leurs bébés, de leur solidarité, de leur esprit de famille. C'était une joyeuse escroquerie

. »

– Cannes, 4 mars 1913. L.A.S. 4 pp. in-12. La lettre substantielle évoque d'abord «

L'orgie de la great season

et chaque jour c'est des déjeuners, dîners de grandes vedettes et d'altesses de toutes les nations

», un long pas-

sage est ensuite consacré à Léon Bourgeois «

vénéré, admiré et aimé par la sœur de cet énergumène qui

aiguise frénétiquement son sabre en roulant ses yeux vers l'est et l'ouest et qui règne sur 60 millions d'abjectes

brutes à lunettes

/.../.

Je voudrais seulement une France militaire toute sonore de fanfares et sans rhétorique.

Je ne peux me résigner à la voir autrement, c'est ainsi qu'elle m'apparut dans une France troublée

... ». Il rap-

porte à son amie certaines perfides allusions à son encontre : «

Des mains d'accoucheurs japonais essayaient

de donner le jour à un fœtus en baudruche

».

– Le Cannet, 13 mars 1913. C. P. signée

Hortensius

. Son amie lui a offert un signet ayant appartenu à Mad. de

Lamartine. Il remercie en citant Joubert : «

Je me félicite de vous connaître pour mille raisons que mon cœur

connait et que mes mains touchent

».

– Le Cannet, Pâques 1913. L.A.S. 3 pp. in-12. Vignette de cloches, collée. F. B. a eu une congestion à l'œil

droit «

privé de la joie d'orner à votre intention mes lettres

/.../.

Quand je pense qu'un jour peut-être, je ne

pourrais plus vous dessiner des bons hommes !

».

– Nice, Villa Orangini, 9 avril 1913. L.A.S. 4 pp. in-8. F. B. vient de recevoir un nouveau livre de son amie :

«

Quelle joie de recevoir les tablettes de cire ! La robe orange fait pâlir les oranges d'Orangini

/.../.

Déjà mon

impatience a voulu entendre le beau concert de flûtes antiques, de cimbales et de viole d'amour qui s'échappe

entre les pages du livre. Je me suis félicité de voir le japon résister aux entreprises d'un certain nombre de

coupe-papiers

... ». Il évoque ensuite le croquis de Tristan Bernard au casino de Monte-Carlo et une visite à

Gustave-Adolphe Mossa : «

J'ai vu la planche que vous lui avez achetée et j'ai reconnu votre goût

... ».

– Cannes, 17 avril 1913. L.A.S. 4 pp. in-12. F. B. son prochain voisinage avec son amie et à cette occasion

évoque Gœthe et Charlotte de Stein. Ensuite il rapporte les propos étonnants de l'Impératrice de Russie qu'il

vient de visiter au Cap Martin : «

De toutes les personnes présentes elle était la plus gaie, la plus vivante, la

plus lucide d'abord de l'éducation des jeunes filles modernes, du tango et de toute notre existence où les choses

vont « si vite, si vite ». Puis son regret de n'être jamais entrée dans un théâtre depuis 1870 et de sa curiosité

insatisfaite de voir une salle éclairée à l'électricité

/.../.

Enfin elle parla politique. Elle en tient pour les bons

Turcs, les vieux Turcs !! Vous verrez, me dit-elle, on les regrettera un jour quand on saura mieux ce que c'est

que le despotisme chrétien et cette barbarie particulière aux Balkans qui avec les vices modernes gardent la

cruauté discipliné du Moyen-Age

... ».

– Le Cannet, 1 mai 1913. C. P. (annotée). Il recommande à son amie la visite de Sospel, petite ville toscane du

temps des Médicis, encore préservée des bienfaits de la civilisation.

– Paris, 18 mai 1913. C. P. Rendez-vous pour mercredi « c

omme vous êtes gentille d'avoir dit tant de mal de

moi

».

– Paris, 7 juin 1913. L.A.S. 3 pp. in-8. «

Je me sens mieux

/.../.

C'est donc le moment de se montrer ingrat (un

Homme enfin). Je vous quitte pour aller vers Angelica

/.../

je resterai 8, 10 jours

... ».

– [Paris, juin 1913]. L.A.S. 1 p. in-12. «

Je n'ai pas pu partir ! Je me suis senti trop souffrant cette nuit

... ».

– Versailles, 16 juin 13. C. P. «

Je suis de plus en plus incapable de proclamer dans les trompettes de la ville

ce que j'ai fait. Je suis – ainsi que vous – venu trop tard dans un monde trop jeune

».

– Paris, 1 juillet 1913. L.A.S. (au verso d'un portrait de l'empereur). Rendez-vous.

– Fleury, 2 août 1913. C. P. château de Fleury-en-Bière. Il est chez Madame de Béarn avec Paléologue.

– Lac du Bourget, 28 août 1913. L.A.S. en 2 cartes postales. F. B. parcourt la Savoie (chez Lamartine aux

Charmettes, à Ferney chez Voltaire, à Coppat chez Mme de Staël). Longeant au soir le rivage du Lac, il évoque

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