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AUTOGRAPHES

401*.

Émile Chartier dit ALAIN

(1868-1951). Manuscrit autographe signé,

Propos d’un Normand

, [1914] ; 2 pages in-8.

Sur l’hypocrisie des politiques, quelques jours après la création de la

F

édération

des

G

auches

(13 janvier 1914 ; propos

publié dans

La Dépêche de Rouen

du 29 janvier 1914. « Aucun de nos radicaux ne répondra sans doute comme il faudrait au discours

de l’honorable M. Barthou ». Alain montre que le langage radical ne s’accorde pas au langage des partis politiques. Il dénonce ainsi

« l’éternel discours au Peuple » que le corps diplomatique sert à la population, et accuse « ce monde des Ambassadeurs, qui doit éclairer

les pouvoirs » d’avoir au contraire tous les préjugés des pouvoirs, d’obéir à une tradition d’histoire et de Partis qui tiennent toujours les

mêmes discours, pour servir leurs propres intérêts, et qui pratiquent la langue de bois, persuadés que le peuple ne peut rien entendre à la

vraie politique : « Et, bien mieux, on la lui cache. [...] Mais que dire de cette politique toujours secrète ? Cela seul devrait nous mettre en

défiance ; qui se cache veut tromper » ; alors que « la cause de la Paix se plaide toutes portes fermées. De quoi parle-t-on cependant ? De

nos intérêts, de nos affections, de nos libertés ». On connaît les exemples « de ces ridicules secrets que les hommes prétendus supérieurs

se confient les uns aux autres. L’Affaire Dreyfus nous a assez instruits. […] L’Homme d’État radical, s’il ne va pas jusqu’à dire les choses,

devra du moins les comprendre, lever la tête, et regarder par dessus l’élite ; comme le pilote de Virgile, attentif aux étoiles, sans souci des

craintes et des espérances ».

300/400

402.

Alphonse ALLAIS

(1854-1905). Manuscrit autographe signé,

La Vie Drôle

.

Secourue par la Science, l’Ingéniosité humaine arrive à bout

de tout, même des belles-mères

, [1899] ; 5 pages in-8, découpées pour l’impression et remontées, sous verre.

Conte humoristique publié dans

Le Journal

du 3 décembre 1899, et recueilli dans

Ne nous frappons pas

(La Revue blanche, 1900). Le

manuscrit, qui a servi à la publication, porte quelques ratures et corrections. Ce conte met en scène un lion empaillé et la belle-mère de

son propriétaire : « Campé, non d’ailleurs sans fierté, au fond du corridor, le pauvre fauve évoquait, en l’esprit des pondérés, moins d’ire

que de mélancolie et l’attitude de la belle-mère dépassait les bornes de l’agressivité permises » ; elle lui donne en effet chaque fois qu’elle

passe, un coup de parapluie ou d’ombrelle. Le gendre, excédé, recourt à un ingénieux stratagème : il place à l’intérieur de la bête « un

de ces phonographes Stentor, auprès desquels les trompettes de Jéricho ne semblent que pâles flutiaux » sur lequel il a enregistré « un

formidable rugissement du lion Brutus », et il place dans ses orbites un appareil d’éclairage électrique. « Le saisissement par elle éprouvé

avait dépassé la borne prévue. Quand on releva la dame, c’est à peine si elle eut le temps de lancer à son gendre un regard discourtois,

puis elle mourut ».

300/400

403.

Guillaume APOLLINAIRE

(1880-1918). L.A.S., 5 février 1915 [pour 1916], à l’éditeur Pierre-Victor Stock ; 1 page in-12, adresse au

verso, franchise militaire avec cachet postal daté 7-2-[19]16 (légère mouillure).

Curieuse lettre à propos du

P

oète

assassiné

[lettre écrite au retour d’une permission de deux jours à Paris]. « Mon cher ami, J’ai

l’intention de faire paraître un volume de nouvelles si je trouve un éditeur. Je l’intitulerai

Le Poète assassiné

. Voulez-vous me refuser cet

ouvrage de façon à ce que je puisse chercher un éditeur. D’autre part, on m’a dit que M. B. voulait faire ou faisait de l’édition. Je vous

donne ma parole d’honneur de ne point publier ce livre dans une maison qui de près ou de loin touche à M. B. Au demeurant j’essayerai

au

Mercure

. Je ne sais si je réussirai. Je n’ai pas eu le temps de revenir l’après-midi mais lors de ma prochaine permission je reviendrai

vous voir longuement »... Il signe : « Guillaume Apollinaire ». Au dos, il a noté : « Envoi du sous-lieutenant G. de Kostrowitzky 96

e

d’infanterie, 6

e

C

ie

Secteur 139 ».

[Le mystérieux B. en question n’est autre que son ami Robert Briffaut (ou son frère Georges) à qui Apollinaire confiera finalement son

livre, publié en octobre 1916 à L’Édition, Bibliothèque des Curieux.]

1 000/1 200

Voir la reproduction.

404*.

ARCHITECTES

. 28 L.A.S.

CharlesGarnier (25 juin1863, au comteWalewski, au sujet de l’Opéra), AlphonseGosset (6, 1914-1923, avec notice autobiographique),

Victor Laloux (2 à Ernest Kalas, 1918), Robert Mallet-Stevens (17.XII.1913, à son en-tête, sur les couvertures de partitions et les

cartes qu’il a illustrées), Gaston Redon (17 à son confrère Ernest Kalas, sur le palais de Compiègne et la fin de la guerre, 1918-1919),

Paul Tournon.

300/400

405*.

George AURIOL

(1863-1938) dessinateur, chansonnier et écrivain. 41 L.A.S. et 7 dessins ou manuscrits autographes, Royan, Paris,

Saint-Valéry-sur-Somme 1887-1932, la plupart à René Druart, à Reims ; 140 pages formats divers, la plupart à son chiffre, qqs adresses

ou enveloppes (on joint qqs doubles de réponses).

Correspondance littéraire et amicale, parfois dans une langue volontairement archaïsante, avec l’homme de lettres René Druart, en

grande partie concernant l’illustration du

Pampre, organe du Cercle Chevigné

(puis

revue régionale de littérature et d’art

), publié à Reims. La

revue est « tout à fait délicieuse » ; il en approuve le papier, sa teneur, son

Almanach de chasseur d’images

et ses illustrations « savoureuses »

(10 mars 1923)... Approbation d’

Interview

: c’est « juteux » (14 octobre 1923)... « Bonne idée le Haïkaï. [...] On aurait pu y incorporer 2

ou 3 pièces du récent

Livre des quatrains

de Francis Jammes. Faute : le hors texte sacre Louis XVI pas du format de la revue » (4 novembre

1923)... « Adoncques, d’icy à II en III iours, vous recepvrez de quoy enguarnir bellement vostre parchemin » (11 janvier 1924)... Envoi

d’un « topo bibliographique », et suggestion d’une lettrine (19 janvier 1924)... Recommandation de Joseph Quesnel, « l’imagier et

fabricateur d’almanach de Pau » (30 mars 1924)... Envoi d’un « petit tas de notules » (16 juin 1924)... « Pour Jules Renard, oui, les

2 noms proposés, vont. Je ne me rappelle pas les très intimes de Renard qui du reste était assez ours. Il y avait Tristan Bernard, Capus,

Nohain mais pas particulièrement intimes » (31 juillet 1924)... « Si vous connaissez les hauts barons de Champagne vous devriez leur

suggérer d’imiter ceux du Médoc – qui à l’occasion de sa décoration ont envoyé à Ponchon 6 fois 12 bouteilles de leurs meilleurs crus »...

Il s’exerce à des monogrammes (20 novembre 1925)... Observations sur des calques et des polices typographiques, et des possibilités de

gravure (4 décembre 1925)... « Lecture a été faite suivie d’approbation de votre

Prière

», mais le « rhythmeur impitoyable » demande où se

trouve le dernier pied du 6

e

vers (7 janvier 1926)... «

Les Harmonies viennoises

de Jean Cassou sont très bien (Ém.-Paul) et je vous signale

ô haïkuïste les

Chansons de Geishas

(Crès) » (9 janvier 1927)... Recommandation des

Contes des Tropiques

de Lafcadio Hearn et de « 2

Américains :

Gatsby le magnifique

(Scott Fitzgerald – Kra) et

Le Cygne noir

par Ernest Pascal » (17 février 1927)... « Qu’Allah me garde

c’t’e fois-cy de me parer des plumes du mufle. Sitôt reçus je vous accuse réception de vos coups de pincel à la japonaise – avant même