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435*.

Max ELSKAMP

(1862-1931). L.A.S., Berg Op Zoom 9 février 1916, [à René Druart] ; 1 page et demie in-4.

Belle lettre racontant son dramatique exode pendant la guerre. Il remercie Druart pour sa lettre et ses beaux vers, « salut

fraternel » et réconfort « dans ce long exil qui est mien, dans ce long hiver qui est celui de ce pays », où il a beaucoup souffert. Il raconte

comment il a fui sa ville d’Anvers en flammes à l’entrée des Allemands : « Je suis parti au milieu des obus qui s’abattaient en pluie,

dans les rues de chez moi, après avoir vu mon toit crever sous les schrapnels et mon quartier à moitié démoli ». Il a marché 14 heures

avant d’atteindre la frontière, « avec l’ennemi dans le dos et la crainte constante d’être coupé ; j’ai couché dans les bois, dans les églises

et même dans la rue, nous nous trouvâmes 170 mille Anversois dans cette petite ville de 15000 âmes ! qui me sert aujourd’hui de lieu

d’exil. J’ai vu la mort assez souvent et d’assez près pour que la vieille faucheuse ne puisse plus me faire peur. Mais le plus dur c’est ce qu’on

laisse derrière soi », notamment le travail de toute sa vie qu’il n’a pu mettre à l’abri. Il est attaché au Consulat de Belgique de Berg Op

Zoom, comme secrétaire de chancellerie. Sans nouvelle de sa ville, sans famille : « je sais plus que jamais ce que c’est que d’être seul au

monde »...

250/300

436*.

femmes de lettres

. 26 L.A.S.

Juliette Adam, Judith Gautier, Marie Giordani (3), Myriam Harry, Louise Hervieu, Daniel Lesueur, Anaïs Michelet (3), Anna de

Noailles (3), Marie de Régnier, Herminie de Rohan, Yvonne Sarcey (2), Anaïs Ségalas, Marie d’Uzès, Marie de Wailly (7).

200/300

437*.

Hippolyte FLANDRIN

(1809-1864). L.A.S., 25 février 1863, au graveur Joseph Soumy ; 4 pages in-8 à son chiffre.

Belle et longue lettre sur la gravure de sa peinture murale,

L’E

ntrée

du

C

hrist

à

J

érusalem

, à son ami le malheureux graveur

et peintre Joseph Soumy (1831-1863), qui, malade et persuadé qu’il devenait aveugle, se suicida peu après (26 juillet 1863).

Il sait « votre vif désir d’arriver à finir notre grande estampe pour le 1

er

mai, jour de l’ouverture de l’Exposition.

Certes si vous pouviez

travailler les deux mois entiers qu’il y a encore d’ici à cette date, je crois que vous pourriez beaucoup approcher

et par conséquent la mettre

telle quelle ». Mais il sait aussi que sa vue est encore douloureuse, et pense qu’il vaut mieux la ménager ; même s’il partage son envie

de voir la gravure exposée au Salon, il pense que « notre intérêt à tous veut que vous la donniez au Public, que lorsque vous l’aurez

rendue

l’expression entière de votre talent

! ». Il encourage Soumy à se reposer à la campagne, d’autant que le docteur se dit satisfait de

son évolution ; mais il le laisse juge de ce qu’il pourra faire « pour l’achèvement d’un travail auquel tout vous convie, vos engagements,

votre intérêt matériel et je crois aussi celui de votre réputation de graveur ». Haro va lui envoyer un nouvel acompte, M. de Courmont

lui accorde une subvention pour son portrait de François I

er

, et Flandrin promet de ne pas l’oublier... Il a vu la dernière épreuve dont il

est content, mais il lui reste encore beaucoup de travail « avec la retouche que je vous ai faite la dernière fois qui porte sur l’ensemble

et beaucoup de modifications dans les caractères de têtes. Vous avez donc tous les documents pour aller plus loin, et je me fie à votre

intelligence et votre amour de l’art. Lorsque vous approcherez de la fin je crois qu’il sera indispensable que vous soyez à Paris et que nous

nous entendions pour les dernières recherches »... Il continue à l’encourager, à le soutenir, et l’assure qu’il fait toute confiance à « votre

sentiment d’artiste »...

400/500

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Paul FORT

(1872-1960). 7 manuscrits autographes (5 signés), 34 L.A.S. (8 sur cartes de visite) et 3 L.S., Paris et Montlhéry 1891-

1951, la plupart à René Druart, à Reims ; 75 pages formats divers, qqs en-têtes du

Théâtre d’Art

et de

Vers et Prose

, qqs adresses et

enveloppes.

Poèmes.

Chanson matinale du prince Hamlet

, « Ballade Française inédite » dédiée à Mme Mary Marquet, [1924].

Placet du bon et méchant

trouvère Paul Fort à René Druart

, 19 mai 1932.

Tout s’en va

, élégie dédiée à René Druart, 1

er

juin 1932.

La Plainte de l’Arche de Noé vers

mon ami René Druart en ces jours de cataclysme universel

, 6 février 1933.

Dernière complainte

, dédiée à René Druart, 20 février 1933.

Jeanne

la Lorraine et la Champenoise

, ballade en partie autographe (avec insertion de coupures de revue). Plus un discours au Président [Druart]

et membres de l’Académie nationale de Reims, [le 3 juillet 1924], en remerciement du prix Lucas.

Correspondance. Comme directeur du Théâtre d’Art, à Paul Eudel (5), pour l’inviter à souscrire aux spectacles et pour communiquer

des programmes, 1891-1892. Comme administrateur de

Vers et Prose

, à Maurice P. Fourain, pour l’encourager à s’abonner à la revue...

à René Druart (29), pour l’intéresser à la teneur et à la diffusion de

Vers et Prose

(1911) ; l’entretenir de sa conférence à Reims (1913) ;

communiquer son « Bulletin de guerre »,

Poèmes de France

, dans l’espoir d’avoir accompli son « devoir de poète français » (1915) ; le

féliciter sur sa revue

Pampre

(1923), et remercier du compte rendu de

Reims, bouclier de la France

(1924) ; promettre un hommage à Pol

Neveux, et déplorer la nécessité de multiplier des conférences (1925) ; recommander ses

Chansons d’amour

(1926),

La France à travers

les « Ballades françaises ». Toute la France

(1927),

Le Rire français

(1928) et les

Rois de France

(1930) ; et parler, à plusieurs reprises, des

Amis de Paul Fort, et de son besoin de secours : « Sans avoir jamais eu le génie de Lamartine, j’en suis réduit à faire comme lui » (1933)...

D’autres lettres à un cousin, à Henri Druart et à Martin Hubrecht...

On joint 7 cartes de visite, 8 télégrammes et des prospectus ; plus un petit ensemble de lettres et cartes de son épouse Germaine, ses

filles Hélène et Claire, et Georges de Meyenbourg, secrétaire du Comité des Amis de Paul Fort.

800/1 000

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Gustave GEFFROY

(1855-1926) écrivain et critique d’art. Manuscrit autographe signé,

Souvenirs de Renoir

, [décembre 1919] ; 1

page et demie in-4 (coupure de presse jointe).

Hommage à Auguste Renoir (mort le 3 décembre 1919), destiné à

La France libre, journal socialiste quotidien

(2

e

année, n° 521). Ayant

rappelé quelques caractéristiques de la peinture de Renoir – le « paradis intime », les fleurs, la chair féminine, les portraits splendides, un

« sens du moderne qui est la marque des artistes originaux de tous les temps », Geffroy évoque quelques souvenirs personnels du dîner

mensuel des Impressionnistes : « C’était des soirs de conversation où tous les événements du jour étaient appréciés avec la liberté d’esprit

qu’apportaient ces artistes éloignés de toutes les organisations officielles. Généralement, cela finissait par des discussions politiques,

sociales, philosophiques, entre Caillebotte et Renoir, le premier avec sa fougue qui allait jusqu’à une colère, d’ailleurs inoffensive, le

second, avec sa verve sarcastique, l’espèce de méphistophélisme qui marquait d’ironie et de rire bizarre sa face déjà tourmentée par la

maladie »... Il a connu un Renoir plus calme, chez lui, avec Stéphane Mallarmé, « grand pacificateur »... Reste encore de ce groupe

Claude Monet, qui vient de lui écrire « sa peine de la disparition de son compagnon de luttes, qu’il aimait tendrement »...

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