99
233.
Eugène IONESCO
.
M
anuscrit
autographe signé ; 4 pages et demie in-4 au stylo bille vert, avec ratures et corrections.
1 000/1 500
I
ntéressant
texte
sur
la
façon
de
jouer
ses
pièces
,
et
sur
le
théâtre
populaire
. Il se réjouit d’être joué par de jeunes comédiens pour
des jeunes : « La vérité des jeunes est, bien entendu, la vérité de demain, et s’ils me reconnaissent comme un des leurs c’est donc que
je porte, dans mes pièces un peu d’avenir ». Ses pièces ne souffrent pas des traductions, même mauvaises, si ses indications de mise en
scène sont respectées : « Je crois qu’une pièce de théâtre authentique est aussi une mise en scène écrite, une partition. [...] Le metteur en
scène est une sorte de “régisseur” qui a pas mal à donner encore : son rythme, sa respiration ». Son plus mauvais metteur en scène a été
Werner Düggelin pour
Les Chaises
à Francfort, avec huit chaises sur la scène au lieu de cinquante, qui en a fait une sorte de Commedia
del Arte. « Pour ce qui est du jeu des acteurs, la théorie de la distanciation brechtienne est principalement à éviter » ; il vaut mieux « se
rapporter aux recommandations plus complexes et nuancées de Diderot ou de Jouvet ; mais ne pas oublier Dullin, partisan d’un principe
subtilement opposé »… Et il conclut : « Si je dirigeais un Théâtre populaire j’y ferais jouer des œuvres non-populaires. Et vice versa. Mais
définir ce qui est “populaire” est une chose infiniment compliquée : car on appelle souvent “populaires” les pièces de patronage (de droite
ou de gauche) qui sont, en fait, essentiellement antipopulaires ».
O
n
joint
une L.A.S., 3 L.S. et une carte postale a.s. à Jean Darcante, 1963-1964, au sujet de ses droits aux États-Unis, d’un congrès
sur le théâtre, de son refus de participer à un séminaire, etc.
Littérature




