230
627.
Ludovic Charles NAUDEAU
(1872-1949) journaliste et écrivain.
M
anuscrit
autographe signé,
Un Régiment qui
chante
, [1904]
; 5 pages et quart in-4, ratures et corrections.
250/300
A
rticle
sur
la
guerre
russo
-
japonaise
, dont Naudeau fut un des premiers reporters pour
Le Journal
, avant de se faire capturer par les
Japonais. « Newchwang 1
er
avril. C’est un régiment russe qui passe, un régiment hérissé de baïonnettes, un régiment qui chante... [...]
Les fantassins eux-mêmes, avec un art qui surprend chez ces êtres frustres, exécutent vocalement leur musique guerrière. [...] Où les
mène-t-on ? Qu’attend-t-on d’eux ? Ils ne le savent pas très exactement ni pourquoi ils sont en Mandchourie. [...] Seulement, ils ont
entendu dire que les
Iaponski
étaient des méchants, des perfides, des ennemis du Tsar et, les suggestions de leurs vaillants officiers s’y
interposant, ils considèrent que c’est désormais leur devoir de tuer beaucoup, beaucoup, beaucoup de ces mauvaises gens. [...] En les
voyant passer, j’éprouve un malaise [...] : combien de ces adolescents ne retourneront jamais au village natal ? »...
628.
Charles-Guillaume NAUNDORFF
(1783 ?-1845) l’un des plus célèbres faux Louis XVII. L.A.S. « Charles Louis. Duc
de Normandie et Roi légitime de France », Camberwell 18 novembre 1839, au « comte de
L
a
B
arre
»
[Modeste
G
ruau
]
, à
Lyon ; 2 pages in-4, adresse avec sceau de cire rouge (brisé avec petit trou), marques postales.
600/800
T
rès
belle
lettre
à
son
homme
de
loi
et
propagandiste
,
en
vue
du
procès
des
éditeurs
français
de
son
livre
D
octrine
céleste
,
pour
outrage
à
la morale
publique
et
religieuse
.
[La condamnation par la Cour des Assises du Rhône interviendra le 28 décembre ;
La Voix
d’un proscrit, mémoire historique et judiciaire
, dont Gruau de la Barre fut l’un des principaux rédacteurs, rend compte de l’affaire dans
son numéro du 20 janvier 1840.]
Il lui souhaite la paix de Dieu et l’invite à se faire communiquer par leur ami Dullurger la lettre où sont tous ses ordres. « Dis donc
à tout le monde d’être prêt pour empêcher à Lyon la guerre civile. Que nos amis se forment en garde nationale et qu’ils servent pour
maintenir la paix de la ville
à tout pris
, n’importe qui y commendera. Mes amis se joindront aux républicains ou à Louis-Philippe lui-
même, pourvu que la paix de la ville soit maintenue pentant que la révolution éclatera ; car il est certain maintenant que personne
n’empêchera le malheureux fait de la famille d’Orléans, c’est elle qui doit porter les conséquences des péchés de ses pères, comme je
les ai portés moi-même. Le tort de mon infortuné père, et celui de toute la famille de Charles 10, frappera tour à tour les membres de
la famille régnant actuellement, car Louis-Philippe ne m’écoutera point. Mais Dieu est juste, voilà pourquoi il n’empêchera point les
conséquences des actions antérieures : aussi l’assassin du Duc de Berri et celui du dernier Condé, le Duc de Bourbon, n’échapperont
point au jugement du Très Haut. Le temps, où tous les crimes des misérables seront dévoilés est proche, et tout la France les aura en
horreur, alors la vengeance du peuple sera à son comble. Mais que les bons habitans de Lyon n’y prennent point de part ; autrement
ils partageront le sort malheureux de
Paris
et de
Rome
que nos amis donc se concertent en se réunissant pour maintenir la paix et
l’ordre
à Lyon
. Pour le reste, ils ne s’en occupperont
point
. Seulement et dans le cas où les membres de la famille de Louis-Philippe s’y
réfugieraient j’ordonne à mes amis de les protéger afin que qui que ce soit ne touche à leur vie,
même pas à celle de leur chef
. Quant
à toi mon brave Sulli, ne crains rien, car tout ira bien. Mais lorsque tu n’auras plus rien affaire après le procès, à Lyon, pars le plutôt
possible pour me rejoindre car je ne peux pas tout
écrire
»... Il lui a envoyé par la Hollande ses derniers ordres, et il joint ici le conseil
de leur ami Xavier [Laprade]. « Voici ma réponse sur la calomnie infâme du cabinet prussien. Tous les ambassadeurs de l’Europe en ont
reçu, et tu en feras usage à Lyon selon le besoin, même devant le tribunal, et si mes implacables ennemis n’y répondent pas quel honnêt
homme voudrait encore douter de leur infamie ? »... Enfin, après le procès, si quelques bons Français souhaitent l’accompagner, « soit
pour me voir ou pour dissiper le dernier doute sur mon identité, dis-leur que je recevrai avec un plaisir extrême tout honnêt français
pour le convaincre que l’orphelin du Temple mérite l’amour et l’attachement de toute la France ». Il embrasse son « fidèle des fidèles »…
O
n
joint
une autre L.A.S. « Charles Louis. Duc de Normandie » à sa femme (Londres 3 janvier 1837, en allemand), et 2 lettres en
allemand à lui adressées par sa femme (1835 ?), et par sa fille aînée Marie-Amélie (Dresde 28 novembre 1836).
629.
Adam Albrecht, comte NEIPPERG
(1775-1829) officier autrichien, grand-maître du Palais de Marie-Louise, qu’il
épousa. L.A.S., Parme 22 mai 1822, à un comte ; 1 page in-4.
100/120
« Sa Majesté [
M
arie
-L
ouise
] n’a encore eu aucune nouvelle directe du voyage de Son Altesse Madame la Duchesse de
C
hablais
. Elle
en recevra apparemment plus tard l’avis par le Duc de Modène. Il n’est pas décidé encore si on ira à Colorno à la fin de ce mois, ou les
premiers jours de l’autre »...
630.
Adam Albrecht, comte NEIPPERG
. L.A.S., Parme 20 mai 1827, au Baron
F
ain
; 1 page in-4.
120/150
« Sa Majesté Madame l’Archiduchesse, Duchesse de Parme, me fait part que dès qu’Elle aura reçu votre lettre, Elle recommande à Son
Auguste Père Sa Majesté l’Empereur d’Autriche, vos réclamations envers le Mont de Milan. Aussitôt qu’Elle recevra une réponse à ce
sujet, quoiqu’il soit à craindre qu’on ne voudra pas s’écarter des règles générales qui ont été adoptées, la décision qui aura été prise vous
sera de suite communiquée »...
631. [
Louis d’O
rléans
, duc de NEMOURS
(1814-1896) deuxième fils de Louis-Philippe, général, il s’illustra en Algérie].
6 L.A.S. adressées au duc de
N
emours
par son frère François prince de
J
oinville
, sa sœur
C
lémentine
, et sa maîtresse
Mademoiselle
A
lbertine
(Albertine Albrier-Coquillard, 1810 ?-1846, danseuse à l’Opéra), février-mars 1840 ; 15 pages
in-4 ou in-8, 2 adresses.
600/800
C
urieux
ensemble
relatif
à
la
rupture
de
N
emours
avec
sa maîtresse
,
la
danseuse
M
ademoiselle
A
lbertine
,
dont
la
sœur
cadette
,
V
ictorine dite
« F
ifine
»,
était
la maîtresse de
J
oinville
. Cette rupture intervient après l’annonce du futur mariage du duc de Nemours,
et les débats houleux autour du projet de dotation de revenu annuel et d’allocation pour les frais de mariage et d’établissement, projet
… / …




