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les collections aristophil
1091
MARIE-CLOTILDE
(1759-1802)
sœur de Louis XVI, elle fut princesse
de Piémont puis Reine de Sardaigne.
2 L.A.S. « Marie Clotilde », Aix et
Évian juillet-août 1786, à la marquise
d’HAUSSY, au Grand Commun
à Versailles ; 2 pages petit in-4
chaque, adresses avec contreseing
de l’intendant des Postes RIGOLEY
D’OGNY et cachets de cire brune
couronnés.
500 / 700 €
Charmantes lettres à sa chère « Sisye »,
sur son séjour à Évian.
Aix 12 juillet 1786
. Elle décrit les belles gazes
qu’elle lui a trouvées. « J’entends beaucoup
parler sur les gazettes d’un M
r
de Cillard
officier de la Marine qui me paroit être
distingué, seroit-ce votre neveu frere de
Villeneuve, j’en serois enchantée, je partage
bien la joie que celui-cy aura eu du voyage de
mon frere [voyage de Louis XVI à Cherbourg
en juin 1786] on me mande qu’il en est revenu
enchanté ». Elle s’inquiète de la goutte de
Sisye à qui elle fait des recommandations
Évian 21 août 1786
. La santé de son cher
mari, « qui étoit encore plus délabrée
que la mienne, se rétablit à merveille, il a
prodigieusement gagné icy […] Nous menons
une vie charmante icy, nous allons tous les
matins à la fontaine, où tout le monde se
promène, ce qui est tres guai et vivant, apres
le diné nous déscendons dans le jardin,
on y a fait une petite tente sous laqu’elle
nous pêchons des petits poissons, notre
monde forme une société tres agréable,
nous faisons souvent des parties sur
le lac, enfin je m’amuse beaucoup »…
1092
MARIE-THÉRÈSE
(1717-1780)
Impératrice.
P.S. « Maria Theresia », Vienne 17 mai
1754 ; contresignée par le comte de
KAUNITZ-RITTBERG et Frédéric de
BINDER ; vélin in plano (54 x 67 cm.),
grand sceau pendant de cire rouge
aux armes dans son boîtier en bois
tourné, sur cordons jaune et noir ; en
latin (légères mouillures).
500 / 700 €
Lettres patentes de ministre
pour le comte
Florimond de MERCY-ARGENTEAU à la Cour
de TURIN près de CHARLES-EMMANUEL,
Roi de sardaigne, Duc de Savoie et Prince
de Piémont.
1093
MAZARIN Jules
(1602-1661)
cardinal et homme d’État.
L.A.S. « GiuMazarini », Paris 25
novembre 1634, au Prince Thomas de
SAVOIE-CARIGNAN ; 2 pages in-fol. ;
en italien (encre un peu pâle).
1 500 / 2 000 €
Remarquable lettre du début de sa carrière,
écrite la veille de son entrée solennelle à
Paris comme Nonce.
[Mazarin, qui n’est encore que vice-légat en
Avignon, vient d’être nommé, à trente-deux
ans, Nonce extraordinaire du pape Urbain
VIII à la cour de Louis XIII. C’est une étape
décisive dans la carrière du jeune Monsignor,
qui le rapproche du cardinal de Richelieu
et du pouvoir.]
Il ne jouirait pas parfaitement des grâces
de Sa Sainteté le Pape s’il ne les notifiait
pas à Son Altesse, « comme à l’un de mes
plus grands patrons qui m’a toujours traité
si favorablement en déclarant qu’il agréait
ma très humble servitude »… Aussi lui fait-il
part de son arrivée en cette cour, avec le
titre de Nonce extraordinaire, après avoir
repris possession de la légation d’Avignon.
Que Son Altesse veuille bien l’honorer de
ses commandements et croire que dans cet
avancement, Mazarin s’emploiera volontiers
à la servir… Puis il parle d’une affaire de 1500
pistoles qu’il a avec Baunis, et il transmet au
Prince une lettre de sa femme avec qui il a
eu à Milan plusieurs longues conversations,
« sans que ma qualité de Nonce pût me
préserver des querelles accoutumées.
Mais je l’ai mise en colère en lui disant
que je me vengerais en envoyant à Votre
Altesse de petits cadeaux de Rome pour
qu’Elle les donne aux dames de Bruxelles » ;
il va les lui faire envoyer par Mondini, « mais
pas pour qu’Elle en fasse présent à aucune
dame, car j’en suis sûr, c’est là une chose que
Madame la Princesse ne me pardonnerait
pas si facilement. J’ai laissé Son Altesse en
parfaite santé à Milan ainsi que tous ses
enfants ». Et il l’assure de son dévouement…
1093




