15
36.
Mary CASSATT
(1844-1926).
Photographie de tableau avec
dédicace autographe signée ;
épreuve argentique noir et blanc
22 x 27 cm, sur carton 33 x 39
cm portant au dos le tampon
du photographe
Photographie
d’art Émile Delétang
(photo un
peu oxydée, légère trace brune
d’encadrement sur les bords).
800/1 000
Sous la reproduction d’un pastel
représentant une mère coiffant sa fille
d’un chapeau, elle a inscrit au crayon
cette dédicace : « à Mademoiselle Marie
Saint Compliment amicale Mary
Cassatt ».
37.
Jean CASSOU
(1897-1986). Poème autographe,
Triomphe
, 1943-1947 ; 3 pages et quart in-4 (sur papier
administratif, un en-tête de la
Direction des Musées nationaux
).
250/300
Poème composé de 24 tercets et un vers final, comportant quelques ratures et corrections.
« Cœur, ce cœur, que de secrets, que d’acerbes,
Saignants, malodorants secrets aux fosses croupissaient
De ses fosses, là d’où ne remontait nulle herbe »...
38.
Louis-Ferdinand CÉLINE
(1894-1961). Manuscrit autographe pour
L’École des cadavres
, [1938] ; 4 pages sur
5 feuillets in-4 paginés de 1 à 5 (petits trous d’épingle).
1 500/2 000
Manuscrit d’un développement pour
L’
École des cadavres
, pamphlet antisémite publié chez Denoël en 1938 et non
réédité depuis la Guerre.
Ce fragment correspond aux pages 263 à 265 de l’édition Denoël, en trois additions, qui présentent, outre des ratures et
corrections, et des additions interlinéaires, des variantes avec le texte publié.
Céline s’attaquait aux « éminentes cervelles latines » qui s’opposaient aux découvertes de Pasteur ; ici s’insère le premier
développement (p. 263, lignes 2 à 14) : « Elles avaient eu le mot ! elles avaient eu la chose ! Ébullition ? n’est-ce pas ? Très
bien ? Antisepsie ? Alors ? Deux ! Dix ! Vingt minutes ! Qu’est-ce que ça pouvait bien foutre toutes ces histoires de minutes ?
des échappatoires tout ça ! des alibis, des faux-fuyants ! que des chichiteries ces minutes ! Quelle différence ça pouvait faire ?
Y avait eu bien tout le mot : ébullition ? On avait bien fait bouillir ? Alors c’était l’essentiel ! Pasteur était condamné devant
l’Académie de Médecine, française, latine, verbale puisqu’il avait prononcé le mot. Il était foutu. Ils avaient tous répété les
quarante académiciens le mot. Alors c’était suffisant. Si ça marchait pas c’était tant pis pour sa gueule ! »
Puis vient au feuillet 3 un autre développement (de la ligne 23 à la fin de la p. 263 et les premiers mots de la p. 264) : « Si les
événements comme à Munich viennent bousculer leurs petites solutions verbales, vous les voyez longtemps, longtemps encore,
demeurer tout déconfits, malheureux, ne reconnaissant plus le monde, leur Monde, qui est un monde essentiellement de mots.
À force de tout arranger, de tout trancher avec des mots, ils finissent par croire forcément que tout est arrivé. Et en avant ! Nous
possédons maintenant en France le plus soufflé brelan de vaniteux crétins pontifiants imaginables, les plus grands rhétoriciens
raisonneurs de travers de la Planète, les plus fieffés culottés épouvantables grands moralistes à faux de l’univers. Revenons à
nos juifs. Il se passera en Italie »...
Le dernier feuillet (5) présente les trois derniers paragraphes de la page 265 : « Conclusion : Par les morales les plus rigides,
les mesures les plus terrifiantes on n’arrive pas à grand chose avec les hommes, mais par les demi faux semblants, les demi-
teintes, les faux-fuyants, qu’est-ce qu’on espère ? Autant bien mieux avouer tout de suite qu’on a rien envie de faire du tout,
qu’on s’en fout. Ça serait plus simple, plus honnête. Et puis Amen nom de Dieu ! Et vive l’enfer du Talmud ! »
Reproduit page suivante
39.
Blaise CENDRARS
(1887-1961). 3 L.A.S., [1948-1952, à Marcel Thiébaut, directeur de la
Revue de Paris
] ;
chacune sur 1 page in-4.
400/500
Saint-Segond, Villefranche-sur-Mer jeudi 5 [1948]
. « Croyez-moi très sensible à tout ce que vous me dites de
Bourlinguer
,
trop heureux d’apprendre que mon bouquin diluvien a pu vous faire oublier la pluie derrière les vitres. Justement je suis en
train d’achever un long récit,
La Tour Eiffel céleste
que je destinais à votre Revue ; je vous l’adresserai en septembre, dès qu’il
sera prêt »...
… /…




