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le montrent quelques exemples… « Je ne m’amuseray pas
davantage à censurer Amiot, parce qu’il me semble que j’ay fait
voir suffisemment son insuffisance, et qu’il n’avoit pas fait les
provisions necessaires pour s’embarquer sur un si vaste ocean
sans s’exposer au danger de faire naufrage ». Bachet accuse
Amyot d’avoir, par cette « infinité de fautes dans la traduction »,
défiguré Plutarque. Corriger toutes ces fautes ne serait pas « un
moindre travail que celuy qu’Hercule soustint, quand il nettoya
les estables d’Augias. Or je n’ose pas m’asseurer que je puisse
venir a bout heureusement d’une si difficile entreprise, tant parce
que je me defie extremement des forces de mon esprit et de
ce peu d’erudition que mes longues veilles m’ont acquise, qu’à
cause que le lieu où ma fortune m’attache ne me permettant
pas d’avoir aucune communication avec des hommes doctes,
et me privant de l’usage de plusieurs livres rares, principalement
de ceux qui sont escris à la main, qui ne se trouvent qu’aux plus
celebres bibliotheques, je suis destitué de tout secours. A quoy
si l’on adjouste les incommoditez que je souffre en ma santé,
qui me desrobent la meilleure partie de mon loisir, et font que
je laisse ecouler beaucoup de temps inutilement, je crois qu’on
m’advouera que je n’ay pas grand subjet de me promettre d’avoir
assez de vie pour achever un si long ouvrage »…Mais l’honneur
qu’on lui fait en l’admettant dans une si illustre compagnie va lui
redonner courage et favoriser son succès…
Ancienne collection E.
G
ourio
de
R
efuge
(23-24 décembre
1902, partie du n° 13) ; repr. dans
L’Amateur d’autographes
,
1900, p. 192-193.
600 / 800
€
27
Jean Sylvain BAILLY
(1736-1793) savant et astronome, premier
Maire de Paris, guillotiné.
[AF]
L.A.S., Chaillot 2 juin 1772, à son confrère Auguste-Denis
F
ougeroux
de
B
ondaroy
; 1 page in-4 (portrait joint).
Il lui envoie le rapport qu’il lira à l’Académie des Sciences sur son
mémoire de
L’Art du coutelier
: « Ce sera pour demain si vous en
etes content sinon je le reprendrai pour y faire les changemens
que vous desireriez et ce serait pour vendredi. Peut-etre le
trouverez-vous trop long, mais il fallait n’entrer dans aucun
détail, ou donner quelque idée des pratiques de cet art » ; c’est
ce qu’il a voulu faire : « l’academie doit entendre avec plaisir ces
details », qui instruiront « quelques uns de ses membres, qui
ne sont pas tous egalement versés dans la connaissance des
pratiques des arts. Mais si reellement vous le trouvez trop long,
dites le moi naturellement et nous conviendrons ensemble de
ce qu’il faudra en retoucher »… En 4
e
page du feuillet, notes et
remarques de la main de
F
ougeroux
de
B
ondaroy
.
O
n
joint
une L.S. à M.
L
anglade
de
V
illiers
, ancien secrétaire
du prince de Conti, 11 septembre 1789, au sujet de son travail
« sur la liquidation de la dette nationale et sur l’impot unique » ;
plus la brochure impr. des discours prononcés lors de sa
réception à l’Académie (Demonville, 1784).
300 / 400
€
28
Pierre-Simon BALLANCHE
(1776-1847) écrivain et philosophe,
ami de Mme Récamier.
[AF]
5 L.A.S., 1835-1841 et s.d. ; 3 pages in-8 avec adresses et 2
pages in-12.
Jeudi matin
, à Charles
R
abou
, lui envoyant un de ses ouvrages
paru en 1814, avec le souhait de « vous faire revenir un peu
du préjugé d’obscurité que vous avez conçu à mon égard »…
9 juillet 1836
, à François
A
rago
. L’éditeur Babeuf préparant
une
Biographie des contemporains à partir de 1789,
il serait
heureux qu’Arago voulût bien se charger d’une série d’articles
ou qu’il désignât d’autres confrères s’il était trop occupé lui-
même. Il a appris par Gerando qu’Arago souhaitait s’entretenir
avec lui de leur ami
A
mpère
: « Vous devez bien comprendre
combien je désire que la mémoire d’un ami si cher, d’un ami
de quarante ans, soit sous votre haute protection »…
25 mars
1841
, recommandant M. Lazare Augé, qui désirerait obtenir
par M. de Rambuteau un emploi dans les hôpitaux.
Paris 8
janvier 1842
, aux conservateurs de la Bibliothèque royale
,
pour emprunter deux volumes de Pascal sur la physique et les
mathématiques.
7 juin 1835
, à Mélanie
W
aldor
, invitation au
nom de Madame
R
écamier
.
200 / 250
€
29
Jean-Louis
Guez de
BALZAC
(1597-1654) épistolier et
historiographe.
[AF]
P
oème
autographe,
A Monsieur de Balzac sur sa cholique
; 1 page
in-fol. (cachet effacé de la collection Max Thorek).
T
rès
rare manuscrit
de
G
uez
de
B
alzac
.
Copie soignée faite par Balzac d’un amusant sonnet à lui
adressé par son ami le célèbre poète Jean
C
hapelain
(1595-
1674).
« Balzac, mon noble amour, que la Romaine lyre
Trouve seul entre tous, digne de toucher,
Et qui d’un throsne d’or qu’on ne peut approcher,
Des françois éloquens régis le docte empire
Ah ! ne demande plus qui cause ton martire ;
Qui t’attache à ce lit, comme sur un rocher ;
Qui t’enflame le flanc, & d’où s’y vient cacher
Le vautour qui sans fin tes entrailles deschire »…
500 / 700
€
30
Honoré de BALZAC
(1799-1850) romancier.
L.A.S., [novembre 1842, au sculpteur Antoine
É
tex
] ; 1 page
et demie in-8.
T
rès
belle
lettre
sur
la
sculpture
.
[Le 19 novembre 1842, Étex avait écrit à Balzac son admiration
pour
Un ménage de garçon en province
(
La Rabouilleuse
), en
l’invitant à venir à son atelier voir un groupe qu’il est en train de
sculpter, et disant son désir de faire le buste de Balzac.]
« Vous ne pouvez pas douter du plaisir que j’aurai à voir un des




