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15

34

Maurice BARRèS

.

[AF]

M

anuscrit

autographe signé, [vers 1911] ; 3 pages et demie

in-4 avec ratures et corrections.

S

ur

le

féminisme

. Cet article a été écrit pour l’avocate,

conférencière et féministe, Hélène

M

iropolski

.

« Quand les institutrices demandent l’égalité du salaire avec les

instituteurs, je ne vois rien en droit à leur opposer. À services

égaux, salaires égaux. La formule est juste. Je n’ai rien à y

objecter que des considérations budjetaires […] le principe

s’imposera ». Mais ni cette réclamation ni celles de l’accession

de la femme à toutes les carrières et aux droits politiques ne

sont l’essentiel : il s’agit de savoir ce que les femmes feraient de

leurs droits politiques. « Ce qu’elles en feraient ? Leur délivrance.

Elles épanouiraient leur pensée, leur désir comprimés par les

dogmes, par les codes, par les mœurs. Il ne leur suffirait pas

de contrefaire l’homme ; elles libéreraient la femme. Le vrai

féminisme, l’unique féminisme, le secret et le cœur même

du féminisme, c’est une conception […] toute nouvelle de la

femme, de son rôle, de ses vertus. N’écoutez pas Louis Marin,

n’écoutez pas Ferdinand Buisson ; écoutez les femmes elles-

mêmes. Chaque fois qu’elles parlent en liberté, elles réclament

leur émancipation et pour l’obtenir n’hésiteraient pas devant

un bouleversement où pourrait sombrer la société telle que

nous l’avons toujours su organiser »… Il renvoie à

La Révision

de valeurs de la femme

de Léonie Bernardini-Sjoestedt, qui

l’a renseigné sur le mouvement féministe mené par Ellen Key

dans les pays du Nord – « mouvement extraordinaire, […]

danse prodigieuse d’éclat, de folie et de charme au-dessus

d’un gouffre » – et il croit qu’il y a là « beaucoup de cœurs irrités

et beaucoup d’imaginations éblouies par la nouveauté ». Et

d’interpeller les féministes : « Pour ne plus vouloir de votre vie,

êtes-vous donc différentes de nos mères ? Et alors, êtes-vous

meilleures ou pires ? Nos mères étaient parfaites. Que serez-

vous ? Je ne désire pas que nos fils en fassent l’expérience. Je

ne le désire pas pour nos filles, non plus »…

400 / 500

35

Jean-Jacques, abbé BARTHÉLEMY

(1716-1795) érudit,

archéologue et écrivain.

[AF]

M

anuscrit

autographe,

Sur la fondation de Messine

 ; 1 page et

demie in-fol.

Brouillon d’une note explicative ajoutée au chapitre

xl

du

Voyage

du jeune Anarchasis en Grèce

(tome IV), avec quelques ratures

et corrections : « Pausanias dit qu’après la prise d’Ira, c’est-à-

dire vers l’an 668 avant J.C., les Messéniens, sous la conduite

de Gorgus, fils d’Aristomène, allèrent en Italie, joignirent leurs

armes à celles d’Anaxilas, tyran de Rhégium, chassèrent

les habitants de la ville de Zanclè en Sicile, et donnèrent à

cette ville le nom de Messène (aujourd’hui Messine). Ce récit

est formellement contraire à celui d’Hérodote et à celui de

Thucydide »… Etc.

O

n

joint

une belle L.A.S. du 26 août 1791 (1 page in-4), se

félicitant « d’avoir inspiré quelque interet à une classe de

lecteurs dont j’ambitionnois les suffrages. […] asservi par la

nature de mon plan, à rapporter exactement les faits, je n’ay

pas crû qu’il me fut permis de suppleer au silence de l’histoire,

et je me suis interdit les reflexions qu’un homme de lettres doit

abandonner aux artistes »…

200 / 300

36

Charles BAUDELAIRE

(1821-1867) poète.

L.A.S. « Ch. Baudelaire » ; 1 page oblong 4 x 10 cm.

Court billet griffonné sur un petit morceau de papier,

probablement glissé sous un porte. « Je viens de lire votre

admirable étude sur

A

retin

, et je profitais d’une journée de

flânerie pour venir vous témoigner ma reconnaissance pour

le grand plaisir ».

500 / 700

36