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l’indignation où l’on est sur l’immoralité des deux personnages.
S’il ne l’aimait point du tout qu’elle ne l’aimât guères, et puis
qu’il la laissât, on trouverait cela bien plus dans l’ordre. L’on ne
voit pas qu’ils ne sont dans le malheur et dans le scandale que
parce que ce sont deux créatures distinguées, sensibles et
scrupuleuses. Au reste c’est toujours le même sujet que traitent
depuis cinquante ans, tous ceux qui ont des impressions
fortes et vraies. C’est le combat des affections individuelles et
libres, avec l’ordre établi dans la société. Elles n’ont pas tort et
elle a raison. C’est cette inépuisable source de contradictions
qui a fait Héloïse, Werther, René, Corinne, et Adolphe »…
22 février [1818]
, au sujet d’un volume de littérature allemande
(
S
chiller
?) : « Il y a du talent, et des choses parlant du fond,
ce qui est fort rare de notre tems, et que, vous surtout, devez
trouver de votre goût. Mais l’esprit n’a guères le loisir de songer
à la littérature. C’est une bien petite affaire en comparaison
de tout ce qui se passe. Les sentimens personnels, et les
considérations générales ont quelque chose de fort et de réel
qui repousse les plaisirs de l’imagination »…
D’autres lettres concernent l’envoi des tragédies de Schiller, la
défense du personnel de son ministère contre l’épuration, etc.
O
n
joint
2 l.a.s. de François
B
arbé
-M
arbois
(1745-1837) à la
duchesse, mars 1827, au sujet de l’entrée d’un protégé à
l’Hospice de la Vieillesse : « Faire une bonne action est un
soulagement à vos maux »…
500 / 700
€
32
Jules BARBEY D’AUREVILLY
(1808-1889).
2 L.A.S. ; demi-page petit in-4, et 1 page in-8 (deuil) à sa
devise
Never more
.
« Mon cher Martin, Voulez-vous passer chez moi vers
4
heures, ce jour d’hui ? Nous avons une communication à vous
faire de la part de notre gouvernement »… Il signe « Jules B.
d’Aurevilly » puis « Conseiller Crespel ».
Lundi 26, à un Docteur
.
Il ne peut dîner chez lui demain, à son « grandissime regret »,
car il est déjà invité depuis longtemps et souffre de plus d’une
« grippe tellement intense » qu’il ne pourra pas quitter sa
chambre. « Mes sentiments pour vous sont plus intenses que
ma grippe & sont plus agréables qu’elle »…
400 / 500
€
33
Maurice BARRèS
(1862-1923) écrivain et homme politique.
[AF]
13 L.A.S., [vers 1890]-1907 et s.d. ; 16 pages formats divers,
la plupart à en-tête
Chambre des Députés
.
[Nancy] 189-
, à un ami. Beaucoup de membres importants de
son comité « sont plus boulangistes que vous, mais ils vous ont
trop chéri quand vous l’étiez pour ne pas être flattés et curieux
de vous entendre. Vous lirez avec aisance leurs sentiments
sur leurs figures et saurez ne pas les blesser »…
Paris 189-
, à George
B
onnamour
. Il fait peu de cas de l’article signalé,
mais donne des instructions pour que Bonnamour s’occupe
d’une note dans la
Revue indépendante
, déjà « publiée par
Saint-Cère dans la
Vie parisienne
sur mon confrère Bodinier.
La méchanceté, c’est de vouloir me brouiller avec Bourget et
Vogüé »…
2 juin [1906]
, à Abel
B
onnard
, éloge des
Familiers :
« des inventions divines, de l’imagination dans le style »…
21
janvier 1907
, à un confrère : « C’est vrai que votre portrait est
charmant »…
9 juin 1913
, à Albert
M
essein
:
renvoi d’épreuves
à son éditeur, avec le souhait de préciser que certain texte
est un discours à la Chambre du 25 novembre 1912…
15
novembre 1915
, [à Edmond
G
roussau
] : respects et amitiés
à son collègue « que je crois être votre père », remerciant de
communications « qui s’accordent avec tout ce que j’ai su
de furieuses actions des Allemands contre les prêtres et les
églises de Lorraine »…
7 juin 1919
, sur un de ses livres qu’il
n’a pu faire admirer par personne : « Moi, il m’enchante. De
plus je me figure qu’on aurait dû lire et retenir les dernières
pages de ma préface. Mais va te faire fiche ! On n’a rien lu, rien
retenu »…
Nice 2 avril
, à Paul
H
ervieu
, disant son admiration
pour son livre dans lequel il goûte fortement « la sincérité
de l’émotion, d’un accent poignant, le pathétique d’un être
frémissant […] votre avant-dernier livre avait des pages de
loyauté dans la tendresse, de complicité dans la passion que
j’ai senties comme des vérités sublimes »… Etc.
O
n
joint
1 L.S.
avec post-scriptum autographe (1906) ; plus des portraits et
coupures de presse.
300 / 400
€
33




