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À la mort de Marguerite, Brantôme part à Paris puis à Poitiers pour ses études, avant que le roi Henri II ne lui donne la

commende de l’abbaye de Brantôme en 1555. Lié au clan des Guises, il s’engage ensuite dans l’armée royale lorsqu’éclate la

première guerre de Religion en 1562. Présent à la bataille de Dreux, on le retrouve ensuite sur d’autres champs de bataille au cours

des guerres suivantes (Meaux, Saint-Denis, premier siège de La Rochelle…). Sa carrière militaire acquiert même une dimension

européenne lorsque, imbu de l’idéal des croisés, il part combattre le Turc, d’abord aux côtés des troupes espagnoles chargées de

reconquérir le Peñón de Vélez (1564), puis auprès des chevaliers de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem à Malte (1566). Pensionné

en tant que gentilhomme de la garde du roi Charles IX, Brantôme met finalement un terme à sa carrière militaire en 1574.

Passé au service d’Henri III, il rompt avec lui à l’extrême fin de l’année 1581, lorsque ce dernier lui refuse la faveur de devenir

sénéchal de Périgord à la place de son frère aîné malade. Il rejoint alors François d’Alençon, mais celui-ci meurt en 1584. Brantôme

s’apprête à passer au service du roi d’Espagne lorsque son accident de cheval le contraint à se retirer sur ses terres où il va

entamer sa seconde vie, celle de l’écrivain, du chroniqueur de son temps et du mémorialiste.

Écrivain courtisan, volontiers intrigant, épris de cette Cour qu’il nomme « le paradis du monde », la vraie réussite de Brantôme est

son œuvre littéraire. Publiée après sa mort à partir de 1665, c’est un témoignage de son temps, sur son temps. Parfois mal compris

et très longtemps réduits à leur caractère « léger », ses écrits sont aussi une exploration de la mentalité aristocratique, offrant au

lecteur les clefs pour comprendre comment la noblesse du XVIe siècle vivait et pensait l’amour, le mariage, l’infidélité, la galanterie,

la chasteté, la vertu et la gloire militaire.

Son œuvre est aussi un diptyque consacré à ses deux grandes passions : la guerre et les femmes. D’un côté des souverains et de

grands capitaines de son temps, qu’il connaissait personnellement ou dont il estimait la réputation (Les vies des hommes illustres

et grands capitaines français

; Les vies des grands capitaines étrangers). De l’autre des portraits de femmes aux mœurs légères (Les

vies des dames galantes), mais aussi de grandes dames qu’il admire à l’image de Catherine de Médicis, Marie Stuart et surtout

Marguerite de Valois, idole dédicataire de son œuvre (Les Vies des dames illustres).

Apparu sous François Ier, les gentilshommes ordinaires de la Maison du Roi furent au nombre de 45 sous Henri III qui les avait

créés au nombre de 45. Ils servaient par semestre ; ceux de service devaient se trouver au lever et au coucher du Roi tous les

jours ; l'accompagner dans tous les lieux, afin d'être à portée de recevoir ses commandements. C'est au Roi seul qu'ils rendent

réponse les ordres qu'ils ont exécutés de sa part: ils sont à cet effet introduits dans son cabinet Leurs fonctions sont uniquement

renfermées dans le service et dans la personne du Roi.

500-800

174

[

XVIe siècle – Littérature

] Pierre de Bourdeille, dit

BRANTÔME

(vers 1540-1614), abbé

commendataire de Brantôme et écrivain.

P.A.

de l’auteur, 2 pages in-4. Avec annotations manuscrites du marquis de Brantôme, «

Paris ce 16 février

1824/ Je certifie que cette écriture est de Pierre de Bourdeille, abbé de Brantôme mon arrière grand oncle.

»

Brouillon ou note qui pourrait compléter le manuscrit de

La vie des Dames illustres

, et plus particulièrement

le chapitre consacré à

Madame Marguerite de France

.

«

Je me souviens que lorsque la Reine, mère du roi, mena la reine sa fille au roi de Navarre, son mari, elle passa à Cognal

où y fit quelque séjour ; et là plusieurs grandes honêtes et belles dames du pays les vinrent voir et faire la révérence, que

toutes furent ravies de voir la beauté de cette belle reine de Navarre et ne pouvaient cesser de la louer à la reine, sa mère, qui

pria sa fille, un jour, de l’habiller le plus pompeusement et à son plus beau et superbe apparat qu’elle portait à la cour, en

ses plus grandes et magnifiques fêtes et pompes, pour donner plus de plaisir à ces honêtes dames, ce qu’elle fit pour obéir à

une si bonne mère, et parut vêtue superbement d’une robe de toile d’argent et colombin à la bouton-au-roi, ses manches

pendantes, coifée très richement…

»

Immobilisé en 1587, à 47 ans, par un accident de cheval, Brantôme entreprit la rédaction de ses Mémoires contenant la vie des

dames illustres de son temps. Retiré en Périgord, le mémorialiste recherche dans l'écriture une diversion au malheur ; il tente de

prolonger, par un texte qui s'y substitue, une présence devenue impossible à la cour, ce « vrai paradis » dont il est exclu. Formé de

sept «Discours», le premier volume est réservé aux « Dames illustres » et le second volume à « La vie des dames galantes ».

300-600

175

[

Guerre de religion– Protestants – Indre

] François de BOURBON-VENDÔME (1542-1592), duc de

Montpensier.

L.S. et partie L.A. de François de Bourbon, écrite de Châtellerault, datée du 16 mai 1585, 1 page in-fol.

Adresse à monseigneur de Doné, capitaine au château de Mézières-en-Brenne.

Intéressante lettre de remontrance adressée au capitaine gouverneur de la ville de Mézières-en-Brenne au

sujet de la défense contre les protestants.

« Monsgr de Doné, ayant esté adverty que les trouppes et compagnyes de gens de guerre venant du costé de Berry et la

Marche et qui ont print les armes contre le service du roy Monseigneur sont maintenant en mon marquisat de Mézières où

ils exercent toutes sortes de cruaultez sur mes subjectz, mesmes sur ceulx de Martizé. Faulte de vous estes tenu dans mon

chasteau dud. Mézières pour leur aller au devant, et les prier de ma part de s’en destourner et prandre leur chemain ailleurs.

Je vous fais cette lettre pour vous prier aussi vous y en aller incontinant rendre si vous ny estes de ceste heure, et faire si bon

debvoir tant à la garde de mon chasteau et soulagement de mesdits subjects, que j’aye occasion d’en demeurer content de vous

qui m’advertirez du tout par la première commodité, priant en cest endroict Notre Seigneur pour avoyr monseigneur de

Doné en sa Ste et digne garde (…)

»