Lettre autographe à sa soeur la duchesse de Bouillon ; 2 pages et demie in-4, adresse avec cachet cire
rouge (camée au dromadaire), déchirures et réparations.
Pour sa soeur Marie-Anne, duchesse de Bouillon (1646-1714), qui fut l'amie et la protectrice de La
Fontaine, elle recopie une piquante épitre en vers (14 vers) que lui a adressée Saint-Évremond : "
La
Beauté vous rend adorable […] Vous aves des enfans fait par le Mazarin / Pas un qui ne soit son ouvrage / Qui ne soit
seurement de luy
"…, suivie de sa propre réponse en 10 vers : "
Enfant de lui, cet un grand mal / Mais pour en
consoler la mere / Et cet un bonheur sans esgal / Aucun d'eux ne resemble au père
"… Elle ajoute ce commentaire :
"
Je treuve que le vieliart a asses de raison mais cela ne rendra pas ma condition melieure ". Elle est heureuse de savoir sa
sœur à Saint-Cloud où elle doit se divertir. Puis elle fait allusion à sa déplorable passion du jeu et à sa solitude : " je suis si
malheureuse que je nay pas le bonheur de perdre. Tous les sou sont bani de la maison ; tout le monde est mort, malade ou
en campagne ou marié
"…
300-400
179
[
Louis XIV – Littérature – Clergé
] François de Salignac de La Mothe-Fénelon dit
FÉNELON
(1651-
1715), homme d’église, théologien et écrivain.
L.A.S.
à un religieux, écrite à C[ambrai], 9 mars 1700, 2 pages ½ in-8 :
«
… Malgré les nombreuses occupations que me donne tous les jours mon ministère, je ne scaurais, mon bon père, en passer
un seul sans penser à vous et soyez bien assuré que si je mets quelque fois un peu de retard dans mes réponses, c’est que je ne
puis faire autrement. Vous avez reçu des nouvelles de notre bon Duc, m’a-t-on dit, et j’ai entendu dire qu’il avait dessein de
vous appeler près de lui incessamment ; c’est une chose que j’approuve fort, non parce que je lui ai conseillée, mais parce
qu’elle deviendra utile, du moins je l’espère à tous les deux. Rome a parlé, mon révérend père, c’est à moi à me soumettre et
à m’humilier. Que M. de Meaux jouisse de sa victoire, il le peut, je ne l’en estimerai pas moins pour cela : celui qui lit au
fond des cœurs nous jugera un jour et c’est à son tribunal que je l’attends…
»
Précepteur du duc de Bourgogne, archevêque de Cambrai (1695-1715), il s'opposa à Bossuet et tomba en disgrâce lors de la
querelle du quiétisme, et surtout, après la publication de son roman, Les Aventures de Télémaque (1699), considéré comme une
critique de la politique de Louis XIV. L'influence littéraire de ce roman fut considérable pendant plus de deux siècles.
Au début de 1699, Fénelon perdit son poste de précepteur et quand, en avril, son Télémaque fut publié (d'abord anonymement et
sans son autorisation), Louis XIV y vit une satire de son règne, arrêta l'impression et disgracia l'auteur : Fénelon fut banni de la
cour.
Vers 1700, il habita quelque temps en Belgique, puis il se retira dans son archevêché de Cambrai où, cessant toute activité en
théologie et en politique, il essaya de se conduire de façon exemplaire. Retiré dans son diocèse, Fénelon ne s'occupa que du
bonheur de ses fidèles ; il prit soin lui-même de l'instruction religieuse du peuple et des enfants, et se fit universellement chérir
par sa bienfaisance. Pendant le cruel hiver de 1709, il se dépouilla de tout pour nourrir l'armée française qui campait près de chez
lui. La réputation de ses vertus attira à Cambrai nombre d'étrangers de distinction, entre autres Andrew Michael Ramsay qu'il
convertit et qui ne le quitta plus. Il mourut en 1715 à l'âge de 64 ans.
400-600
180
[Louis XIV - Education]
Jacques-Bénigne
BOSSUET
(1627-1704) et
LOUIS DE FRANCE
(1661-
1711) le Grand Dauphin.
MANUSCRIT autographe par les deux ; 3 pages et demie in-fol. (mouillures, bords renforcés).
DEVOIR DE THEME LATIN DU GRAND DAUPHIN : " Quotquot sapiebant regi suadebant "…
Sur ce devoir, dont le sujet est consacré aux devoirs et charges des rois, très corrigé par le Dauphin sous
la direction de son récepteur, Bossuet (qui fut son précepteur de 1670 à 1680) a porté lui-même des
corrections autographes ; sur la deuxième page, il a notamment réécrit une ligne, et a biffé tout le bas de
la page et ajouté de sa main les six lignes correspondantes.
1200-1500
181
[Régence – Louis XV] Philippe d’Orléans (1674-1723) et Louis XV.
P.S. de Philippe d’Orléans, Régent du royaume de France et du jeune roi Louis XV, sur parchemin
oblong, fait à Paris le 8 août 1720, contresignée par François-Bernard Potier, duc de Tresmes, grand-
chambellan, contre-sceau aux armes de France. Brevet de valet de chambre du roi délivré à Louis
Tréheux.
Joint :
2 pages manuscrites ayant pour titre « La France nouvelle », extraits des poèmes écrit par Forget
et publiés en 1830.
100-200
182




