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TAJAN - 26

MANUSCRITS ET AUTOGRAPHES

69

70

69 - Charles BAUDELAIRE.

1821-1867. Écrivain poète.

L.A.S. "Charles Baudelaire", à son "

vieux mauvais sujet

" [BARBEY

D’AUREVILLY].

[

Paris, 9 juillet (1860)

]. 2 pages petit in-4, marge

supérieure légt effrangée.

8000/10000 €

Très belle lettre sur la critique littéraire dans laquelle Baudelaire ironise au

sujet des attaques dont il est l’objet dans la

Revue européenne et des Débats

;

il félicite ensuite son ami Barbey pour son article sur Lacordaire, paru dans

Le Pays

, le 3 juillet précédent

:

Pensez à moi! Remember, Esto memor! Mon

gosier de métal parle toutes les langues; c'est à dire que, quand j'ai un désir,

je suis semblable à une horloge.- II me semble que mon tic-tac parle toutes

les langues.

 - 

Sans blague, j'ai besoin de vous

.

Voilà un livre bien fait (vous

savez ce que j'entends par cela) envers lequel on est injuste. Vous avez une

voix poëtique, parlez.- Les Débats et la Revue européenne disent

qu'il est

douteux que ma santé morale se soit améliorée, malgré les affectations de

morale sévère que je déploie sur le papier.

Vouloir entrer dans la conscience

est un rôle que le critique ne s'était pas encore attribué

.

Mais rien ne m'étonne

dans un temps où un ministre déclare que le roman est fait pour perfectionner

la conscience des masses, et où la police (qui se croit la Morale) exclut des

cafés les filles trop bien habillées (…).

A propos de son article sur le Père

Lacordaire:

Il y a là une véritable fierté, une aristocratie chrétienne, à laquelle,

moi-même, je me soumets. Seulement, je suis étonné que vous n'ayez pas

pensé à faire, par analogie, un parallèle entre la peinture soi-disant religieuse

de ce temps-ci (véritable saloperie d'album) avec la vieille peinture religieuse

(Michel Ange lui-même), écrasante de majesté. Ce hors-d'œuvre s'offrait de

lui-même.

Il a passé deux soirées avec l’infâme Veuillot

;

II m'a désarmé par sa

sottise. Je renonce à me venger de lui (…). J'ai voulu l'emmener dans quelques

bastringues; mais il craint tout danger pour son pucelage (…).

Correspondance,

Pléiade, II, p. 61-62.

70 - Charles BAUDELAIRE.

1821-1867. Écrivain poète.

L.A.S. adressée à Arsène Houssaye.

[Neuilly, janvier 1861].

1 pp.

in-8, petite déchirure en bas de page.

4000/5000 €

Au directeur de la revue L’Artiste, quelques semaines avant la parution de la

seconde édition des

Fleurs du mal

.

Je vous serais infiniment obligé d’imprimer

ce pauvre sonnet, tout piteux et tout solitaire, dans le prochain ou au moins

dans le post-prochain numéro de L’Artiste. Je compte mettre mon livre ne vente

du 15 au 20 janvier. – On m’a dit que vous étiez devenu co-propriétaire de La

Presse. Je me recommande à votre souvenir. Soyez tranquille, j’étais incapable

d’abuser; je ne sais pas faire de romans en dix volumes, ni même en deux

volumes (…).

Si

L’Artiste

ne publia pas de sonnet à cette date, il inséra par contre "Les Sept

Vieillards" dans le numéro du 15 janvier et le 1

er

 février, le poème "Danse

macabre" accompagné d’une note annonçant les

Fleurs du mal

[parues au

début de février 1861].

Arsène Houssaye (1815-1896) dirigea

L’Artiste

de 1844 à 1849, puis à

nouveau en 1859, tout en prenant la tête du quotidien La Presse qui allait

publier à partir de 1862 quelques-uns des poèmes en prose du futur

Spleen de

Paris

, recueil dédié à Houssaye justement. C’est dans

L’Artiste

que le premier

poème de Baudelaire publié sous son nom, "A une dame créole", avait paru

le 25 mai 1845.

Correspondance

II, la Pléiade, p. 114.