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306.
George SAND
(1804-1876).
M
anuscrit
autographe signé « Victor Borie, ex-vidangeur »,
Premier Nohant
, Nohant
[novembre 1847 ?] ; 1 page in-fol.
1 000/1 200
A
musant
pastiche
du
style
socialiste
sur
la
vie
à
N
ohant
, qui semble
inédit
.
[George Sand pastiche le style du journaliste socialiste
Victor
B
orie
(1818-1880), rédacteur en chef de
L’Éclaireur de l’Indre
, journal d’opposition fondé par George Sand et les républicains du
Berry ; il exerça les fonctions de secrétaire de George Sand et devint son amant. À Nohant, il écrivit un ouvrage intitulé
Travailleurs et
prolétaires
, que préfaça George Sand.]
« La situation se prolonge infiniment. La question sociale s’agite en vain au foyer de la famille. L’économie extérieure n’en éprouve
aucun retentissement. C’est en vain que des hommes politiques, chers au pays, des hommes éminens par leur travail et leur dévouement
à la cause, un
B
orie
, un
F
leury
, un
P
lanet
, s’essayent à ranimer l’esprit public dans ces âmes engourdies par des questions de ventre.
Des artistes, des hommes de personnalité étroite et envieuse, des limaçons accroupis dans la carapace de l’égoïsme, les
L
ambert
, les
Maurice
[S
and
]
, les Titines [Augustine
B
rault
], les George
S
and
(écrivain sans conviction et sans portée), les
M
arquis
(chien sans
croyance et sans pudeur), les
H
etzel
, vagabond politique, éditeur sans caractères et sans responsabilité morale, un ramassis de misérables
engraissés par le budget et le monopole de la lêchefrite, persistent à décrier notre famille et à étouffer dans l’atmosphère infecte des
retraits, les idées saines dont elle est l’organe. Combien de tems la providence verra-t-elle avec inertie les scandales amoncelés par
cette coterie impudente, ces fronts qui ne rougissent plus, ces estomachs qui ne désemplissent point ? Nous l’avons dit, nous le disons
chaque jour, nous le dirons jusqu’à ce que notre voix ait obtenu justice, il faut que la conscience du pays se soulève de dégoût devant ces
impuretés et qu’elle expectore ces alimens boueux et délateurs dont on l’a trop longtemps gorgée ainsi que d’une vidange intellectuelle
et morale ». Elle signe : « Victor Borie, ex vidangeur ».
307.
George SAND
(1804-1876). L.A.S. « George Sand », Paris 22 avril 1848, [à son amie Eliza
A
shurst
] ; 4 pages in-8 à son
petit chiffre gothique (un peu salie à la dernière page).
2 000/2 500
T
rès
belle
lettre
inédite
sur
la
révolution
de
1848
et
son
journal
L
a
C
ause
du
P
euple
. [La femme de lettres anglaise Eliza
A
shurst
(1813-1850) était une amie de Giuseppe Mazzini ; elle traduisit en anglais plusieurs œuvres de George Sand.]
Elle envoie son journal à son « amie et sœur », qu’elle remercie de ses « témoignages d’amitié » et « des nouvelles de notre héros italien »
[
M
azzini
]. Quant à
La Cause du Peuple
: « La crise politique et financière est arrivée à ce point ici, que ma situation personnelle est
devenue très pauvre. Cela m’est absolument égal quant à moi, et je n’entends pas, en faisant
la Cause du peuple
, y trouver le moindre
moyen d’existence. Je regrette seulement de n’avoir pas quelques milliers de francs pour la lancer dans le public. Un ami m’a avancé
3000
ff
qui me servent à faire les frais. 1000
ff
de plus me serviraient à faire les annonces ou à user de quelque autre moyen plus populaire
de publicité, et Mazzini m’a dit que vous me les offriez. Mais, avant de les accepter, je veux vous dire la situation de l’affaire. Ce journal
ne peut plaire à la bourgeoisie ennemie de la république, et n’aura aucun succès, aucun
produit
de ce côté-là. Avant qu’il aille au peuple,
qui est plongé dans la misère, il faut se résigner à servir le journal à peu près
gratis
pendant trois mois. Au bout de ce tems, si les clubs
s’abonnent l’affaire pourra marcher d’elle-même, faire encore ses frais, ou arriver à des profits. Mais il m’est impossible de prévoir si la
… / …
Littérature




