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134

315.

SULLY-PRUDHOMME

(1839-1907). 4 L.A.S. (dont un brouillon) et 3 L.A. (brouillons, dont un incomplet), Paris ou

Ollans 1884-1894 ; 17 pages et quart in-8.

200/250

4 octobre 1884

, [à Mme Le Roy], regrettant de ne pouvoir profiter de son invitation lors de son séjour à Rouen, devant séjourner

chez son ami le préfet

H

endlé

, « dont les instances m’ont seules décidé à entreprendre la redoutable tâche de versifier sur

C

orneille

 »...

25 octobre 1885

, remerciant un confrère de son étude dans la

Revue littéraire et artistique

sur le caractère philosophique de ses poésies,

si sensible à « l’état de mon esprit en présence des formidables problèmes que l’Univers propose à notre intelligence. Je n’ai jamais cru

en posséder la solution, je n’ai fait que tâter le Sphinx et contempler avec inquiétude la couleur changeante de ses yeux »...

30 janvier

1890

, recommandant à un éminent confrère leur amie Mme de

G

randval

, pour le prix Chartier de l’Académie des Beaux-arts, avec liste

de ses compositions jouées et publiées...

30 août 1890

, réponse à une enquête sur la laïcisation du service des hôpitaux, avec l’arrivée

d’un « personnel improvisé, dont le dévouement est d’autant plus suspect que la fonction acceptée est plus ingrate »...

7 janvier 1894

.

Trois versions retravaillées d’une réponse à une enquête sur la mémoire des sentiments : « C’est dans l’exercice de mon art que j’en ai

constaté l’existence [...] Je ne suis nullement improvisateur ; presque jamais je n’ai tout de suite le mot dont j’ai besoin pour exprimer

avec une justesse qui me satisfasse les sentiments que j’éprouve. Chez moi la fonction du langage ne conditionne pas les autres fonctions

cérébrales [...] c’est même parce que j’ai préalablement la conscience très nette de mes idées ou de mes affections que je me contente

difficilement des premiers mots qui s’offrent à moi pour les rendre »...

316.

André THÉRIVE

(1891-1967).

2

manuscrits

autographes, le 1

er

signé « Roger Monteil », le 2

e

(incomplet du début) signé

« André Thérive », [1949] ; 6 pages in-4 et 4 pages et demie in-4.

100/150

C

hroniques

littéraires

. La première,

Les Livres

, signée du pseudonyme « « Roger Monteil », passe en revue

Moi

. I.

Faux Départ

de

Thyde

M

onnier

(1949),

Le Tout sur le tout

d’Henri

C

alet

(1948),

La Tête à l’envers

(1946) et

Dieu est passé la nuit

(1947) de Romain

R

oussel

. « À en croire les poètes d’avant-garde, nous serions à l’époque de Rimbaud. À en croire les immoralistes, fort nombreux, nous

serions dans l’ère d’André Gide. Les libraires trouvent plutôt que le public en est revenu à l’âge d’Émile Richebourg et de Xavier de

Montépin. Je proposerais un autre patron pour cette période littéraire : c’est Rétif de la Bretonne. Rétif est le grand précurseur, le vrai

maître de la moitié des auteurs contemporains [...] on assiste aujourd’hui à une décadence ou dégénération du roman »... La seconde

chronique (manquent les 2 premières pages) rend compte du

Narthex

d’André

B

illy

(1949).

O

n

joint

5 lettres ou cartes a.s. de Romain Coolus (2, une à Sacha Guitry), Léonce Detroyat et Louis Ulbach (2).

317.

Marcelle TINAYRE

(1872-1948) romancière. 175 L.A.S. et 50 télégrammes, 1913-1939, à Noël

P

inelli

 ; plus de 400 pages

formats divers, nombreuses enveloppes et adresses.

2 000/3 000

B

elle

et

importante

correspondance

amoureuse

adressée à Noël

P

inelli

(1881-1970), commissaire de la Marine.

Marcelle Tinayre écrit pratiquement tous les jours à son amant lorsqu’ils sont séparés, au début de leur liaison (mars 1913) et

pendant la guerre jusqu’en 1915. Le ton en est très passionné, et elle essaie de le rejoindre le plus souvent possible à Toulon où il est

en poste. Elle envoie de nombreux télégrammes pour lui faire part de ses départs et arrivées, ou lui annoncer l’envoi de lettres ou des

changements de programme. De Paris, elle lui raconte sa vie de tous les jours, lui fait part des événements ; elle joint parfois des lettres

qu’elle a reçues ou des coupures de journaux. Elle n’est pas surprise par l’acquittement de Madame

C

aillaux

. La déclaration de guerre

la met dans une vive inquiétude pour son amant : « Mon amant, mon époux, oh ! que je déteste la guerre !...Je t’embrasse, mon mi chéri,

chéri, chéri, chéri, comme si tu étais là ». Dès novembre, elle est bouleversée par le grand nombre de morts et se soucie du mauvais état

du service de santé ; son fils Noël attend ses 18 ans pour s’engager ;

M

aeterlinck

a voulu s’engager et on n’a pas voulu de lui. Elle a

lu les articles de Paul

B

ourget

(qu’elle déteste) et de

B

arrès

« devenus assez plats ». L’absence lui pèse : « Pense au moment où je serai

dans notre lit et où je te recevrai dans mes bras ! Quand ta tête chérie reposera sur mon sein, et que mes bras entoureront tes épaules,

tu oublieras l’intendance et tes ennuis et ta solitude de la veille et nous redeviendrons les amants que nous fûmes »... (décembre 1914).

La défaite de Crouy (14 janvier 1915) la démoralise, et Paris devient triste. La correspondance s’interrompt jusqu’en juin 1915, où Pinelli

part avec le corps expéditionnaire d’Orient dans le cadre de la mission Goliath. Marcelle Tinayre suit l’évolution de la situation dans les

Dardanelles et c’est à ce moment (20 juillet 1915) qu’elle envisage de se séparer de son mari et d’épouser Pinelli, avec l’approbation de

ses enfants. En novembre, Pinelli est à Salonique, où elle le rejoint en juillet 1916. À son retour, en septembre, elle visite les usines où

travaillent des femmes pour les munitions ; les restrictions se sont sentir dans l’approvisionnement, le gaz et l’électricité. Les lettres se

font plus rares et la correspondance reprend en août 1917, alors que Pinelli est rentré à Paris, puis en janvier 1918, toujours sur le même

ton amoureux, pour s’interrompre à nouveau et reprendre quelque temps quand elle s’éloigne de Paris, en 1920, 1922, et jusqu’en 1926.

Les lettres sont plus brèves et se font plus rares, puis s’espacent sensiblement jusqu’en 1939. Elle relate la mort de Marcel

S

embat

et le

suicide de sa femme (septembre 1922) ; elle donne des conférences à la Bourboule, en Suisse, en Belgique, et on lui demande de venir

en donner en Suède et en Norvège ; elle voyage... Le 31 mai 1939, jour de l’anniversaire de son amant, elle écrit : « L’amour n’a pas d’âge

et puisque tu es l’amour de ma vie, je n’ai que faire d’anniversaires. Ce 31 mai est une date qui ne me rappellerait que des peines, s’il

n’y avait pas eu le 31 mai 1881, et le 31 mai 1913. Ces deux jours là brillent sur toute mon existence : celui qui t’a fait naître, celui qui

nous a vus si heureux »...

Elle évoque sa famille, ses difficultés avec son mari, ses problèmes avec sa mère, qui déprime continuellement, ses enfants : Louise,

qui travaille chez Hachette, son fils Noël, qui s’est engagé en août 1916 et poursuit ses études de dessin et sculpture ; le mariage de sa

fille Lucile...

Elle évoque aussi son travail, qui lui permet de tenir pendant la guerre, et ses articles pour le

Petit Journal

… Le 24 novembre 1914,

elle remplace

R

ichepin

« qui n’a pas su émouvoir le public populaire par excès de redondance et de trivialité ». Décembre 1914-janvier

1915 : elle écrit une nouvelle pour la

Revue de Paris

qui deviendra un roman,

La Veillée des armes

, et elle doit s’occuper elle-même