136
319. [
Alexis de TOCQUEVILLE
].
Henriette
B
aumes
, Mme Auguste
THION
(1822-1896). Environ 100 L.A.S., Valognes
1848-1855, à
son
père
Guillaume
B
aumes
(1786-1871),
ou
sa mère
née Louise
T
arbé de
V
auxclairs
(quelques lettres à son
mari Auguste
T
hion
)
; environ 250 pages in-4 ou in-8, la plupart avec adresse.
300/400
C
orrespondance
d
’
une
femme
de
notaire
de
V
alognes
, fille d’un député et administrateur. Inquiétudes et commentaires lors de la
révolution de Février, regrets de voir le service de son père au Conseil d’État supprimé... Échos de la candidature de
T
ocqueville
à la
députation : « Ce bon petit M
r
de Tocq », « le plus petit au milieu de la troupe », est applaudi avec enthousiasme... Craintes de violences
après des troubles à Rouen et Paris, mai-juin 1848... On entend dire qu’à Paris, « les communistes ont eu le dessus »... La répression
des journées de Juin lui fait voir
C
avaignac
« comme un demi-dieu »... Le coup d’État vu à travers les conséquences pour la carrière
administrative de son père... Nouvelles de sa famille et de la sous-préfecture ; inondations sur la côte ; deuils... Etc.
O
n
joint
qqs lettres
ou pièces de son mari ou ses enfants, etc.
Ivan TOURGENIEV
: voir n
os
140 à 144.
320.
Paul VERLAINE
(1844-1896).
2 L.A.S.
« P. V » dont une avec
dessin
, Londres mai-juin 1873, à son ami Edmond
L
epelletier
; 1 et 2 pages in-8.
30 000/35 000
R
etour
à
L
ondres
avec
R
imbaud
.
Londres 29 mai
. ... « arrivé ici avant-hier matin d’Anvers. Une traversée de 15 heures, inouïe de beauté : d’ailleurs je ne suis jamais
malade en mer. Je te jette ceci vite à la poste pour te donner mon adresse et recommander Gustave [
Romances sans paroles
] à tes soins :
écris m’en vite, et presse l’ouvrage. Dès que les intentions de l’imprimeur seront connues,
macte animo generose puer
». Il donne son
adresse : « 8, Great College street, Camden Town, N. W. »
[
Vers le 20 juin
]. ... « Que devient Gustave [
Romances sans paroles
] ? Je ne vois pas pourquoi la politique pourrait nuire à ce frêle garçon,
voué d’avance à une vente
spéciale
et rare, partant ». Il donne « des leçons de french, ça me rapporte quelque chose comme 100 fr, 150 fr
par mois. C’est toujours ça et ça tue l’ennui. Grand point. Quoi du référé ? » Il prie Lepelletier de lui envoyer « au moins 1 de mes trois
volumes [...] ici, pour les leçons de littérature by a poët (sic) c’est la meilleure référence auprès des toqués qui vous paient une demi-livre
(12 fr.50) une leçon de versification et de “finesses” poëtiques »...
Au verso,
dessin
à la plume représentant « Le Shah
de visu
», qui ressemble « à ce pauvre M
r
de la Chauvinière ». Verlaine ajoute : « Ici,
très-agréables troupes françaises Desclée, etc. – Les artistes de M. Humbert, de Bruxelles, tout le répertoire d’Offembe, Hervé, Lecoq,
etc. »...
Anciennes collections Jean
H
ugues
(1998, n° 72),
puis Dr C
(21 février 2013, n° 189).
321.
Paul VERLAINE
.
M
anuscrit
autographe (fragment) ; 1 page in-8 (d’une feuille de registre administratif), paginée « 10 »
au crayon bleu.
800/900
Fragment de la nouvelle
Charles Husson
, publiée dans
La Revue indépendante
en décembre 1888, et recueillie dans les
Histoires
comme ça
lors de la publication des
Œuvres posthumes
(Messein, 1903) ; le manuscrit, avec des ratures et corrections, donne un passage
probablement ajouté au texte de
La Revue indépendante
. C’est le portrait de Marinette, qui va séduire Charles : « […] Petite à proportion
et en proportion de sa hauteur de taille à lui, mignonne juste autant qu’il était robuste, elle formait avec lui comme une antithèse qui
eût été la plus parfaite et la plus dansable des harmonies. Maigrelette plutôt que grassouillette sans qu’on pût dire pourtant laquelle des
deux nuances l’emportait ou ne l’emportait pas, très brune sans trop de cheveux et qui joliment ébouriffés ou raplatis selon le conseil
matutinal ou vespéral de son miroir ; des yeux étroits un peu chinois, longs et plus luisants encore que brillant. Le nez peut-être un
peu gros mais très bien fait et point trop court. Bouche grande et grosse à dents mignonnes [...]. Rouge sans vinaigres et grosse sans
pommades, la bouche où parfois passait comme sans affectation, un bout de langue rose. Menton court sur un cou voluptueux. Des seins
évidemment riches ramenés serrés très en avant et le ventre bien dur sous ses habituels jerseys bien tendus. Ses jupes collantes sous les
tournures et les nœuds moulaient par intervalles des jambes qui devaient être alléchantes au possible et qui l’étaient, thésaurisations
et piédestal de trésors qui rendaient fou le beau Charles fou, – et parfois jaloux, suivant les clients... Sa voix était charmante, d’argent
plutôt que d’or à cause d’un léger enrouement causé par les rogommes de toute sorte qu’elle avalait [...] En un mot la gorge délicieuse, et
que la perfection même de sa disposition amoureuse avait seule empêchée de
réussir
, pécuniairement parlant, jointe à ce goût du crapule
que les plus grandes comme les plus pures n’étouffent pas toujours en leurs tréfonds... Dans ces conditions Charles était perdu »...
Jules VERNE
: voir n
os
91 et 145.
322.
Boris VIAN
(1920-1959). L.A.S., à une amie ; 2 pages in-4.
2 500/3 000
M
agnifique
réponse
à
une
enquête
littéraire
.
« Je n’ai pas le temps de vous écrire un volume […]
K
ipling
, c’est bien mignon, mais ça ne vous paraît pas un peu pompier ? Y a des
façons plus simples et plus brèves de dire les mêmes choses, non ? Une œuvre d’art n’explique pas ; elle doit faire trouver l’explication,
mais pas la porter apparente. Le critère de “pureté” ne veut absol
t
rien
dire. Un connard peut être parfaitement pur et disposer d’un
vocabulaire minable et d’une technique ridicule. Sincérité, même chose. On ne fait pas de bonne littér... etc… Comment je fais sur
commande des choses qui me déplaisent ? Parce qu’elles restent dans un domaine qui n’est justement pas celui de l’art et qui ne me
touche pas. Un peu et mm beaucoup de moi ? Zéro ! Un peu de ma technique... et tous les mots sont dans le petit Larousse. Ça n’a
… / …




