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effet
un poids
au sens propre du terme et le gouvernement l’appréciera comme tel. De même il est possible d’étudier statistiquement le
problème de l’opinion publique : on peut établir des relations précises et quantifiables qui nous donneront par exemple
le cheminement
d’une nouvelle
(quand elle n’est pas annoncée par les informateurs ordinaires, radio, journaux, etc)
la vitesse de propagation, les agents de
transmission¸
les déformations subies par le contenu de l’information en cours de route, etc, etc. »…
Sur la lutte des classes : « Il est parfaitement exact d’ailleurs que le sous-groupe dominant, en tant qu’il veut conserver sa domination
sur l’autre, doit poursuivre son intégration avec la plus grande rigueur et que le recours au
tiers institutionnalisé
est une défense contre
la récurrence circulaire et les divisions internes ; ainsi le sous-groupe qui domine
subit le pouvoir
, expression de sa praxis dominatrice,
comme sa propre impuissance et comme son comité inerte à l’intérieur de lui-même et avec les sous-groupes asservis ou exploités au
sein de la totalisation. […] Il existe des pouvoirs qui ne tirent pas leur origine de conflits sociaux, à l’intérieur du groupe. Par exemple
celui qui hiérarchise et unifie par rapport à l’entreprise commune un groupe de techniciens d’une même classe (une équipe d’ingénieurs,
une équipe de savants dans une société quelconque). Et
L
évi
-S
trauss
a montré le rôle et les pouvoirs du chef dans les sociétés indiennes
(au Brésil) où les différenciations du groupe ne sont pas assez poussées pour aboutir à des oppressions ou à des confrontations. Dans
ces différents cas, l’institutionnalisation du tiers est la conséquence simple de la lutte contre la dispersion circulaire ; ou, si l’on préfère,
l’action des individus se subordonne au projet
d’un
individu dans la mesure ou la praxis collective se construit sur le modèle
d’une
praxis
individuelle. L’institutionnalisation du tiers transforme celui-ci en tant que personne en individu collectif »…
Sartre s’applique à contredire les thèses de
N
aville
: « Cependant M. Naville ne peut faire qu’il ne soit aussi un certain homme, un
intellectuel petit-bourgeois, vivant à une certaine époque, dans un certain pays, avec certaines connaissances et certaines erreurs et
fondant des orgueilleuses certitudes sur le travail des autres (savants, philosophes, etc). Comment s’accommode-t-il de ce dédoublement
de personnalité ? Car enfin s’il s’est dissout dans le monde en tant que personnage empirique et si la dialectique est un mouvement
absolu qui traverse l’homme à partir de l’univers, il sera en face de sa propre histoire aussi incertain qu’en face de la nature : la loi
n’engendre pas d’elle-même de connaissance, bien au contraire elle est d’autant moins connue qu’elle est subie. Autrement dit, l’homme
ne peut connaître la dialectique que
s’il la fait
. La succession passive des déterminations même si elles s’enregistrent dans un
centre
de réactions différées
ou dans un
transformateur d’énergie
pourra susciter des
comportements discontinus
, à la rigueur des idéologies
aberrantes, expressions plus ou moins symboliques des peurs, des désirs
et des intérêts mais dans cette mesure même les pensées ne seront que des
objets gouvernés de l’extérieur. Et la violence avec laquelle M. Naville les
exprimera ne traduira nullement leur
évidence
, au sens logique du terme,
mais sa vanité ou ses passions. Si sa pensée empirique n’est qu’un objet,
il faut une autre pensée pour la penser. Voici donc ce
behaviourist
pourvu
de deux pensées dont l’une pense l’autre »… Sartre convie au même titre
E
ngels
et sa fausse affirmation « qu’il y a une Dialectique de la Nature
portée sur la totalité des phénomènes matériels »… Etc.
*309.
Arthur SCHOPENHAUER
(1788-1860). P.A.S., 1860 ; 1 page
oblong in-12 ; en allemand (encadrée avec portrait).
1 500/1 800
Demande d’envoi d’un livre : « Stay,
Der Seelen-Telegraph
. 1860. Für
D
r
Schopenhauer ». [Il s’agit du livre de Jones Barton
S
tay
, un traité sur
l’influence télépathique de la volonté humaine, dont la première édition
fut publiée en Allemagne cette année-là.]
310. [
Anaïs
SÉGALAS
(1819-1895) poétesse].
Clotilde JANTET
.
M
anuscrit
autographe signé, [vers 1862 ?] ; album oblong in-8
de 82 pages (un f. rapporté), reliure de l’époque chagrin brun,
encadrement et large décor à froid sur les plats, dos lisse orné
de faux nerfs à froid, roulette intérieure, tranches dorées (qqs ff.
découpés, rel. un peu frottée).
200/250
A
lbum
de
poésies
, recueil calligraphié d’une quarantaine de poèmes
datés de 1847 à 1862, de poésies bucoliques et de fables en vers, plus des
vers d’Hermance Lesguillon dédiés à Clotilde Jantet. Sur le contreplat
supérieur, un fragment de soie moirée rapporté porte la
dédicace
« à
Madame Anaïs
S
égalas
/ Souvenir de mon affectueuse amitié ». Le
contreplat inférieur présente une épître au « frère bien-aimé », Hector
J
antet
(1827-1878) [médecin lyonnais, comme son frère Charles, avec
qui il cosigna plusieurs ouvrages républicains], épître occultée par un
feuillet à en-tête du D
r
Jantet. La première pièce de l’album,
Le Grangeon
,
est ornée d’un
dessin
de la « blanche maisonnette » de l’auteur. Les
bucoliques, « souvenirs », « rêveries » et « échos » du début font place à
des poésies politiques :
Le Peuple !
,
1848
,
La France en 1848 !
,
La France
en 1849 !
,
Les Prisoniers
,
L’Exilé !
Etc.
Littérature
309




