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131

effet

un poids

au sens propre du terme et le gouvernement l’appréciera comme tel. De même il est possible d’étudier statistiquement le

problème de l’opinion publique : on peut établir des relations précises et quantifiables qui nous donneront par exemple

le cheminement

d’une nouvelle

(quand elle n’est pas annoncée par les informateurs ordinaires, radio, journaux, etc)

la vitesse de propagation, les agents de

transmission¸

les déformations subies par le contenu de l’information en cours de route, etc, etc. »…

Sur la lutte des classes : « Il est parfaitement exact d’ailleurs que le sous-groupe dominant, en tant qu’il veut conserver sa domination

sur l’autre, doit poursuivre son intégration avec la plus grande rigueur et que le recours au

tiers institutionnalisé

est une défense contre

la récurrence circulaire et les divisions internes ; ainsi le sous-groupe qui domine

subit le pouvoir

, expression de sa praxis dominatrice,

comme sa propre impuissance et comme son comité inerte à l’intérieur de lui-même et avec les sous-groupes asservis ou exploités au

sein de la totalisation. […] Il existe des pouvoirs qui ne tirent pas leur origine de conflits sociaux, à l’intérieur du groupe. Par exemple

celui qui hiérarchise et unifie par rapport à l’entreprise commune un groupe de techniciens d’une même classe (une équipe d’ingénieurs,

une équipe de savants dans une société quelconque). Et

L

évi

-S

trauss

a montré le rôle et les pouvoirs du chef dans les sociétés indiennes

(au Brésil) où les différenciations du groupe ne sont pas assez poussées pour aboutir à des oppressions ou à des confrontations. Dans

ces différents cas, l’institutionnalisation du tiers est la conséquence simple de la lutte contre la dispersion circulaire ; ou, si l’on préfère,

l’action des individus se subordonne au projet

d’un

individu dans la mesure ou la praxis collective se construit sur le modèle

d’une

praxis

individuelle. L’institutionnalisation du tiers transforme celui-ci en tant que personne en individu collectif »…

Sartre s’applique à contredire les thèses de

N

aville

 : « Cependant M. Naville ne peut faire qu’il ne soit aussi un certain homme, un

intellectuel petit-bourgeois, vivant à une certaine époque, dans un certain pays, avec certaines connaissances et certaines erreurs et

fondant des orgueilleuses certitudes sur le travail des autres (savants, philosophes, etc). Comment s’accommode-t-il de ce dédoublement

de personnalité ? Car enfin s’il s’est dissout dans le monde en tant que personnage empirique et si la dialectique est un mouvement

absolu qui traverse l’homme à partir de l’univers, il sera en face de sa propre histoire aussi incertain qu’en face de la nature : la loi

n’engendre pas d’elle-même de connaissance, bien au contraire elle est d’autant moins connue qu’elle est subie. Autrement dit, l’homme

ne peut connaître la dialectique que

s’il la fait

. La succession passive des déterminations même si elles s’enregistrent dans un

centre

de réactions différées

ou dans un

transformateur d’énergie

pourra susciter des

comportements discontinus

, à la rigueur des idéologies

aberrantes, expressions plus ou moins symboliques des peurs, des désirs

et des intérêts mais dans cette mesure même les pensées ne seront que des

objets gouvernés de l’extérieur. Et la violence avec laquelle M. Naville les

exprimera ne traduira nullement leur

évidence

, au sens logique du terme,

mais sa vanité ou ses passions. Si sa pensée empirique n’est qu’un objet,

il faut une autre pensée pour la penser. Voici donc ce

behaviourist

pourvu

de deux pensées dont l’une pense l’autre »… Sartre convie au même titre

E

ngels

et sa fausse affirmation « qu’il y a une Dialectique de la Nature

portée sur la totalité des phénomènes matériels »… Etc.

*309.

Arthur SCHOPENHAUER

(1788-1860). P.A.S., 1860 ; 1 page

oblong in-12 ; en allemand (encadrée avec portrait).

1 500/1 800

Demande d’envoi d’un livre : « Stay,

Der Seelen-Telegraph

. 1860. Für

D

r

Schopenhauer ». [Il s’agit du livre de Jones Barton

S

tay

, un traité sur

l’influence télépathique de la volonté humaine, dont la première édition

fut publiée en Allemagne cette année-là.]

310. [

Anaïs

SÉGALAS

(1819-1895) poétesse].

Clotilde JANTET

.

M

anuscrit

autographe signé, [vers 1862 ?] ; album oblong in-8

de 82 pages (un f. rapporté), reliure de l’époque chagrin brun,

encadrement et large décor à froid sur les plats, dos lisse orné

de faux nerfs à froid, roulette intérieure, tranches dorées (qqs ff.

découpés, rel. un peu frottée).

200/250

A

lbum

de

poésies

, recueil calligraphié d’une quarantaine de poèmes

datés de 1847 à 1862, de poésies bucoliques et de fables en vers, plus des

vers d’Hermance Lesguillon dédiés à Clotilde Jantet. Sur le contreplat

supérieur, un fragment de soie moirée rapporté porte la

dédicace

« à

Madame Anaïs

S

égalas

/ Souvenir de mon affectueuse amitié ». Le

contreplat inférieur présente une épître au « frère bien-aimé », Hector

J

antet

(1827-1878) [médecin lyonnais, comme son frère Charles, avec

qui il cosigna plusieurs ouvrages républicains], épître occultée par un

feuillet à en-tête du D

r

Jantet. La première pièce de l’album,

Le Grangeon

,

est ornée d’un

dessin

de la « blanche maisonnette » de l’auteur. Les

bucoliques, « souvenirs », « rêveries » et « échos » du début font place à

des poésies politiques :

Le Peuple !

,

1848

,

La France en 1848 !

,

La France

en 1849 !

,

Les Prisoniers

,

L’Exilé !

Etc.

Littérature

309