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132

311.

Germaine

N

ecker

, baronne de STAËL

(1766-1817). L.A.S., [château de Chaumont-sur-Loire] 12 mai [1810], à François-

Joseph

T

alma

à Paris ; 2 pages in-8, adresse.

1 500/2 000

M

agnifique

lettre

à

l

’

acteur

,

alors

que

,

frappée

d

’

une

mesure

d

’

exil

,

elle

tente

de

surveiller

l

’

impression

à

B

lois

de

son

livre

D

e

l

’A

llemagne

.

Il a dû voir que « ma première pensée était vous en me rapprochant de Paris. J’ai souffert extrêmement de votre maladie et j’ai craint de

vous ébranler en vous le disant. J’ai tant d’enthousiasme pour vous que je ne pouvais penser sans frémir à vos dangers et jamais je n’ai

cru possible que la nature vous abandonnât. Je voudrais vous parler d’une autre puissance supérieure à la nature mais il faut de longs

entretiens pour arriver à ce sujet. Vous allez jouer

Les États de Blois

[la pièce sera jouée à la Cour le 22 juin 1810]

.

Venez à Blois pour

vous y préparer. Fleury est tout à côté de Blois. Vous avez mille prétextes pour venir ici et quand l’Empereur est absent j’ai les premiers

droits sur votre âme. En seize heures vous serez ici et nous causerons au clair de lune sur la mort et la vie vous voyez qu’il y a de quoi.

– Cher Oreste venez me voir – après Madame Talma je me crois la personne du monde qui s’intéresse le plus sincèrement à vous pensez

à cela. Mad. Talma serait-elle du voyage ? Je me le représente déjà dans tous les détails je vous vois arriver du haut des tours gothiques

de ce château et je vous salue en princesse prisonnière. Ce qu’il me reste de libre mon esprit et mon âme vous appellent. Adieu adieu.

Je ne veux pas m’embarquer sans vous avoir revu. »

312.

Germaine

N

ecker

, baronne de STAËL

. 2 L.A., Stockholm 9 et 20 mai 1813, [au comte Wolf von

B

audissin

] ; 4 et

3 pages et demie in-8.

2 500/3 000

B

elles

lettres

d

’

exil

en

S

uède

,

avant

son

départ

pour

l

’A

ngleterre

. [Le jeune comte Wolf Heinrich von

B

audissin

(1789-1878),

diplomate, écrivain et traducteur allemand, est alors secrétaire de légation du Danemark à Stockholm.]

9 mai

. Elle gronde son correspondant de la négliger depuis son départ : « J’en ai conclu que vous vous étiez consolé plus facilement

que moi ce qui peut être est naturel à vôtre age. Pour moi j’ai un genre de sensibilité qui réunit les peines de la jeunesse et de l’age mur.

– Mon fils ainé n’est point encor près de moi je le sais à l’isle de Rugen mais depuis j’ignore où il a rejoint le prince royal [

B

ernadotte

]

et je suis ici tristement captive. – Stockholm est une espèce de ruine depuis le départ du prince les jours y sont longs mais si pales que

le soleil a l’air de ne pas se coucher par paresse. Le c[om]te

N

eipperg

est toujours mon seul soutien mais la campagne d’Autriche et puis

celle d’Angleterre sont l’objet de nos désirs à tous les deux. [Auguste]

S

chlegel

est parti ce qui m’a fait bien plus de peine qu’à lui. Il

alloit vers le mouvement et moi je le perdis en lui. […] Il me semble que le prince royal ne se presse guères de partir il attend je crois

que le débat avec vous soit terminé ou décidé – il ne se pourroit pas que vous fissiez le voyage de Londres ? Je vous prie de bien répéter

que je ne suis pour rien dans l’ouvrage de

S

chlegel

[

Sur le système continental et sur ses rapports avec la Suède

]. S’il y avoit une manière

de faire mettre dans la gazette qu’il est de lui il en seroit bien aise et moi aussi, non que je ne fasse le plus grand cas de son ouvrage

mais je ne voudrois pas être haïe dans un pays qui est le vôtre »... Elle n’a pas voulu déplaire au Prince en allant s’établir à Helsingbor.

Sa fille et M. de

R

occa

se rappellent à son souvenir, et « les autres amis parlent de vous avec estime et regret ». Elle lui apprend que le

fils Clingunström s’est tué à Gothembourg : « Vous voyez que même ici j’ai raison d’écrire contre le suicide [ses

Réflexions sur le suicide

],

où ne se tue-t-on pas ? Même là où il n’y a pas de plaisir à vivre »... Elle ajoute en tête de la lettre dans deux encadrés en haut de pages :

« Mon fils ainé est arrivé ! [...] Mon fils a apporté de Vienne au cte Neipperg l’ordre de rejoindre l’armée ».

20 mai

. Elle lui annonce son départ pour l’Angleterre le 8 juin prochain ; en attendant, il peut lui écrire chez M. Laurent à Gothembourg :

« quand même le vent serait favorable je n’en partirai que le 8 de juin. [...] aucune de vos lettres ne m’ont paru ouvertes »... On a interdit

au prince

D

olgorouki

de paraître au quartier général, et le comte

B

ernstorff

a été renvoyé de Londres au Prince royal... « si votre

gouvernement faisait des démarches auprès du prince royal il en obtiendroit les mêmes conditions dont il fut question au mois de

décembre. Ce seroit une bien bonne œuvre que d’arranger cette querelle qui porte un coup bien funeste à la délivrance de l’Europe ».

N

eipperg

part comme elle le 25. « Douglas reste tout seul tout triste, j’emmène mon fils ainé avec moi. [...] Qu’allez-vous faire ? Si l’on

vous envoyoit au quartier général du prince royal ! Vous y trouveriez

S

chlegel

tout en train de la vie active [Schlegel était devenu le

secrétaire de Bernadotte]. Moi j’ai peur pour la pauvre Allemagne et cela me brise le cœur. Mandez moi bien tout ce que vous en savez

et comptez sur moi tant que vous m’aimerez votre cœur vous apprendra le mien. Albertine quitte Stockholm sans regrets, mais cela

m’ébranle de partir et je suis moins en train de l’Angleterre qu’il y a six mois. Albertine aussi en a peur »...

313.

Henri Beyle dit STENDHAL

(1783-1842). L.A.S. « G

al

Terré », Paris 1 avril [1814], à

sa

sœur

Pauline

P

érier

à Grenoble ;

1 page in-4, adresse.

2 000/2 500

A

u

lendemain

de

la

bataille

et

de

la

capitulation

de

P

aris

.

« Je me porte fort bien. Il y a eu avant hier une fort belle bataille à Pantin et à Montmartre. J’ai vu prendre cette montagne. Tout le

monde s’est bien conduit, pas le moindre désordre (les maréchaux ont fait des prodiges.) Je désire avoir de vos nouvelles et de celles de

M

r

de S

t

V. [Saint-Vallier]. Toute la famille se porte bien. Je suis chez moi ».

314. [

STENDHAL

].

A

ffiche

imprimée, Grenoble 6 janvier 1814 ; 53 x 42,5 cm,

vignette

à l’aigle impériale (Grenoble, chez

J. Allier, Imprimeur de la Préfecture.

400/500

P

roclamation

du comte de

S

aint

-V

allier

, sénateur et « Commissaire extraordinaire de Sa Majesté »,

Aux Propriétaires et Habitans

de toutes les classes de la 7

e

Division militaire

, dont dépend le succès de l’entreprise de paix désirée par l’Empereur : « Réunissez donc

tous vos efforts, mes chers Compatriotes ; la patrie, l’honneur vous appellent ; vous ne souffrirez point que votre territoire devienne

la proie de l’étranger. Ralliez-vous à la voix de vos Fonctionnaires civils et militaires, qui jouissent, à juste titre, de la confiance du

Gouvernement, de la vôtre et de la mienne ; empressez-vous d’offrir tous les sacrifices qu’exige la défense des frontières »...

Henri

B

eyle

, alors « Auditeur au Conseil d’État », a contresigné cette proclamation.