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220. DRIEU LA ROCHELLE
(Pierre). 2 lettres à Marcelle Pellet. 1921.
600 / 800
Belles lettres littéraires et amoureuses.
– Lettre autographe. Paris,
1
er
juin
1921
.
«
C’est affreux, j’ai mal, mal.
Je pense à vous toute la soirée. Je ne sais ce que
j’ai dit.
Je voudrais tant aimer. Et voici que je sens que je ne puis. J’en crèverai d’étouffement.
Et je me prive de vous,
de cet être si bon, si beau, si généreux. Quand j’ai senti réapparaître mon éternelle faiblesse, ou sécheresse, ou exigence
qui ne serait digne que d’un vierge invincible, j’ai perdu la tête, et instinctivement, bassement, j’ai cherché à frapper
votre orgueil
, et votre douce, infinie et vénérable fierté...
»
– Lettre autographe signée. S.l., [probablement
3
juin
1921
]
: «
Cela m’est pénible de ne pouvoir vous téléphoner
aujourd’hui pour savoir comment vous êtes. Peut-être viendrez-vous un petit peu tout de même. J’espère que vous
n’êtes pas partie avec l’impression vilaine d’avant-hier... Je ne comprends pas votre enthousiasme pour Kipling et
votre indifférence aux mêmes choses qui m’émeuvent (patrie, par exemple), indifférence est exagérée mais j’imagine
que vous choisissez en Kipling et en moi... L’étude sur
Galworthy
est vraiment assez forte, celle qui effleure
Shakespeare
du mauvais Taine... Lu
Colette
. Certes, c’est un de ses meilleurs et j’étais impardonnable de ne l’avoir
pas lu... Vous êtes pleine de vie, vous pourriez me désaltérer. Vous le faites déjà. Oui, vous avez une vraie fraîcheur...
Si vous aimez
tout Kipling
et pas seulement l’évocateur de l’Orient ou de l’autre bout du monde, ou le tendre
chanteur des hommes rudes, si vous aimez aussi l’homme énamouré une fois pour toutes d’une idée comme d’une
femme, mais alors voilà tout un côté par où nous sommes très proches l’un de l’autre...
»
« Je vous envoie mes souvenirs du Volga... »
221. DUMAS père
(Alexandre). 5 lettres autographes signées.
500 / 600
– À Alfred de Vigny.
S.l.n.d. : «
Mon cher de Vigny, je regrette bien ma lettre ; elle n’était point écrite pour aller vous
trouver
au chevet du lit de votre mère,
car moi aussi j’ai soigné la mienne atteinte de la même maladie, et je sais
quelles sont ces heures d’angoisse, mais comme la mienne me l’a été, votre mère vous sera conservée aussi. Adieu,
mon cher Alfred, pardonnez-moi...
»
– S.l.,
5
avril [probablement
1859
] :
«
Je pars dans huit ou dix heures pour mon grand, et peut-être même pour le
Grand Voyage.
Dites-moi s’il est possible d’obtenir l’ouvrage sur la Morée connu je crois sous le nom d’
Expédition de
Morée ?
...
»
– Paris,
30
juin
1859
:
«
Je vous envoie mes souvenirs du Volga
[parus sous le titre
De Paris à Astrakhan
,
1859
-
1862
,
première partie de son
Voyage en Russie
]
, ne vous étonnez pas de voir deux manuscrits. Je vous envoie dans le cas
ou vous le lirez mieux que la copie, mon manuscrit à moi, s’étendant tant que j’ai pu écrire. Depuis l’heure où je vous
ai vu j’ai été forcé de dicter. Les souvenirs de la Vieille Russie font 150 à 160 mille lettres à peu près, ce qui ferait
1500 f...
»
– Sur ses ouvrages
Les Compagnons de Jéhu
(paru en
1857
),
Jacquot sans oreilles
(paru en
1860
).
222. [DUMAS père].
– MAQUET (Auguste). 6 lettres autographes signées.
150 / 200
–
5
lettres autographes signées à Jean-Eugène Ritt. S.l.n.d. Concernant les adaptations scéniques de
La Dame de
Monsoreau, La Reine Margot
et
Vingt ans après.
– Lettre autographe signée. Sainte-Mesme,
«
28 7bre
». Il indique des corrections et ajouts à apporter à la notice
biographique qu’a écrite sur lui son correspondant, notamment :
«
Ne pourriez-vous également indiquer le titre des
ouvrages faits en collaboration avec Dumas et dont les tribunaux m’ont reconnu co-auteur ?...
»
Le nègre d’Alexandre Dumas.
L’écrivain et auteur dramatique Auguste Maquet (
1813
-
1888
) prit une large part à
l’écriture des chefs-d’œuvre d’Alexandre Dumas, dont
Les Trois mousquetaires
ou
Le Comte de Montecristo,
de même
qu’à celle de leurs adaptations théâtrales. En
1846
, un pamphlet retentissant,
La Maison Alexandre Dumas et
Compagnie
, obligea Dumas à reconnaître la part considérable prise par Maquet à l’écriture de ses innombrables succès.
La Révolution de
1848
, qui entraîna la disparition momentanée des feuilletons de presse, fut à l’origine d’une brouille
qui fut consommée en
1851
avec la déclaration en faillite de Dumas.
Joint : Deslandes
(Raymond). Lettre autographe signée [à Jean-Eugène Ritt]. S.l.n.d. Récit de l’agonie d’Auguste
Maquet.




