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Marcel

PROUST

– Lettre autographe signée

à

« Princesse »

[la Princesse Soutzo, future Mme

Paul Morand]

. S.l., [28 juillet 1918]. 12 pp. in-8.

Belle et longue lettre nostalgique évoquant

Swann

et leurs rencontres au Ritz

La lettre s’ouvre sur

« Une ligne pour vous dire

ceci »

et se développe sur une douzaine de pa-

ges dans lesquelles Proust ne peut se résigner à

quitter la princesse.

Il évoque un projet d’installation à Biarritz,

où la princesse doit partir, pour y renoncer

immédiatement

«

Céleste

[sa servante, Céleste

Albaret]

est assez sérieusement souffrante et je

ne puis songer à un déplacement prochain. J’ai

voulu vous avertir immédiatement de ce brusque

revirement dans mes intentions, pour vous éviter une

minute de dérangement vain. J’espérais déjà faire des

économies à Biarritz et d’abord celle

du lieu dont le

nom est la rime excellente et jumelle de Biarritz : le

Ritz. J’y ai dîné ce soir, forme ridicule et aberrante

d’un ancien culte pour vous

; il semble que certaines

sentiments – comme certaines maladies – finissent

par s’attacher à certaines pierres. Il y a même des

sentiments pour lesquels cela est très naturel,

la

jalousie par exemple. Je ne me croyais pas mon

propre prophète, quand je montrais Swann, après

qu’il a cessé d’aimer Odette, retrouver sa jalousie,

non d’elle, mais de ce qu’elle avait pu faire dans

telle maison (c’est je crois dans :

« A l’ombre

des jeunes filles en fleurs »

)

. Plus simplement je

continue à aller au Ritz comme les chats flairent

chaque jour la chaise longue où leur maîtresse

absente avait coutume de s’étendre. »

Proust évoque ensuite des souvenirs de Trouville

et du Ritz, des personnes qu’il y a croisées, et

avec humour une Mme Channon de Chicago qui

lui demande des livres pour une bibliothèque

et lui adresse ses

« respectueux souvenirs »

« Respectueux m’a fait supposer que vous aviez

inculqué à chacun l’idée que j’avais personnellement

connu Jean-Jacques Rousseau et peut-être Bossuet.

Souvenirs ne m’a pas moins étonné car je ne connais

pas cette dame. »

Puis le ton redevient plus grave :

«…

Comme tout

m’est un prétexte à tristesse

, j’ai été troublé en

entendant raconter votre dîner d’Astier avec de tout

autres convives que ceux que vous m’aviez dits…

Princesse, vous voyez,

même en vous écrivant, c’est

encore comme quand je suis dans votre chambre,

je ne peux pas m’en aller. Enfin il faut donner le

coup de volonté suprême : Adieu Princesse

et

veuillez agrée mes respectueux hommages. »

Proust signe après ces mots mais, ne pouvant se

résoudre à cet adieu, continue par un long post-

scriptum

:

« J’espère que le climat de Biarritz vous

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Anna de

NOAILLES

– Lettre autographe signée

adressée à

« Cher Comte »

[Robert deMontesquiou].

S.l.n.d. 2 pp. in-8

«Lesvraisamisexistent, puisqueplusieurspersonnes,

sachant le grand plaisir qu’elles me feraient, m’ont

signalé vos magnifiques pages consacrées à une

somptueuse artiste

[Ida Rubinstein]

, parmi lesquelles

je vois mon nom chatoyant, par vos soins, de grâce

de colombe, au milieu des éperviers de turquoise et

d’or qui planent sur cette altière Étude.

J’espère que

quelquefois l’on vous dit la profonde admiration

que j’ai pour votre œuvre d’une richesse unique, à

la fois étincelante et secrète

… »

€ 100 - 150

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Charles

PERRAULT

– Note autographe signée

« Perrault »

. S.l.n.d. 1 page in-12 oblong étroit.

« Ce jour Mr l’abbé Testu a proposé plusieurs doutes

sur la langue françoise qui ont esté résolus.

Mr l’abbé de Dangeau a dit qu’il prenoit pour le sujet

de son travail de faire un dictionnaire des mots qui ont

différentes significations dans des différents païs… »

Auteur des célèbres contes, Charles Perrault (1628-

1703) avait été élu à l’Académie française en 1673.

Jacques Testu de Belval dit l’abbé Têtu (1626-1706),

y avait été élu en 1665. Il y eut deux abbés Testu à

l’Académie française après l’élection de 1688 de

Jean Testu de Mauroy (1626-1706 !), mais Testu

de Belval continua à être nommé « abbé Testu »

dans les registres de l’Académie, tandis que Testu

de Maurois y fut désigné sous le nom de « Testu

Maurois » pour les différencier.

Frère du diplomate et mémorialiste, l’abbé Louis

de Courcillon de Dangeau (1643-1723) fut élu à

l’Académie française en 1682. La proposition qu’il

formule ici, de faire un dictionnaire des mots ayant

des significations différentes selon les pays, figure

également à la date du 20 décembre 1700 dans les

registres de délibérations publiés.

€ 1’000 - 1’500

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