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Rainer Maria
RILKE
– Lettre autographe signée
adressée à Paul Thun-Hohenstein. Munich, 3 juin
1918. 4 pp. in-8 avec adresse imprimée, sur papier
bleuté, en allemand, enveloppe avec adresse
autographe.
Belle évocation de son séjour à Munich et de son
espoir de rejoindre la Suisse
Rilke vient de s’installer dans son nouvel
appartement de la Ainmillerstraße et pour la
première fois depuis longtemps il se sent enfin
chez lui :
« …. seit vier Jahren zum ersten Mal im
“Eigenen”, und dieser Erfolg steht gewissermaßen
unter Ihrer Pathenschaft…»
mais évoque rapidement
la difficulté à écrire pendant le conflit.
De fait, le poète renoncera à l’écriture pendant
cette période et ne reprendra son œuvre poétique
qu’après son installation en Suisse :
« Wie soll man
eine eigene neue Seite beginnen, wenn doch auf jeder,
die man aufschlägt, die vorgeschriebenen Zeilen des
Krieges stehen und seineWasser- und Blutzeichen ? »
Il revient plus longuement sur la vie munichoise, la
difficulté à s’informer, les journaux ayant tous fermé
et se désole de l’absence de son ami.
Rilke s’inquiète enfin de sa demande en cours, pour
rejoindre la Suisse, qui aurait été accordée :
« …Was
aus der Schweizer Anfrage geworden sein mag ? Drei
Wochen mags her sein, da reiste jemand aus Wien
hier durch (leider hab ich ihn nicht selbst geshen)
der behauptete, vom Ministerium des Äußeren her zu
wissen, daß meine Schweizer Reise längst bewilligt
sei… ».
R.M. Rilke viendra finalement s’installé en
Suisse un an plus tard.
Paul Thun Hohenstein
(1884-1963), issu d’une
vieille famille aristocratique autrichienne, s’est
illustré comme essayiste et traducteur tout en
menant une carrière de diplomate. Il entretint une
correspondance régulière avec R.M. Rilke pendant
plus de dix ans.
€ 2’500 - 3’500
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Rainer Maria
RILKE
– Lettre autographe signée
« R.M. Rilke »
adressée à Robert Télin. Château de
Berg-am-Irchel (canton de Zurich), 10 décembre
1920. 2 pp. in-8, cachet rouge de la
Librairie Robert
Télin
à Paris (18 mai 1923) sur le premier feuillet.
A propos des œuvres de Baladine Klossovska
dont il souhaite encourager les ventes à
l’approche de Noël
« Si je vous écris ce petit mot à la hâte, ce n’est pas
encore pour vous engager de m’envoyer les livres que
vous conservez pour moi -, ce sera pour plus tard.
Mais je tiendrais à réveiller par ce petit signe
l’aimable intérêt que vous avez si activement
témoigné aux épreuves que Madame Klossowska
est venue vous confier pour la vente
; cela avait si
bien commencé, grâce à votre zèle, maintenant il
serait bien gentil, si on pouvait, pour Noël, préparer
à Mme K. de nouveau une surprise agréable !
Ne
voyez-vous pas le moyen, d’aviver un peu l’intérêt
de quelque amateur pour les estampes qui restent
à vendre ?
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