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l’amour du sol natal, et l’amour de ce qui est beau ». Puis, après avoir assuré à son auditoire que le provençal ne mourrait
pas, Mistral aborde le sujet de l’agriculture, prenant la défense des paysans qui parlent toujours provençal : « vouloir que
notre peuple abandonne sa langue maternelle, où il est maître, indépendant, [...], pour estropier, abîmer la grande langue de
Corneille [...], c’est vouloir le défigurer, le condamner au ridicule, et l’abaisser éternellement comme un valet. Pour relever le
paysan [...] relevons donc la langue du pays ! ». Ce long discours de Mistral, est le premier essai de justification de la croisade
linguistique du Félibrige. Mistral proclame ensuite les résultats des Jeux Floraux, nommant et commentant les œuvres des
lauréats récompensés, et la distribution des prix aux nombreux vainqueurs de ces Jeux Floraux...
Les quatre dernières lignes (et la signature de Mistral) ont été biffées par Joseph Roumanille qui rédige en trois lignes la
nouvelle conclusion et signe lui-même cette relation. Il avait également porté en tête du manuscrit des instructions au crayon
pour l’imprimeur.
On joint le manuscrit autographe par Mistral de
Lou pleidezaire e l’avoucat
, sceno coumico
de Vitour Quintius Thouron
de Toulon, ayant obtenu un rameau d’olivier aux Jeux Floraux, et publié dans l’
Armana Prouvençau
de 1863 (6 pages et demie
in-fol.).
Reproduit page 95
269.
Frédéric MISTRAL
. 6 manuscrits autographes, la plupart signés de pseudonymes, 1863-[1864] ; 10 pages et
quart in-8 ; en provençal.
1 200/1 500
Ensemble de textes pour l’
A
RMANA
P
ROVENÇAU
de 1864.
Trop d’alo
, signé « Lou Cascarelet » (1 p.).
Lou timbre-posto
, signé « Lou Cascarelet » (1 1/4 p.).
Lou taioun de saucissot
, signé « Lou Cascarelet » (2 p.).
Brinde pèr Charles Gounod
, signé « F. Mistral » (1 p.), pour le banquet d’adieu organisé en mai 1863 après le séjour de
Charles Gounod à Saint-Rémi pour la composition de l’opéra
Mireille
d’après Mistral.
À Ludovi Legré
, non signé (1 p.), ode à l’occasion du mariage de son ami.
Lou renegat
, non signé (4 p.), 2 août 1863, dédié à Anselme Ricard, professeur à l’Université de Prague, narre l’histoire de
Jean de Gonfaron, jeune provençal pris par les corsaires et enrôlé de force dans le corps des Janissaires.
On joint les manuscrits autographes signés de 2 poèmes écrits pour l’
Armana
de 1860 :
Li flour en garbo
par l’abbé Bayle,
et
A Caroun
par Toussaint Poussel.
Reproduit page précédente
270.
Frédéric MISTRAL et Joseph ROUMANILLE
. Notes et corrections autographes sur
Lou Siège de
Cadaroussa, pouèmo erouï-coumique
de J.-B. Favre, Priéu de Cello-Novo (Avignoun, J. Roumanille, 1866) ; in-18
de 107 pages, couvertures intactes.
300/400
Intéressant travail de révision réalisé sur ce poème héroï-comique de l’abbé Favre (1727-1784), réédité par Roumanille
avec un avant-propos par lui-même, en 1866.Une nouvelle édition du
Siège de Cadaroussa
paraîtra en 1868. Le présent document
témoigne de nombreuses corrections autographes de Roumanille, revues ensuite par Mistral. Les modifications sont d’ordre
typographique, orthographique ou prosodique. Mistral a noté sur le faux-titre : « Prends garde que les effaçures ne fassent pas
tromper l’ouvrier ». Il a aussi prévenu : « Les corrections
subséquentes
à l’édition princeps, sont si bonnes parfois qu’elles me
paraissent être l’œuvre de l’auteur lui-même, aussi en ai-je conservé beaucoup. J’ai biffé
ço-pendènt
presque partout ; il vaudrait
mieux le varier avec
end’acò
. Une fois l’un, une fois l’autre. – J’ai conservé
ie
pour
li
, car c’est aussi languedocien, et puisque une
édition le donne, c’est une autorité pour notre orthographe ! »... Roumanille porte de nombreuses corrections, au crayon ou à
l’encre. À la fin, Mistral rédige une note bibliographique, sur des éditions antérieures « à Mount-polié »...
On joint un fragment d’épreuve de l’introduction de Saint-René Taillandier à
Li Prouvençalo, poésies diverses recueillies
par J. Roumanille
(Avignon, Seguin aîné, 1852), avec quelques corrections.
271.
Frédéric MISTRAL
. 3 manuscrits autographes, signés du pseudonyme « Lou Cascarelet », [1867-1868] ; 13 pages
et quart in-8 ; en provençal.
800/1 000
Proses pour l’
A
RMANA
P
ROVENÇAU
de 1868.
Li Sourneto de ma grand la borgno.
Lou mau-parlant
(conte de 6 pages et quart) ;
La Couscripcioun dis endeca
(4 p.) ;
Lou
pichot eiretage
(3 p.).
On joint 3 autres manuscrits a.s. pour cet almanach :
Si fa nué,
poème de l’abbé A. Bayle ;
Au bord dou Rose
, dizain de
Victor Balaguer, suivi de sa retransciption de la main de Mistral ;
Beven ! Beven !
, poème d’Anfos Michel dédié à Théodore
Aubanel, suivi d’une prose :
Mai à l’audiènci
(on a ajouté la signature « Lou Cascarelet »). Plus une l.a.s. par M.F. (Lyon 5 juillet
1867) à Roumanille, avec un poème,
Inne à la Mar
, corrigé et annoté par Mistral ; et des épreuves de
Li Conte provençau
de
Joseph Roumanille, corrigées (mauvais état).
272.
Frédéric MISTRAL
. 7 manuscrits autographes, la plupart signés d’un pseudonyme, 1868 et s.d. ; 72 pages in-8 ;
en provençal.
2 500/3 000
Important ensemble de chroniques et proses pour l’
A
RMANA
P
ROUVENÇAU
de 1869.
Li Felibre en Catalougno
, signé « Gui de Mount-Pavoun », 21 mai 1868 (34 p.). Longue chronique sur la visite des Félibres
en Catalogne en mai 1868, à l’invitation du Consistoire des Jeux Floraux de Barcelone. Mistral raconte le voyage des quatre




